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Intérêt des cosmétiques anti-lumière bleue.

Que penser des cosmétiques anti-lumière bleue ?

Avec l’avancée de la technologie, nous passons désormais en moyenne six heures par jour devant les écrans. Qu’il s’agisse des écrans des smartphones, ordinateurs, télévisions, etc., ces appareils diffusent de la lumière bleue, à laquelle s'ajoute la lumière bleue du soleil. Des doutes existant quant à l'effet de ce rayonnement sur la peau, certaines marques cosmétiques ont développé des produits anti-lumière bleue. Sont-ils réellement efficaces ? Explorons ensemble ce sujet.

Publié le 15 janvier 2026, mis à jour le 15 janvier 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 13 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • La lumière bleue fait partie du spectre visible et provient à la fois du soleil et des sources artificielles, comme les écrans.

  • Certaines études ont montré que la lumière bleue pouvait induire un stress oxydatif, activer la mélanogenèse et altérer les cellules de la peau.

  • Les soins dits "anti-lumière bleue" reposent principalement sur des filtres minéraux spécifiques, tels que le dioxyde de titane et l'oxyde de zinc, et sur des actifs antioxydants capables de limiter les dommages oxydatifs.

  • À ce jour, ces produits s’inscrivent davantage dans une approche préventive que comme une nécessité absolue, en attendant des preuves cliniques plus robustes.

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Quels sont les effets de la lumière bleue sur la peau ?

La lumière bleue correspond à une partie du spectre visible, comprise approximativement entre 400 et 500 nm. Elle est naturellement émise par le soleil, qui constitue de loin la principale source d’exposition, mais aussi par certaines sources artificielles comme les diodes électroluminescentes (DELs), l’éclairage fluorescent et les écrans numériques. Avec la généralisation des smartphones, des ordinateurs et des tablettes, notre exposition quotidienne à la lumière bleue artificielle a évolué, soulevant des interrogations quant à ses effets potentiels sur la peau, au-delà de ses impacts bien connus sur le rythme circadien et la fatigue visuelle.

Sur le plan cellulaire, plusieurs travaux expérimentaux ont montré que la lumière bleue peut induire un stress oxydatif dans les cellules cutanées. Des études in vitro, notamment sur des kératinocytes et des fibroblastes, ont mis en évidence une augmentation de la production d’espèces réactives de l’oxygène après une exposition, même relativement courte, à une lumière émise par des dispositifs électroniques. Or, le stress oxydatif est l'un des piliers du vieillissement cutané : il favorise les dommages à l’ADN, l’activation de voies inflammatoires et la dégradation des fibres de collagène et d’élastine, notamment via l’activation des métalloprotéinases matricielles. Ces phénomènes sont bien documentés dans le cadre des UV, et la lumière bleue semble pouvoir activer certaines de ces voies, bien que de manière moins intense.

Des études ont aussi montré un rôle de la lumière bleue dans des modifications de la pigmentation de la peau. Certaines études suggèrent qu’elle peut stimuler la mélanogenèse et entraîner une pigmentation plus marquée et persistante, en particulier chez les phototypes plus foncés. Cette réponse serait liée à l’activation des mélanocytes et à des complexes enzymatiques impliqués dans la synthèse de la mélanine, mais aussi à un contexte inflammatoire local. Par ailleurs, la lumière bleue pourrait perturber l’expression de gènes impliqués dans l’horloge biologique cutanée, laissant supposer un impact indirect sur les mécanismes de réparation nocturne de la peau.

Zoom sur les différents types de soins contre la lumière bleue.

Face aux inquiétudes croissantes autour de la lumière bleue, l’industrie cosmétique a développé une nouvelle catégorie de soins présentés comme "anti-lumière bleue". Ces produits se déclinent sous différentes galéniques : sérums, crèmes de jour, soins contour des yeux, brumes ou encore fonds de teint et solaires. Leur promesse repose généralement sur la capacité à limiter les effets du stress oxydatif induit par la lumière visible, à préserver l’éclat du teint et, de façon plus globale, à protéger la peau des agressions environnementales quotidiennes.

Dans leur formulation, ces soins mettent le plus souvent en avant des filtres minéraux, comme les oxydes de fer, des actifs d’origine végétale riches en polyphénols, en flavonoïdes ou en caroténoïdes, qui sont des antioxydants. Certains produits revendiquent également l’intégration d’ingrédients censés former un bouclier à la surface de la peau ou absorber une partie de la lumière visible. D’autres encore s’inscrivent dans une approche plus globale de protection contre les agressions environnementales, en associant la lumière bleue à la pollution et aux infrarouges.

Faut-il intégrer des soins pour lutter contre la lumière bleue dans sa routine ?

Lorsqu’il s’agit de se protéger de la lumière bleue, la première question à se poser concerne la capacité réelle des soins cosmétiques à filtrer ou à limiter ses effets biologiques.

À ce jour, tous les produits revendiquant une action "anti-lumière bleue" ne se valent pas, et surtout, tous ne reposent pas sur les mêmes mécanismes. La photoprotection reste la stratégie la plus documentée, même si elle n’a pas été initialement conçue pour cibler le spectre visible. Les écrans solaires constituent aujourd’hui les produits les mieux étudiés dans ce contexte. Les filtres minéraux, en particulier le dioxyde de titane (TiO₂) et l’oxyde de zinc (ZnO), sont capables de réfléchir et de disperser non seulement les UV, mais aussi une partie de la lumière bleue. Cette propriété repose sur leur nature physique : ces filtres forment une barrière optique à la surface de la peau. En revanche, les filtres organiques, conçus pour absorber les UV, ne semblent pas offrir de protection contre la lumière visible.

Une étude clinique s’est intéressée à la capacité de différentes formulations solaires à protéger la peau contre la lumière bleue, en particulier autour de 456 nm. Réalisée chez 20 femmes présentant des phototypes III et IV, cette étude contrôlée a évalué l’apparition d’une pigmentation persistante après exposition à des doses croissantes de lumière bleue sur la peau de l’avant-bras. L'effet photoprotecteur de différentes formules (produits A, B, C et D) contenant des filtres organiques, associés ou non à du dioxyde de titane, a ensuite été testé. Les résultats montrent que les zones protégées par le dioxyde de titane développaient significativement moins de pigmentation. Ces données cliniques renforcent l’intérêt du dioxyde de titane comme filtre capable d’atténuer les effets de la lumière bleue.

Évaluation de l'effet photoprotecteur du dioxyde de titane.

Évaluation de l'effet photoprotecteur du dioxyde de titane.

Source : PAIVA-SANTOS P. & al. Updated insights of active cosmetic ingredients against blue light: In vivo and in vitro evidence. Journal of Drug Delivery Science and Technology (2024).

Toutefois, l’utilisation de filtres minéraux pose des limites galéniques bien connues, notamment un effet blanchissant lié à la taille des particules. La réduction de leur taille améliore le résultat esthétique, mais les nanoparticules posent différentes problématiques sanitaires, lorsqu'ils sont inhalés, mais aussi potentiellement lorsqu'ils traversent la barrière cutanée. C'est pourquoi de nouveaux filtres organiques capables de couvrir un spectre élargi ont été développés. C’est notamment le cas du filtre TriAsorB, conçu pour absorber et réfléchir à la fois les UV et une partie de la lumière bleue, sans recourir aux nanoparticules minérales.

Une étude récente a évalué la capacité de plusieurs écrans solaires contenant ce filtre solaire à protéger la peau contre les effets de la lumière bleue à haute énergie (400–450 nm). Neuf formulations ont d’abord été analysées in vitro, montrant une excellente photostabilité et une capacité à bloquer entre 30 et 50% de la lumière bleue. Deux de ces produits, l’un teinté et l’autre non teinté, ont ensuite été évalués in vivo chez des volontaires exposées à une irradiation monochromatique à 412 nm. Les résultats ont mis en évidence une réduction significative de la pigmentation cutanée induite par la lumière bleue, mesurée à la fois par des outils instrumentaux et une évaluation clinique, dès les premières heures suivant l’exposition, particulièrement avec la formulation teintée.

Évaluation de l'effet photoprotecteur du TriAsorB ; NSBL (sans protection solaire), SBL (protection solaire).

Évaluation de l'effet photoprotecteur du TriAsorB ; NSBL (sans protection solaire), SBL (protection solaire).

Source : LAPALUD P. & al. Broad-spectrum sunscreens containing the TriAsorB™ filter: In vitro photoprotection and clinical evaluation of blue light-induced skin pigmentation. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology (2023).

Les antioxydants sont une autre approche pour limiter les effets sur la peau de la lumière bleue, en ciblant principalement le stress oxydatif qu’elle induit. Le tableau ci-dessous résume les principaux antioxydants étudiés à cette fin. Notons toutefois que, même si ces antioxydants présentent des mécanismes d’action complémentaires et prometteurs, les travaux scientifiques à leur sujet soulignent encore la nécessité de les étudier davantage avant de les intégrer dans des formulations cosmétiques destinées à une protection quotidienne contre la lumière bleue.

AntioxydantCaractéristiquesMécanismes d’action face à la lumière bleue
Licochalcone A (issu de Glycyrrhiza inflata)Antioxydant, anti-inflammatoire, uniformise le teintActive le facteur Nrf2, renforce les défenses antioxydantes endogènes, réduit la formation de radicaux libres et protège les caroténoïdes de la couche cornée
Extrait aqueux de Deschampsia antarcticaPlante adaptée à des conditions environnementales extrêmesLimite le stress oxydatif, préserve la viabilité cellulaire et l’intégrité mitochondriale, inhibe l’activation de la voie mélanogénique p38 induite par la lumière bleue
Extrait aqueux de Polypodium leucotomosRiche en polyphénols, antioxydant et anti-inflammatoire, soutient la barrière cutanéeNeutralise les radicaux libres, restaure la morphologie cellulaire et mitochondriale, réduit l’expression d’OPN3 et la production de mélanine
Hydroxytyrosol (issu de l'olivier)Antioxydant puissant, dérivé phénoliqueDiminue fortement les radicaux libres, limite les dommages à l’ADN (8-OHdG), réduit l’expression des MMP et aide à préserver le collagène face au stress oxydatif
Les principaux antioxydants étudiés pour limiter les effets de la lumière bleue sur la peau.
Source : PAIVA-SANTOS P. & al. Updated insights of active cosmetic ingredients against blue light: In vivo and in vitro evidence. Journal of Drug Delivery Science and Technology (2024).

Aujourd'hui, les cosmétiques anti-lumière bleue reposent sur des mécanismes biologiquement plausibles et des résultats expérimentaux encourageants, mais les données cliniques restent encore limitées. Leur place dans une routine de soins peut être intéressante en prévention, mais davantage d'études sont encore nécessaires.

Sources

FAQ sur les cosmétiques anti-lumière bleue.

La lumière bleue des écrans est-elle plus nocive que celle du soleil ?

La lumière bleue émise par les écrans est beaucoup moins intense que celle du soleil. Les études montrent qu’elle peut avoir des effets cellulaires en laboratoire, mais son impact réel sur la peau au quotidien reste limité.

Les filtres minéraux dans les crèmes solaires protègent-ils du vieillissement lié à la lumière bleue ?

D'après certaines études, il semblerait en effet que des filtres minéraux comme le dioxyde de titane ou l’oxyde de zinc réfléchissent une partie de la lumière visible, incluant la lumière bleue.

Toutes les typologies de peau sont-elles sensibles à la lumière bleue ?

Les personnes ayant un phototype foncé semblent plus sensibles à l'hyperpigmentation induite par la lumière bleue. Néanmoins, toutes les peaux peuvent subir un stress oxydatif.

Une crème solaire teintée protège-t-elle mieux contre la lumière bleue qu'une crème solaire non-teintée ?

Oui, les crèmes teintées sont davantage en mesure de lutter contre la lumière bleue car les pigments absorbent et diffusent une partie de la lumière visible, y compris la lumière bleue.

Les soins anti-lumière bleue sont-ils indispensables dans une routine quotidienne ?

Pas encore. Ils peuvent constituer une protection complémentaire, surtout si vous utilisez beaucoup d’écrans ou recherchez un effet préventif sur la pigmentation et le stress oxydatif, mais les preuves cliniques sont encore limitées.

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