Le premier réflexe à avoir en cas d'acné est de consulter un dermatologue.
Rappelons en effet que l’acné est une pathologie inflammatoire chronique, et non une simple problématique esthétique. Si des solutions dermocosmétiques ou nutriceutiques peuvent être utiles en cas d’imperfections isolées, elles restent insuffisantes pour prendre en charge une véritable acné. Dans ce cas, un traitement médical est nécessaire pour agir sur les différents mécanismes impliqués et limiter le risque de cicatrices. Une prise en charge précoce permet également d’éviter l’installation de lésions persistantes ou récurrentes.
Le dermatologue adapte le traitement au cas par cas, en tenant compte de plusieurs critères : l’âge du patient, l’ancienneté de la maladie, le type d’acné et sa sévérité, souvent évaluée à l’aide de l’échelle GEA, de 0 à 5, son impact sur la qualité de vie, ainsi que les traitements déjà utilisés. En fonction de ces éléments, trois grandes stratégies thérapeutiques peuvent être proposées : un traitement local seul, un traitement combiné associant soins topiques et traitement oral, ou un traitement systémique par isotrétinoïne. Une fois l’acné contrôlée, un traitement d’entretien est généralement recommandé afin de limiter les rechutes.
Les traitements locaux de l'acné, souvent prescrits en première intention.
Les traitements locaux constituent généralement la première ligne de prise en charge, notamment pour les formes légères à modérées d'acné. Parmi les actifs les plus utilisés figurent les rétinoïdes, comme la trétinoïne ou l’adapalène, et le peroxyde de benzoyle. Les rétinoïdes agissent en normalisant la kératinisation et en limitant l’obstruction des follicules, tout en ayant une action anti-inflammatoire. Le peroxyde de benzoyle, quant à lui, possède une activité antibactérienne sur C. acnes, en plus d’un effet kératolytique et séborégulateur. Ces traitements peuvent être utilisés seuls ou en association. L’acide azélaïque est une autre option intéressante, grâce à ses propriétés kératolytiques, anti-inflammatoires et antimicrobiennes. Des antibiotiques locaux peuvent être prescrits ponctuellement, mais leur utilisation doit rester limitée dans le temps afin de réduire le risque de résistances bactériennes.
L’efficacité des traitements topiques ne peut pas être évaluée avant deux à trois mois, et leur introduction doit être progressive pour limiter les risques d'irritation.
Les traitements oraux de l'acné, pour les formes plus sévères ou étendues.
Dans les formes plus étendues ou inflammatoires, un traitement oral peut être associé aux soins locaux. Les antibiotiques oraux, notamment les cyclines, sont utilisés pour leurs propriétés anti-inflammatoires, mais leur prescription est limitée dans le temps en raison du risque de résistance. Le zinc peut également être proposé, avec une efficacité plus modérée. Plus récemment, la spironolactone, un anti-androgène utilisé hors AMM en France, c’est-à-dire sans autorisation officielle spécifique pour le traitement de l’acné, bien que prescrite dans ce cadre, a montré des résultats intéressants chez les femmes adultes présentant une acné modérée, en réduisant la production de sébum.
En cas d’acné sévère ou résistante, un traitement par isotrétinoïne, un rétinoïde, peut être envisagé. Il s’agit d’un traitement oral puissant, qui agit sur l’ensemble des mécanismes de l’acné, notamment en réduisant fortement la production de sébum. Il est prescrit sur plusieurs mois afin d’atteindre une dose cumulée permettant de limiter les rechutes. Toutefois, son utilisation nécessite un suivi médical rigoureux, avec des bilans biologiques réguliers et des précautions strictes, notamment en raison de son effet tératogène. Une contraception efficace est ainsi indispensable chez les femmes en âge de procréer.
Cela étant, l’isotrétinoïne est aujourd'hui la seule molécule à offrir un potentiel de guérison prolongée de l’acné.