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Effets du stress sur les cheveux.

Quel est l'effet du stress sur les cheveux ?

Le stress ne touche pas seulement l’esprit : il peut aussi influencer l’équilibre du cuir chevelu et le cycle de vie des cheveux, occasionnant plusieurs désagréments capillaires. Comment le stress impacte-t-il la chevelure ? Apprenez-en plus dans cet article.

Publié le 18 février 2026, mis à jour le 18 février 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 9 min de lecture
Thèmes :

L'essentiel à retenir.

  • Le stress semble pouvoir perturber le cycle de croissance des cheveux en agissant sur le système nerveux et l’immunité.

  • Des situations de stress aigu, comme une période d’examens, peuvent ralentir temporairement la pousse des cheveux, généralement sans conséquence durable.

  • Le stress chronique s’accompagne souvent d’une élévation prolongée du cortisol mesurable dans les cheveux, susceptible de fragiliser l’équilibre capillaire et de rendre les cheveux plus cassants.

  • Le stress pourrait également participer au vieillissement prématuré des cheveux et à leur grisonnement, même si ce lien reste encore débattu scientifiquement.

  • Les techniques de gestion du stress peuvent réduire le stress psychologique et biologique, avec des effets potentiellement bénéfiques sur la santé capillaire.

  • Des stratégies simples du quotidien — activité physique, relaxation, loisirs, soutien social — contribuent aussi à limiter l’impact du stress sur l’organisme et les cheveux.

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Comment le stress affecte-t-il les cheveux ?

Le stress est aujourd’hui reconnu comme un facteur capable d’influencer de nombreux tissus de l’organisme, y compris le follicule pileux.

Certaines personnes observent ainsi une chute de cheveux ou un ralentissement de la pousse après un épisode de tension psychologique ou physique intense. Ces manifestations s’expliquent par l’impact du stress sur les mécanismes biologiques qui régulent le cycle capillaire, en particulier au niveau des cellules souches du follicule.

En effet, plusieurs travaux ont montré que le stress peut freiner la croissance des cheveux en bloquant le cycle cellulaire des cellules souches folliculaires. Dans un modèle murin soumis à un stress intense — induit soit par injections répétées de résinifératoxine, soit par immobilisation physique — les chercheurs ont observé une inhibition marquée de la repousse après épilation, aussi bien en phase télogène qu’en phase anagène. L’analyse transcriptomique a révélé une diminution de l’expression des gènes impliqués dans la prolifération cellulaire, associée à une activation de la voie de signalisation de l’AMPc dans les cellules souches folliculaires Lgr5+. Cette réponse s’accompagnait d’une activation du système nerveux sympathique et d’une libération accrue de noradrénaline, capable de réduire la prolifération cellulaire, de diminuer l’expression de régulateurs du cycle cellulaire, comme les cyclines D1/D2 et CDK4, et d’augmenter la proportion de cellules en phase G0/G1, la phase de quiescence du cycle cellulaire.

Outre ces données expérimentales, certaines études cliniques se sont aussi intéressées aux effets concrets du stress sur les cheveux. Une étude menée chez 33 étudiantes en médecine a ainsi évalué les effets d’un stress prolongé lié à la préparation d’un examen final sur l’immunité et les paramètres capillaires. Les participantes ont été suivies à trois moments distincts : avant la période de révision, pendant les examens, puis après 12 semaines de récupération. Les résultats montrent que la perception du stress augmentait significativement durant les examens, s’accompagnant d’une modification transitoire de l’équilibre immunitaire avec une orientation vers une réponse de type Th1, ainsi que de changements mesurables du cycle pilaire. Toutefois, ces altérations restaient dans des limites physiologiques et disparaissaient après la période de repos, sans différence persistante avec le groupe contrôle.

Ces données suggèrent qu'un stress intense peut temporairement perturber la croissance des cheveux via des mécanismes immunitaires, tout en restant réversible — un élément rassurant pour les personnes observant une chute de cheveux lors des périodes de forte pression.

Au-delà des effets transitoires du stress aigu, l’exposition prolongée à un stress chronique semble également avoir des conséquences sur la pousse des cheveux. Une méta-analyse récente regroupant 66 études indépendantes (soit plus de 10 000 participants) s’est intéressée à la concentration de cortisol mesurée dans les cheveux, un indicateur biologique permettant d’évaluer l’exposition cumulative au stress sur le long terme. Les résultats montrent que les groupes soumis à un stress chronique présentent davantage de cortisol capillaire que les autres, ce qui est susceptible d'altérer la croissance des cheveux. À l’inverse, lorsque le stress appartient au passé, les niveaux de cortisol capillaire ne diffèrent plus significativement, suggérant un phénomène réversible. Ces données renforcent ainsi l’idée que ce n’est pas tant l’intensité ponctuelle du stress que sa durée d’exposition qui pourrait influencer durablement la santé capillaire.

+ 22%

de cortisol capillaire dans les groupes soumis à un stress chronique (méta-analyse regroupant 66 études, soit plus de 10 000 participants).

+ 43%

de cortisol capillaire dans les groupes soumis à un stress chronique toujours présent au moment de l'évaluation (méta-analyse regroupant 66 études, soit plus de 10 000 participants).

Par ailleurs, le stress pourrait également accélérer le blanchiment des cheveux.

Rappelons que la couleur des cheveux dépend de l’activité des mélanocytes situés dans le follicule pileux, responsables de la production de mélanine. Lors d’épisodes de stress, la libération de neurotransmetteurs par le système nerveux peut favoriser la mise en place d'un stress oxydatif, caractérisé par l’accumulation de radicaux libres capables d’endommager l’ADN des mélanocytes jusqu’à altérer leur fonctionnement. Ce type de dommage oxydatif est impliqué de manière plus générale dans le vieillissement cellulaire de la peau et des cheveux. Néanmoins, si certaines données empiriques suggèrent un lien entre stress, stress oxydatif et apparition de cheveux gris, les preuves scientifiques directes restent limitées à ce jour, indiquant que d’autres facteurs — génétiques, hormonaux ou environnementaux — participent également au processus de dépigmentation capillaire.

Que faire pour limiter les effets du stress sur les cheveux ?

Face aux effets potentiels du stress sur les cheveux, la prise en charge repose avant tout sur des approches visant à réduire la charge psychologique et ses répercussions physiologiques.

Des interventions telles que la réduction du stress basée sur la pleine conscience, la thérapie cognitivo-comportementale ou encore l’hypnothérapie ont montré leur capacité à améliorer la santé mentale, diminuer l’anxiété et, dans certains contextes de chutes de cheveux, de favoriser la repousse capillaire. Plus largement, les programmes structurés de gestion du stress peuvent entraîner une diminution du cortisol mesuré dans les cheveux, suggérant ainsi un bénéfice potentiel pour l’équilibre du cycle pilaire.

Une étude clinique contrôlée menée chez 78 femmes enceintes a précisément évalué l’efficacité d’une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) de gestion du stress sur les niveaux de cortisol capillaire. Les participantes ont été réparties entre un groupe contrôle et un groupe suivant huit séances hebdomadaires de TCC. Après l’intervention, seules les femmes du groupe TCC présentaient une réduction conjointe du cortisol dans les cheveux et du stress perçu, y compris celui lié à la grossesse.

Scores avant et après l’intervention dans les principales mesures de stress.

Scores avant et après l’intervention dans les principales mesures de stress.

Source : PERALTA-RAMIREZ R. I. & al. Effects of cognitive-behavioural therapy for stress management on stress and hair cortisol levels in pregnant women: A randomised controlled trial. Journal of Psychosomatic Research (2020).

Apprendre à gérer son stress semble donc être un levier pertinent pour préserver sa santé psychologique, physique, mais aussi capillaire.

Remarque : Il n’est pas toujours nécessaire de recourir à des approches complexes pour mieux gérer son stress au quotidien. Prendre du recul face aux situations difficiles, maintenir une activité physique régulière, pratiquer la méditation ou des exercices de respiration, préserver des moments de loisir et échanger avec son entourage constituent autant de stratégies simples qui aident à limiter le stress. Néanmoins, lorsque l’anxiété devient envahissante ou persistante, un accompagnement psychologique peut être utile pour retrouver un meilleur équilibre dans son quotidien.

Sources

FAQ sur les effets du stress sur les cheveux.

Le stress peut-il provoquer une chute de cheveux soudaine ?

Oui, un stress intense peut déclencher un effluvium télogène, c’est-à-dire une chute diffuse apparaissant quelques semaines à quelques mois après l’événement stressant. Ce phénomène est généralement réversible lorsque l’équilibre psychologique est retrouvé.

Le stress peut-il rendre les cheveux plus fins ?

Oui, le stress chronique peut perturber le cycle pilaire et raccourcir la phase de croissance du cheveu. Les cheveux peuvent alors sembler plus fins, moins denses ou plus fragiles. D’autres facteurs hormonaux ou nutritionnels peuvent aussi intervenir.

Les cheveux repoussent-ils après une chute liée au stress ?

Le plus souvent, oui : les follicules pileux ne sont pas détruits mais simplement mis au repos. Une fois le stress diminué, le cycle de croissance peut reprendre normalement. La repousse peut toutefois prendre plusieurs mois.

Le stress peut-il accélérer l’apparition des cheveux blancs ?

Le stress est suspecté d’augmenter le stress oxydatif au niveau des mélanocytes du follicule pileux, ce qui pourrait favoriser le grisonnement. Néanmoins, l’âge et la génétique restent les principaux déterminants. Les données scientifiques restent encore limitées.

Les soins capillaires peuvent-ils compenser les effets du stress sur les cheveux ?

Les soins capillaires peuvent améliorer l’aspect des cheveux et le confort du cuir chevelu, mais ils ne sont pas suffisants et doivent être associés à des techniques de gestion du stress.

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