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Effet du stress sur l'acné.

Comment le stress influence-t-il l’acné ?

Entre examens, charge mentale ou fatigue chronique, le stress fait partie du quotidien. On entend souvent dire que cette augmentation du cortisol peut causer ou amplifier certains déséquilibres cutanés, comme l’acné. La littérature scientifique soutient-elle cette idée ? Explorons-la ensemble.

Publié le 13 février 2026, mis à jour le 13 février 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 15 min de lecture
Thèmes :

L'essentiel à retenir.

  • Le stress semble pouvoir aggraver l’acné, notamment en augmentant la production de sébum et l’inflammation cutanée.

  • Plusieurs études cliniques montrent une corrélation entre niveau de stress et sévérité de l’acné, même si le lien de causalité reste complexe.

  • L’acné constitue elle-même une source de détresse psychologique, pouvant altérer l’estime de soi et la qualité de vie, et entretenir un cercle vicieux stress–acné.

  • En cas de poussée d’acné, le premier réflexe doit être de consulter un dermatologue.

  • Des stratégies de gestion du stress (activité physique, méditation, organisation du quotidien...) peuvent compléter la prise en charge médicale.

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80–90%

des adolescents et des jeunes adultes entre 12 et 20 ans souffrent d'acné.

≈ 40%

des adultes de plus de 25 ans sont atteints d'acné.

Boutons dus au stress : est-ce possible ?

Première cause de consultation dermatologique, l’acné est une maladie de peau très fréquente, liée à l’interaction de plusieurs mécanismes biologiques : hyperséborrhée, obstruction des follicules pileux, prolifération de Cutibacterium acnes et inflammation locale. Des facteurs hormonaux, génétiques, environnementaux ou encore certains cosmétiques peuvent favoriser son apparition. Pourtant, au-delà de ces causes bien établies, de nombreuses personnes rapportent aussi l’apparition d’un bouton dû au stress ou d’une poussée d’acné due au stress lors de périodes d’examens, de fatigue intense ou de tension émotionnelle.

Cette observation n’est pas uniquement subjective. Plusieurs travaux scientifiques ont mis en évidence une corrélation entre le niveau de stress et la sévérité de l’acné, suggérant que les variations émotionnelles pourraient influencer l’évolution des lésions.

Une première étude transversale s’est intéressée à la relation entre le niveau de stress perçu et la sévérité de l’acné chez 144 étudiantes en sixième année de médecine, âgées de 22 à 24 ans. Les chercheurs ont évalué l’intensité de l’acné à l’aide du Global Acne Grading System (GAGS), tandis que le stress était mesuré grâce à la Perceived Stress Scale (PSS), un outil souvent utilisé en psychologie. L’analyse prenait également en compte plusieurs facteurs susceptibles d’influencer l’acné afin de limiter les biais d’interprétation (variations d'hormones dans le sang, prise de médicaments, humidité de l'air, transpiration, habitudes cosmétiques...).

Les résultats ont montré une corrélation positive statistiquement significative entre l’intensité du stress et la sévérité de l’acné. Concrètement, les participantes présentant les scores de stress les plus élevés avaient aussi les formes d’acné les plus marquées lors de l’évaluation clinique. Dans la population étudiée, 72,2% des étudiantes présentaient une acné légère, 22,9% une acné modérée et 2,8% une acné sévère, tandis que seules 2,1% ne présentaient aucune lésion. Ces données suggèrent donc qu’une augmentation du stress peut s’accompagner d’une aggravation de l’acné, soutenant l'idée selon laquelle il est possible d'avoir une poussée d'acné due au stress.

Relation entre l'intensité du stress et la sévérité de l'acné chez 144 étudiantes en médecine (0=pas d’acné ; 1=acné légère ; 2=acné modérée ; 3=acné sévère).

Relation entre l'intensité du stress et la sévérité de l'acné chez 144 étudiantes en médecine (0=pas d’acné ; 1=acné légère ; 2=acné modérée ; 3=acné sévère).

Source : DANA A. & al. The association between stress and acne among female medical students in Jeddah, Saudi Arabia. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology (2017).

Ces travaux ne sont pas isolés. Une seconde étude transversale a exploré l’association entre la sévérité de l’acné, le niveau de stress et les habitudes alimentaires chez 585 étudiants en médecine. L’évaluation clinique de l’acné reposait également sur le GAGS, tandis que le stress était mesuré par la PSS. Les chercheurs ont en parallèle analysé les comportements alimentaires afin d’identifier si cela pouvait influencer les lésions. Dans cette population, la prévalence globale de l’acné atteignait 88,2%, majoritairement sous forme légère (59%) ou modérée (23,9%). Concernant le stress, 78,5% des étudiants présentaient un niveau modéré et 11,8% un niveau élevé. Les analyses statistiques ont mis en évidence une corrélation positive significative entre les scores de stress (PSS) et la sévérité de l’acné (GAGS) : les étudiants soumis au stress le plus intense présentaient en moyenne des lésions plus marquées. Ces résultats renforcent l’idée d’un lien entre le cortisol et les poussées d’acné.

Une troisième étude, menée cette fois chez 288 adolescents âgés de 10 à 21 ans en Indonésie, a également exploré l’influence du stress sur la sévérité de l’acné. Dans cette population, 76,7% des participants déclaraient un état de stress, et parmi eux, la majorité présentait une acné de sévérité modérée (51,6%), tandis que les adolescents non stressés avaient plutôt une acné légère (52%). L’association entre stress et sévérité de l’acné s’est révélée statistiquement significative, suggérant que plus le niveau de stress est élevé, plus l’acné tend à être marquée.

StressAcné légèreAcné modéréeAcné sévèreTotal
Non stressé35 (52,2%)21 (31,3%)11 (16,4%)67 (100%)
Stressé77 (34,8%)114 (51,6%)30 (13,6%)221 (100%)
Total112 (38,9%)135 (46,9%)41 (14,2%)288 (100%)
L'effet du stress sur la sévérité de l'acné.
Source : ARDHI H. & al. The influence of stress on the severity of acne vulgaris in adolescents. Indonesian Journal of Global Health Research (2025).

Pris ensemble, ces travaux convergent vers l’existence d’un lien entre stress psychologique et aggravation de l’acné, compatible avec l’implication de médiateurs neuro-hormonaux comme le cortisol dans les phénomènes inflammatoires cutanés et les poussées d’acné. Toutefois, ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

En effet, la majorité des études disponibles sont transversales, ce qui permet d’identifier une corrélation mais pas d’établir une relation de causalité directe. De plus, les populations étudiées sont souvent spécifiques (étudiants en médecine, adolescents d’une région donnée), ce qui limite la généralisation des conclusions. Surtout, l’acné demeure une maladie multifactorielle : facteurs hormonaux, prédisposition génétique, microbiote cutané, alimentation, cosmétiques, sommeil ou encore environnement peuvent tous influencer son évolution. Le stress apparaît donc davantage comme un facteur modulant susceptible d’aggraver des lésions existantes plutôt que comme une cause unique. Cette complexité explique pourquoi la prise en charge visant à se débarrasser de l’acné causée par le stress ou à envisager un traitement contre l’acné liée au stress repose généralement sur une approche globale, intégrant à la fois les dimensions dermatologiques et psychologiques.

Quel est l'impact du stress sur l'acné ?

Le stress correspond à la réponse de l’organisme face à des stimuli internes ou externes. Sur le plan biologique, cette réponse implique l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien : l’hypothalamus sécrète la corticolibérine (CRH), qui stimule la libération d’ACTH par l’hypophyse, entraînant à son tour la production de cortisol par les glandes surrénales. Or, une élévation prolongée du cortisol est associée à une augmentation des phénomènes inflammatoires cutanés. Ce lien entre cortisol et poussée d’acné s’explique par différents effets sur la peau : stimulation des sébocytes, les cellules des glandes sébacées, et donc de la production de sébum, altération de la différenciation des kératinocytes favorisant l’obstruction folliculaire, et modulation de la réponse immunitaire via la sécrétion de cytokines.

Au-delà du cortisol, le stress s’accompagne aussi d’une libération accrue de neuropeptides, en particulier la substance P, libérée par les terminaisons nerveuses cutanées. Cette molécule stimule à la fois la production lipidique des sébocytes et l’activation de cellules immunitaires locales, ce qui renforce l’inflammation folliculaire. Parallèlement, l’augmentation de cytokines pro-inflammatoires telles que IL-1, IL-6 ou TNF-α favorise l’afflux de cellules inflammatoires dans les follicules pileux et contribue au développement des lésions acnéiques. À long terme, un stress chronique peut ainsi altérer les mécanismes immunitaires, se traduisant alors par une dysbiose favorable au maintien de l'acné.

Ces mécanismes sont cohérents avec les observations cliniques rapportées par de nombreux patients, dont une proportion importante – pouvant aller de 50 à 80% selon les études — déclare une aggravation de l’acné en période de stress émotionnel.

L’acné, une affection source de stress.

Si le stress peut influencer l’évolution de l’acné, l’inverse est également vrai : l’acné constitue elle-même une source importante de stress psychologique.

Les lésions visibles du visage, parfois persistantes, peuvent altérer l’estime de soi et les interactions sociales, en particulier pendant l’adolescence et pour les jeunes adultes, en pleine construction. Cette dimension émotionnelle transforme l’acné en véritable affection psychosomatique, dans laquelle les facteurs cutanés et psychologiques s’entretiennent mutuellement, créant un cercle vicieux : le stress favorise les poussées, qui à leur tour augmentent le stress.

Une étude transversale menée chez 150 patients atteints d’acné a précisément évalué l’impact psychologique de la maladie, parallèlement à la mesure de la sévérité clinique par le Global Acne Grading System (GAGS). Les résultats montrent que les participants présentaient des niveaux significativement plus élevés de dépression et d’anxiété. L’analyse de corrélation a mis en évidence une association forte entre la présence d’acné et la dépression, l’anxiété et le stress, toutes statistiquement significatives. De plus, les analyses de régression indiquaient que l’acné et la détresse psychologique associée avaient un impact négatif significatif sur l’estime de soi et la qualité de vie.

L'acné dépasse la sphère dermatologique et peut affecter la qualité de vie, renforçant le stress lui-même susceptible d'aggraver la maladie.

Conseils pour se débarrasser de l'acné du stress.

Face à une acné persistante, le premier réflexe à adopter reste de consulter un dermatologue, quelle que soit l’origine supposée des lésions.

D'ailleurs, en pratique, il est souvent difficile d’affirmer qu’un bouton est uniquement dû au stress, tant les facteurs contribuant à l’acné sont nombreux. Une prise en charge médicale permet d’obtenir un traitement adapté à la sévérité et au type d’acné, avec des améliorations qui peuvent être visibles après quelques semaines à quelques mois. Surtout, il est essentiel de ne pas rester seul face à la détresse psychologique que peuvent provoquer les boutons d'acné : une stratégie thérapeutique bien conduite permet, dans de nombreux cas, de faire régresser nettement les boutons et d’améliorer la qualité de vie.

En complément du suivi dermatologique, certaines techniques peuvent aider à réduire le stress et ainsi limiter son impact potentiel sur la peau :

TechniqueBénéfices
Yoga et exercices de respirationAméliorent la régulation émotionnelle, diminuent l’anxiété et favorisent la détente physique, avec des effets mesurés sur la respiration, la fréquence cardiaque et la pression artérielle.
Méditation de pleine conscienceAide à se recentrer sur le moment présent, réduit les pensées négatives et le stress perçu et améliore globalement le bien-être mental.
Activité physique régulièreFavorise la libération d’endorphines, améliore le sommeil et contribue à une meilleure gestion du stress.
Organisation et priorisation des tâchesRéduit la charge mentale et aide à retrouver un sentiment de contrôle face aux situations stressantes.
Activités de loisirSoutient l’équilibre émotionnel et diminue la tension psychologique quotidienne.
Éviction des stratégies d’adaptation délétères (tabac, alcool, grignotage)Limite les comportements pouvant aggraver le stress général et potentiellement l’état de la peau.
Stratégies pour combattre le stress.
Source : NAYAK S. & al. The impact of stress on acne. Asian Journal of Pharmaceutical Research and Development (2023).

Ces mesures ne remplacent pas un traitement dermatologique lorsque celui-ci est nécessaire, mais elles peuvent constituer un soutien utile pour mieux gérer le stress et aider à rompre le cercle vicieux entre stress et poussées d’acné.

Sources

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