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Informations vitamine K.

Tout savoir sur la vitamine K

Les soins cutanés et capillaires sont généralement enrichis en vitamines A, C ou E. Il existe cependant une autre vitamine, la vitamine K, qui commence à se développer sur le marché des soins cosmétiques. Découvrez tout sur cet actif aux propriétés intéressantes.

Sommaire
Publié le 16 avril 2024, par Kahina, Rédactrice Scientifique — 10 min de lecture
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La vitamine K en bref.

La vitamine K est une vitamine liposoluble stockée dans les graisses. Elle a été découverte fortuitement en 1929 dans le cadre d'expériences sur le métabolisme des stérols et a été immédiatement associée à la coagulation du sang. La famille des quinones comprend une variété de formes de vitamine K. La nature de la chaîne carbonée qui s'attache à la quinone les différencie.

  • Vitamine K1 (C31H46O2). Elle est synthétisée naturellement par les plantes lors de la photosynthèse. Également appelée phylloquinone, phytoménadione ou phytonadione, elle est présente dans des organismes photosynthétiques comme les algues. C'est cette forme qui est utilisée en cosmétique.

    Dans l'industrie, la vitamine K1 est actuellement produite de manière synthétique.

  • Vitamine K2 (C31H40O2). Également connue sous le nom de ménaquinone, elle est présente dans les bactéries de la flore intestinale ainsi que dans les végétaux consommés. Cette forme est généralement utilisée dans les traitements anti-coagulants par voie orale ou en complément alimentaire.

  • Vitamine K3 (C11H8O2). Elle fait partie des formes synthétiques de vitamine K, aussi appelée ménadione. C'est en réalité un intermédiaire de la réaction de synthèse de la vitamine K. En raison de ses effets secondaires sur le foie, elle n'est pas utilisée dans l'alimentation humaine.

Structure chimique de la vitamine K.
Source : PubChem.

Quels sont les bienfaits de la vitamine K ?

La vitamine K, en particulier la vitamine K1, présente de nombreux bénéfices au niveau de la peau. Elle est retrouvée dans de nombreux produits cosmétiques, allant des crèmes cicatrisantes aux sérums pour le contour des yeux. Les concentrations en vitamine K dans les soins varient de 0,1% à 1% environ. Elle est également consommée par voie orale, dans des compléments alimentaires.

  • La vitamine K protège du photovieillissement.

    La vitamine K pourrait agir contre le photovieillissement à travers l'élimination des espèces réactives de l'oxygène (ERO), qui lorsqu'elles sont instables peuvent se transformer en radicaux libres, responsables de la dégradation oxydative provoquée par les rayons UV.

    En effet, une étude a montré que le cycle de la vitamine K pouvait avoir des effets antioxydants, notamment par la vitamine K-hydroquinone, produit de la réduction de la vitamine K. Celle-ci pourrait empêcher la peroxydation des lipides (dégradation oxydative des lipides) en cassant la chaîne des radicaux libres responsables.

    Or, les membranes lipidiques biologiques sont vulnérables à la peroxydation. Elle peut ainsi perturber l'intégrité des membranes, comme celles des cellules de la peau. On peut donc penser que la vitamine K aurait un effet antioxydant sur la peau et la protégerait de l'impact cutané du photovieillissement.

  • La vitamine K optimise la cicatrisation.

    En raison de sa capacité à augmenter la formation de fibroblastes, de collagène, de vaisseaux sanguins et d'hydroxyproline (acide aminé qui participe à la synthèse de collagène), la vitamine K topique a le potentiel de favoriser la cicatrisation des plaies. Il a aussi été démontré que la coagulation sanguine peut stimuler la cicatrisation.

    Parce que la vitamine K renforce la coagulation sanguine, cela pourrait contribuer à son mode d'action. Les ERO ont également un rôle important dans la pathogenèse des plaies cutanées : leur surproduction pendant le stress oxydatif retarde la cicatrisation. En prenant en compte sa capacité antioxydante, la vitamine K pourrait améliorer la cicatrisation des plaies.

  • La vitamine K possède des propriétés anti-inflammatoires par voie orale.

    La vitamine K1 réduirait la réponse inflammatoire induite par le lipopolysaccharide (LPS) et réduit l'expression de l'IL-6, une cytokine pro-inflammatoire impliquée dans les maladies inflammatoires chroniques cutanées. Ainsi, la régulation de l'expression des cytokines inflammatoires pourrait contribuer à la suppression de l'inflammation par la vitamine K.

  • La vitamine K réduit les imperfections vasculaires.

    L'application topique de la vitamine K pourrait améliorer les bleus et d'autres troubles de la circulation sanguine, un effet constaté lors d'études sur des ecchymoses. Il n'y a pas de mécanisme d'action mis en évidence, mais cette action pourrait être due à la coagulation sanguine en renforçant les parois vasculaires. Ces résultats offrent un grand espoir dans le traitement des cernes bleutés (vasculaires) ou des affections liées à des troubles de la microcirculation sanguine comme la rosacée.

  • La vitamine K pourrait réduire le blanchissement des cheveux dû à la vieillesse.

    Il faut savoir qu'aucune étude n'a été réalisée sur l'utilisation capillaire de la vitamine K et aucun produit pour la chevelure contenant de la vitamine K n'est actuellement sur le marché. Cependant, des suppositions d'effets peuvent être faites, notamment par l'action antioxydante de la vitamine K.

    Rappelons que le cycle de la vitamine K pourrait bloquer la peroxydation des lipides. Lors de la photo-aggravation du vieillissement capillaire, l'oxydation des lipides altère la fibre du cheveu. Les pigments capillaires absorbent et filtrent les rayons solaires pour protéger les protéines capillaires.

    Mais lorsque les pigments agissent pour protéger ces protéines, ils peuvent être abîmés, ce qui donnent des cheveux gris ou blancs. La vitamine K pourrait alors protéger les pigments des cheveux et réduire les effets du stress oxydatif sur eux.

Des dangers et précautions d'emploi sur l'utilisation de la vitamine K ?

Généralement, la vitamine K ne provoque aucun danger particulier pour la majeure partie des consommateurs. Cependant, des précisions doivent être apportées.

La vitamine K1 pure est interdite en cosmétique, d'après la Directive 2009/6/CE de la Commission Européenne du 4 février 2009.

En effet, plusieurs cas de réactions allergiques cutanées ont été recensées après application topique de la vitamine K1. Son utilisation présente également des risques de sensibilisation à la vitamine K. Les personnes prenant des traitements oraux médicamenteux à base de vitamine K pourraient donc rencontrer des problèmes. Enfin, elle serait instable à la lumière, se dégradant rapidement. Cela la rend compliquée à utiliser dans des formulations cosmétiques et peut rendre la peau photo-sensible.

Aujourd'hui, les marques de cosmétiques utilisent plutôt de la vitamine K1 oxyde, une forme oxydée de la vitamine K1, qui irrite moins et est plus stable face au soleil.

Il faut savoir que l'efficacité de la vitamine K oxyde a été étudiée lors d'expériences de traitements de rougeurs post-opératoires, et celle-ci aurait la même efficacité que la vitamine K1 pure dans ce cadre. Cependant, en ce qui concerne son pouvoir antioxydant ou anti-inflammatoire, aucune étude n'a été réalisée en utilisant la vitamine K oxyde. Plus de preuves scientifiques sont donc nécessaires pour affirmer les allégations la concernant.

Très peu d'études ont été menées sur les enfants et les femmes enceintes. Si vous êtes dans l'une de ces situations, il serait judicieux de consulter votre médecin avant d'appliquer de la vitamine K sur votre peau, même si le risque d'observer une réaction est réduit. De plus, la sensibilisation à la vitamine K est le principal risque. Si vous prenez des médicaments à la vitamine K, parlez-en à votre médecin avant d'agir.

Il est conseillé de garder les cosmétiques contenant la vitamine K à l'abri des rayons UV et de bien consulter les précautions d'emploi indiquées sur la notice d'utilisation des soins en raison de l'instabilité de la vitamine K face aux rayons UV. Et si vous avez des doutes, pour observer de potentielles réactions de la peau, vous pouvez réaliser un test de tolérance cutanée du produit contenant de la vitamine K dans le creux du coude, la face interne du poignet ou derrière l'oreille.

Pour plus de renseignements, veuillez-vous référer à un professionnel de santé.

Sources

  • THIJSSEN H. H. W. & al. The potent antioxidant activity of the vitamin K cycle in microsomal lipid peroxidation. Biochemical Pharmacology (1997).

  • LEE W. S. Photoaggravation of hair aging. International Journal of Trichology (2009).

  • DIRECTIVE 2009/6/CE DE LA COMMISSION du 4 Février 2009. Journal officiel de l’Union européenne (2009).

  • Opinion on vitamin K1 (phytonadione). Scientific Committee on Consumer Safety (2010).

  • NOVÁKOVÁ L. & al. Vitamin K – sources, physiological role, kinetics, deficiency, detection, therapeutic use, and toxicity. Nutrition Reviews (2022).

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