Prendre soin de ses cheveux en automne.

Comment prendre soin de ses cheveux en automne ?

Sel marin, chlore, expositions au soleil... À la fin de l'été, les cheveux sont souvent abîmés et manquent éclat, ce qui n'est pas idéal pour affronter les premiers frimas de l'automne. Comment protéger et réparer ses cheveux ? Voici nos conseils pour renforcer ses fibres capillaires lorsque l'automne pointe le bout de son nez.

Conseil n°1 : Réparer les cheveux abîmés par l’été.

Le soleil, le sel de la mer et le chlore des piscines ont mis les cheveux à rude épreuve durant l’été, fragilisant leur structure. Pour mieux comprendre, il faut rappeler que chaque cheveu est constitué d’un cœur central, le cortex, qui concentre les protéines kératiniques responsables de la résistance et de l’élasticité de la fibre. Ce cortex est enveloppé par la cuticule, une couche externe formée de cellules plates et superposées, comparables à des écailles protectrices. Or, les agressions estivales soulèvent et altèrent ces écailles, laissant le cortex plus exposé et rendant les cheveux plus vulnérables aux cassures et aux fourches. Les fibres capillaires perdent aussi leur brillance, retiennent moins bien l’hydratation et affichent une texture plus rêche et poreuse. Cette dégradation de la cuticule rend également la chevelure plus sujette aux frisottis et aux nœuds, accentuant l’impression de cheveux fatigués à la rentrée.

Une étude récente s’est penchée sur l’impact du soleil sur la composition lipidique de la cuticule des cheveux, afin de mieux comprendre pourquoi la chevelure semble plus sèche et terne après l’été. Les chercheurs ont analysé dix mèches de cheveux blonds, divisées en deux groupes : l’un exposé à la lumière visible et aux rayons UV (340 et 420 nm) et l’autre non exposé. L’analyse lipidomique par LC–MS a permis d’identifier 791 lipides différents sur un total de 3 521 signaux détectés. Les résultats ont montré que plus de la moitié des classes lipidiques étaient altérées par l’exposition aux UV, certaines diminuant fortement, d’autres au contraire augmentant, témoignant d'une altération de la barrière lipidique capillaire en été.

Classe lipidiqueCheveux exposés aux UVCheveux non-exposés aux UV
Esters d'acides gras de la vitamine A978 ± 5 190186 925 ± 8 708
Esters de stérols3 356 ± 2565 052 ± 820
Diacylglycérol230 279 ± 13 289316 483 ± 26 952
Phosphatidyléthanolamine23 805 ± 1 33027 965 ± 1 305
Acylcarnitine 2 158 ± 324393 ± 188
Sphinganine2 447 ± 4804 227 ± 902
Abondance relative (unités arbitraires) de différentes classes de lipides présentes dans des fibres capillaires exposées ou non aux UV.
Source : WILLICUT R. J. & al. UV and visible light exposure to hair leads to widespread changes in the hair lipidome. International Journal of Cosmetic Science (2022).

Ainsi, pour prendre soin de vos cheveux en automne, il faut commencer par les réparer après la saison estivale.

  • Ne faites pas l'impasse sur l'après-shampooing.

    Pour redonner de la vitalité aux cheveux abîmés par l'été, il faut commencer par ne pas négliger l'après-shampooing. Contrairement au shampooing, dont la mission est de nettoyer le cuir chevelu et d’éliminer les impuretés, l’après-shampooing agit directement sur la fibre capillaire. Riche en agents cationiques et en émollients, ce produit permet de lisser les cuticules soulevées par le soleil, le sel ou le chlore, et de réduire la charge électrostatique responsable des frisottis et des nœuds. En créant une fine pellicule protectrice autour de la tige capillaire, il limite la perte d’eau et restaure en partie la souplesse et la brillance de la chevelure. À l’automne, comme en toute saison, l’utilisation systématique d’un après-shampooing, appliqué sur les longueurs et les pointes, est donc indispensable.

  • Misez sur des masques capillaires.

    Les masques pour les cheveux sont loin d'être inutiles et aident à réparer les cheveux abîmés par l'été. Plus riches que les après-shampooings, les masques contiennent généralement des agents nourrissants, comme les céramides ou les huiles végétales. Ces composés permettent de renforcer le ciment intercellulaire des fibres capillaires, ce qui aide à restaurer la cohésion des cuticules et à limiter la porosité souvent accrue après l’exposition solaire. Leur application régulière, une à deux fois par semaine, permet de reconstituer les réserves lipidiques et protéiques des cheveux, tout en apportant une protection contre les agressions mécaniques comme le brossage.

  • Optez pour des sérums capillaires réparateurs.

    Les sérums capillaires réparateurs sont une solution efficace pour prendre soin des pointes, les premières à subir les conséquences des agressions estivales. Contrairement aux masques, ces soins légers ne nécessitent généralement pas de rinçage mais forment un film protecteur autour de la fibre. Les sérums capillaires comblent temporairement les brèches de la cuticule, limitant ainsi la casse et les fourches. En outre, leur action lissante améliore la réflexion de la lumière, ce qui redonne instantanément de la brillance aux cheveux ternes. Utilisés quotidiennement ou quelques fois par semaine, selon l’état de la chevelure, les sérums capillaires peuvent être très intéressants en automne.

  • N'hésitez pas à couper vos fourches.

    Malheureusement, une fois que vous avez des pointes fourchues, la seule solution est de les couper. De plus, lorsque la cuticule est abîmée, la fissure progresse vers le cortex et fragilise toute la longueur du cheveu, entraînant une casse plus importante au fil du temps. Un passage chez le coiffeur à la rentrée, même pour éliminer seulement quelques centimètres, permet de repartir sur une base saine et de préserver la vitalité de la chevelure.

Conseil n°2 : Lutter contre les chutes de cheveux automnales.

La chute des cheveux est un phénomène naturel qui accompagne le cycle de vie du follicule pileux, mais elle s’intensifie particulièrement en automne. Cette accentuation saisonnière de la perte de cheveux s’explique en partie par l’action de la mélatonine, une hormone sécrétée par l’épiphyse et inhibée en présence de lumière. Or, la mélatonine joue un rôle clé dans le cycle pilaire puisqu’elle prolonge la phase anagène, c’est-à-dire la phase de croissance du cheveu. Pendant l’été, lorsque l’ensoleillement est plus important, la production de mélatonine diminue, ce qui accélère le passage des follicules vers la phase catagène puis télogène (repos et chute). Ce décalage explique pourquoi les cheveux tombent plus abondamment au début de l’automne, quelques mois après l’exposition solaire maximale. Une étude clinique a confirmé ce rôle en montrant qu’une application locale de mélatonine sur le cuir chevelu de femmes atteintes d’alopécie androgénétique augmentait significativement la proportion de cheveux en phase anagène par rapport au groupe témoin.

  • Adoptez une alimentation équilibrée et riche en nutriments.

    La santé capillaire dépend en partie de ce que nous mettons dans notre assiette. Les cheveux, constitués majoritairement de kératine, nécessitent des acides aminés soufrés pour leur solidité, que l’on retrouve dans les œufs, les légumineuses ou encore le poisson. Les minéraux, comme le fer, le zinc et le silicium participent également à la croissance et à la vitalité des fibres capillaires, tandis que les vitamines du groupe B favorisent le renouvellement cellulaire. En automne, il est donc conseillé de privilégier une alimentation variée intégrant des protéines, des céréales complètes, des fruits secs, des légumes riches en antioxydants et des sources d’oméga-3, comme les poissons gras ou les graines de lin.

    Remarque : En automne, les compléments alimentaires destinés à stimuler la pousse des cheveux se multiplient. S’ils peuvent sembler attractifs, nous vous conseillons de demander conseil à un professionnel de santé avant toute cure. En l’absence de carences, la supplémentation n’apporte pas forcément de bénéfices.

  • Utilisez des soins fortifiants.

    Au-delà de l’alimentation et de l’hygiène de vie, il peut être utile d’appliquer des soins fortifiants sur le cuir chevelu. Certains ingrédients, comme la caféine, l'huile essentielle de romarin ou encore l'acétyl tétrapeptide-3, sont souvent intégrés dans les sérums capillaires ou les shampooings pour prévenir les chutes de cheveux. La caféine agit en stimulant la microcirculation et en favorisant l’apport de nutriments vers les follicules pileux, ce qui contribue à soutenir la phase de croissance. L’huile essentielle de romarin, quant à elle, inhibirait sur la 5α-réductase, l'enzyme permettant la conversion de la testostérone en dihydroxytestostérone (DHT). Ce faisant, elle empêche la DHT de se lier aux follicules et d'altérer leur cycle de croissance. Enfin, l’acétyl tétrapeptide-3 est un peptide biomimétique qui agit sur l’environnement du follicule, en soutenant la matrice extracellulaire, ce qui favorise un meilleur maintien de la fibre dans son bulbe

Conseil n°3 : Ne pas négliger le cuir chevelu.

La plupart des routines de soin capillaires sont centrées sur les longueurs et tendent à laisser le cuir chevelu au second plan. Pourtant, il constitue le socle de la chevelure : c’est là que prennent naissance les follicules pileux, dont l’activité conditionne directement la qualité, la densité et la vitalité des cheveux. Un cuir chevelu déséquilibré, qu’il soit trop sec, irrité ou au contraire gras, peut fragiliser la fibre dès sa formation. À l’automne, alors que les cheveux subissent une chute saisonnière plus marquée, prendre soin de cette zone est essentiel pour favoriser un environnement propice à une repousse saine.

  • Utilisez un shampooing adapté.

    Le choix du shampooing est souvent guidé par l’état des longueurs, alors qu’il devrait d’abord répondre aux besoins du cuir chevelu. Un cuir chevelu gras, par exemple, nécessite des formules rééquilibrantes qui limitent la production excessive de sébum sans pour autant agresser la peau. À l’inverse, un cuir chevelu sec ou sujet aux irritations bénéficiera davantage de soins doux et hydratants, enrichis en agents apaisants, tels que l’aloe vera ou la glycérine.

    Les pellicules sont une autre problématique fréquente qui mérite une attention particulière. Elles apparaissent généralement à cause d’une prolifération excessive de Malassezia, une levure naturellement présente sur le cuir chevelu, qui entraîne une desquamation accélérée. Dans ce cas, un shampooing antipelliculaire formulé avec des actifs antifongiques, tels que le zinc pyrithione ou la piroctone olamine, peut aider à rétablir l'équilibre de la flore cutanée et à apaiser les démangeaisons. Pour les pellicules sèches, qui se manifestent par de petites particules blanches et une sécheresse associée, mieux vaut privilégier des formules hydratantes et nourrissantes. À l’inverse, les pellicules grasses, plus épaisses et jaunâtres, s’accompagnent souvent d’un excès de sébum et nécessitent des shampooings purifiants adaptés.

  • Exfoliez régulièrement votre cuir chevelu.

    À l’automne, pour faire peau neuve après l'été, il est bon de commencer à utiliser un gommage capillaire. Comme les gommages pour le visage ou le corps, le but de ce soin est d'éliminer les impuretés accumulées et d'aider à désobstruer les follicules. Cette exfoliation stimule également la microcirculation, favorisant ainsi une meilleure oxygénation des racines et une meilleure pousse. Réalisée une à deux fois par semaine, surtout pendant la transition automnale où les cheveux tombent davantage, elle contribue à maintenir un cuir chevelu sain et réceptif aux soins appliqués par la suite.

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