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Informations peptides.

Tout savoir sur les peptides en cosmétique.

Peptides et protéines sont des molécules naturellement présentes dans l'organisme. Aujourd'hui, de plus en plus d'études sont menées quant à leurs activités biologiques en application cutanée et capillaire. Certains peptides s'avèrent ainsi être d'excellents alliés pour lutter contre le relâchement cutané et l'apparition des rides. Mais que sont les peptides sur le plan chimique ? Comment les reconnaître sur une liste INCI ? Découvrez à la suite plus d'informations sur les peptides.

Publié le 5 avril 2022, mis à jour le 17 novembre 2025, par Maylis, Ingénieure chimiste — 16 min de lecture
Thèmes :

L'histoire des peptides en cosmétique.

Les peptides sont de petites chaînes d’acides aminés reliés entre eux par des liaisons peptidiques. Un acide aminé est une molécule organique possédant à la fois un groupe amine (-NH₂) et un groupe carboxyle (-COOH), liés à un même atome de carbone, auxquels s’ajoutent un atome d’hydrogène et une chaîne latérale variable (R), qui détermine les propriétés chimiques de chaque acide aminé. Parmi les quelques 500 acides aminés connus dans la nature, seuls 20 sont présents dans le corps humain. Ces derniers s’assemblent pour former des protéines ou des peptides. Neuf d’entre eux doivent être apportés par l’alimentation, car l’organisme ne peut les synthétiser. Ces acides aminés sont appelés essentiels.

La structure chimique des acides aminés.

La structure chimique des acides aminés.

Source : HAMMOUTI B. & al. Amino acid compounds as eco-friendly corrosion inhibitor in acidic media – Review. Arabian Journal of Chemical and Environmental Research (2017).

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L’utilisation des peptides en cosmétique remonte à près d’un demi-siècle. Les premiers étaient d’origine animale, obtenus par hydrolyse de protéines, comme la kératine, le collagène ou l’élastine, issues de plumes, de peaux ou de tissus animaux. Ces procédés produisaient des mélanges hétérogènes de fragments peptidiques, dont la composition variait en taille et en acides aminés. Malgré leur manque de spécificité, ces peptides étaient largement employés pour leurs propriétés hydratantes et leur faible coût, sous les noms INCI Hydrolyzed CollagenHydrolyzed Keratin ou encore Hydrolyzed Silk.

Dans les années 1990, la crise de la “vache folle” a profondément remis en question l’utilisation d’ingrédients d’origine animale. Cette période a marqué le tournant vers des peptides synthétiques, conçus en laboratoire. Cependant, leur efficacité initiale restait limitée, car leur nature hydrophile empêchait leur pénétration à travers la barrière cutanée. Un progrès décisif est survenu lorsque des chercheurs ont greffé un acide gras sur la chaîne peptidique, donnant naissance aux lipopeptides. Cette modification a permis une meilleure absorption transépidermique. Dès les années 2000, ces avancées ont propulsé les peptides au rang d’actifs majeurs dans les soins cosmétiques.

Peptide ou protéine : quelle est la différence ?

Les peptides et les protéines sont souvent confondus. La différence entre les deux est mince, mais importante :

  • Un peptide est une chaîne de moins de 100 acides aminés.

  • Une protéine est une chaîne de plus de 100 acides aminés.

Quels sont les différents peptides utilisés en cosmétique ?

Il existe plusieurs familles de peptides utilisées en cosmétique, ciblant différents processus biologiques.

  • Les oligopeptides.

    Les oligopeptides sont de très courts fragments composés de deux à dix acides aminés. Ils peuvent être associés à des oligo-éléments, comme le cuivre, le zinc ou le manganèse, formant ainsi des complexes peptidiques métalliques capables de renforcer les processus enzymatiques de réparation cutanée. Ces peptides favorisent notamment la synthèse de collagène et d’élastine tout en stimulant la prolifération des fibroblastes, contribuant ainsi à une meilleure fermeté et élasticité de la peau. L’un des oligopeptides les plus connus est le cuivre tripeptide-1 (GHK-Cu), reconnu pour ses effets cicatrisants.

  • Les peptides inhibiteurs d’enzymes.

    Ces peptides agissent en ralentissant l’activité d’enzymes responsables de la dégradation des composants structuraux de la peau, comme les métalloprotéinases matricielles (MMP), l’élastase ou la hyaluronidase. En limitant la dégradation du collagène, de l’élastine et de l’acide hyaluronique, les peptides inhibiteurs d'enzymes aident à préserver la densité et la souplesse de la peau.

  • Les peptides de signal.

    Aussi appelés peptides biomimétiques, ils imitent les signaux naturels envoyés par la peau lorsqu’elle subit une blessure ou un stress. Ces peptides stimulent directement les fibroblastes à produire davantage de collagène, d’élastine et de glycosaminoglycanes, comme l’acide hyaluronique. Par exemple, le palmitoyl pentapeptide-4 est l’un des peptides de signal les plus étudiés et est connu pour sa capacité à favoriser la régénération du derme et atténuer les rides.

  • Les peptides neurotransmetteurs.

    Souvent comparés à une alternative douce au botox, les peptides neurotransmetteurs inhibent la libération d’acétylcholine au niveau des terminaisons nerveuses, réduisant ainsi les micro-contractions des muscles du visage responsables des rides d’expression. Le plus connu est l’argireline, ou acétyl hexapeptide-8, qui aide à lisser les zones de tension, comme le front ou le contour des yeux, sans bloquer complètement la mobilité musculaire.

Quels sont les effets des peptides sur la peau ?

Les peptides suscitent un intérêt croissant en cosmétique en raison de leurs nombreux bienfaits pour la peau.

  • Les peptides peuvent cibler le vieillissement cutané.

    Les peptides limitent l'installation des rides à différents niveaux. Certains, comme le palmitoyl tripeptide-1 (Pal-GHK) et le palmitoyl pentapeptide-4 (Pal-KTTKS), stimulent directement l'activité des fibroblastes, favorisant la production de collagène, d’élastine et de glycosaminoglycanes pour renforcer la structure et la souplesse de la peau. D’autres, tels que le palmitoyl tripeptide-3/5, imitent les protéines de la matrice extracellulaire et contribuent à la fois à accroître la synthèse de collagène et à limiter sa dégradation. Enfin, les peptides inhibiteurs de neurotransmetteurs, comme l'argireline, agissent sur la libération d’acétylcholine pour diminuer les contractions musculaires responsables des rides d’expression, procurant ainsi un effet lissant.

  • Les peptides limitent le stress oxydatif.

    Le stress oxydatif résulte d’un déséquilibre entre la production de radicaux libres et la capacité de la peau à les neutraliser. Instables, ces radicaux libres peuvent réagir avec les composants de la peau, tels que les protéines structurelles du derme par exemple, et les altérer, accélérant ainsi le relâchement cutané. Certains peptides possèdent des propriétés antioxydantes qui peuvent être intéressantes pour prévenir ce phénomène. En effet, la carnosine par exemple, peut neutraliser les radicaux libres et limiter la peroxydation lipidique au sein des membranes cellulaires. Leur efficacité dépend de leur structure moléculaire : les peptides riches en acides aminés hydrophobes, comme la leucine, l'alanine, ou la proline, ou aromatiques, tels que le tryptophane ou l'histidine, ont une meilleure capacité à céder des électrons aux radicaux libres.

  • Les peptides peuvent accélérer la cicatrisation de la peau.

    Certains peptides, tels que LL-37, peuvent intervenir dans la réparation cutanée. Ils exercent une action immunomodulatrice qui équilibre les réponses inflammatoires et crée un environnement favorable à la régénération tissulaire. Des recherches menées sur des fibroblastes humains ont montré que ces peptides activent la transcription de gènes impliqués dans la prolifération, comme KI67, et la migration cellulaire, comme CXCR4, deux étapes importantes du processus de cicatrisation. D’autres peptides, tels que hBD-2 et hBD-3, accompagnent la réparation de la peau en activant la voie de signalisation FGFR1/JAK2/STAT3, connue pour favoriser l’angiogenèse.

  • Les peptides peuvent soutenir l'hydratation de la peau.

    Certains peptides biomimétiques participent activement à l’hydratation cutanée en favorisant la rétention d’eau dans l’épiderme. Une étude clinique de 30 jours, menée sur 20 femmes, a évalué un hydrogel enrichi en SH-oligopeptide-2, SH-polypeptide-1, SH-oligopeptide-1 et SH-polypeptide-42. Les résultats ont montré une hausse moyenne de l’hydratation de 13,8% après 30 minutes, atteignant 17,5% après une heure, contre 9,7% pour le placebo. Ces peptides biomimétiques ont également amélioré l'élasticité de la peau, ce qui met en évidence leur action globale.

  • Les peptides ont un potentiel apaisant.

    Certains peptides sont très intéressants pour les peaux sensibles ou réactives, grâce à leur capacité à moduler l’inflammation et à renforcer la barrière cutanée. L’acétyl dipeptide-1 cetyl ester en est un bon exemple : il agit sur la voie du gène POMC, stimulant la production de peptides endogènes, tels que l’α-MSH, connu pour réguler les réponses inflammatoires. Il favorise également l’expression de gènes essentiels à la cohésion cutanée, comme l'aquaporine-3 et la filaggrine, tout en réduisant la synthèse de prostaglandine E2, un médiateur impliqué dans les rougeurs et l’irritation. Ces différentes actions participent au confort quotidien de la peau.

  • Les peptides ont des effets antimicrobiens.

    Certains peptides ont des propriétés antibactériennes, ce qui peut notamment être intéressant pour prévenir les imperfections. Des peptides comme le P156, dérivé de la lysine de phage Prevotella intermedia (PlyPi01), ont montré une activité ciblée contre Cutibacterium acnes et Staphylococcus aureus, deux bactéries impliquées dans les inflammations cutanées liées à l’acné. Si ces effets se confirmaient in vivo, grâce à leurs propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires, ces peptides pourraient être des compléments intéressants pour les peaux sujettes aux imperfections.

Quelles sont les vertus capillaires des peptides ?

S'ils sont surtout connus pour leurs effets sur la peau, les peptides peuvent également être utilisés pour prendre soin des cheveux. Ils auraient notamment une action sur la pousse. Une étude menée sur des souris a montré que l'administration quotidienne pendant six semaines d'un peptide de collagène marin (500 mg/kg poids corporel) pouvait activer les voies biologiques Wnt/β-caténine et GSK-3β/β-caténine, connues pour réguler le cycle de croissance du cheveu. Une hausse de l'expression des facteurs de croissance IGF-1 et VEGF, essentiels à la vascularisation des follicules pileux, a également été notée. Cependant, outre le fait que cette étude ait été menée sur un modèle murin, elle repose sur une prise orale de peptides, et non sur une application topique. Davantage de travaux sont encore nécessaires pour affirmer que les peptides stimulent la pousse des cheveux.

On prête aussi aux peptides une efficacité réparatrice sur la fibre capillaire. Une étude s'est intéressée à des peptides issus de la peau de poissons pour réparer des mèches de cheveux abîmés. Une émulsion a été formulée, appliquée sur les différentes mèches et les chercheurs ont évalué la réparation à l’aide d'analyses microscopiques, spectroscopiques et calorimétriques. Les résultats ont montré une augmentation de la structure α-spirale de la kératine de 5,94% et du contenu hélicoïdal de 28,44%, ce qui traduit une meilleure stabilité et une structure plus proche de celle de cheveux sains. Par ailleurs, les acides aminés totaux et hydrophobes ont augmenté respectivement de 16,77 g/100 g et 2,47 g/100 g, attestant d'un renforcement de la résistance des cheveux. De plus, les observations au microscope ont montré que les cuticules désordonnées des cheveux abîmés redevenaient plus lisses après utilisation de l'émulsion de peptides.

Existe-t-il des contre-indications à l'utilisation d'un soin aux peptides ?

Les peptides topiques ne présentent généralement pas de contre-indications et peuvent être utilisés par tous les individus, y compris les femmes enceintes ou allaitantes.

Les peptides sont introduits dans les formulations cosmétiques à très faible concentration, suffisante pour agir biologiquement sans présenter de risque pour la peau. Les recherches actuelles indiquent que la majorité des peptides topiques sont sûrs, avec un faible risque d’irritation, de toxicité ou de réactions allergiques. Par exemple, le peptide 14, un peptide sénothérapeutique visant à réduire les cellules sénescentes dans la peau, a été testé sur des modèles de peau humaine et lors d’un patch test sur 54 participants. Les résultats n'ont montré aucune irritation, toxicité ou réaction cutanée visible. Des tests complémentaires, menés ex vivo, ont confirmé l’absence de génotoxicité, et même les fibroblastes et kératinocytes humains exposés au peptide jusqu’à 100 μM sont restés viables et non toxiques.

Cependant, il convient de rappeler que chaque peau peut réagir différemment aux soins cosmétiques. Il reste donc recommandé de réaliser un test préalable sur une petite zone de peau, au creux du coude ou du poignet par exemple, pour vérifier que vous n'êtes pas sensible aux peptides.

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