Extraite des graines de Nigella sativa, l’huile de nigelle est utilisée depuis l'Antiquité, aussi bien dans l'alimentation qu'à des fins cosmétiques. Pour la peau, son intérêt repose principalement sur sa composition lipidique riche, incluant notamment de l'acide linoléique et de l'acide oléique, aux vertus nourrissantes, et sur la présence de composés insaponifiables, dont la thymoquinone, ayant des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes.
L’huile de nigelle semble ainsi être un ingrédient botanique intéressant pour prendre soin des peaux sèches.
Pour rappel, les peaux sèches se caractérisent par un film hydrolipidique insuffisant et une altération de la fonction barrière. Cette fragilisation est notamment liée à une diminution des lipides épidermiques, en particulier des céramides, ainsi qu’à une baisse des facteurs naturels d’hydratation (FNH, ou NMF en anglais), essentiels au maintien de l’eau dans la couche cornée. Grâce à leur structure chimique proche des lipides de la couche cornée, les acides gras présents dans l’huile de nigelle contribuent à la reconstitution du ciment lipidique intercellulaire. En s’intégrant aux structures lipidiques de la couche cornée, ils participent à limiter la perte insensible en eau et à améliorer le confort des peaux sèches.
Par ailleurs, l'acide oléique, constituant près de 25% de l'huile de nigelle, entre dans la composition du film hydrolipidique de la peau. Un apport topique par l'huile de nigelle permet de renforcer ce bouclier protecteur mi-aqueux mi-gras, qui est souvent fragile chez les peaux sèches.
En soutenant la barrière cutanée et en compensant les déficits lipidiques caractéristiques des peaux sèches, l’huile de nigelle leur offre un meilleur confort.
Au-delà d'une simple sécheresse cutanée, certaines données suggèrent également un intérêt potentiel de l’huile de nigelle dans des contextes de peau sèche pathologique, comme l’eczéma. Cette affection inflammatoire chronique s’accompagne en effet d’une altération marquée de la barrière cutanée, d’un déficit en lipides épidermiques et d’une perte accrue en eau, expliquant les liens étroits qui existent entre l'eczéma et la sécheresse cutanée. Une étude clinique contrôlée et en double aveugle s’est ainsi intéressée à l’effet d’une préparation topique à base de 2% de Nigella sativa pour cibler l’eczéma des mains, une forme fréquente d’eczéma. 60 patients ont été répartis en trois groupes recevant soit une pommade à base de nigelle, soit une pommade à base de bétaméthasone, un corticoïde de référence, soit un émollient "classique", appliqués deux fois par jour pendant quatre semaines. L’évaluation reposait sur deux critères principaux : la sévérité de l’eczéma, mesurée par le Hand Eczema Severity Index (HECSI), et l’impact sur la qualité de vie, évalué par le Dermatology Life Quality Index (DLQI).
Les résultats ont montré une amélioration plus rapide et plus marquée de l’eczéma dans les groupes ayant reçu la nigelle et le bétaméthasone, comparativement au groupe émollient.