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Effet de l'huile de coco sur le vitiligo.

L’huile de coco permettrait-elle de lutter contre les taches blanches du vitiligo ?

Le vitiligo est une maladie auto-immune qui provoque la destruction des mélanocytes, les cellules responsables de la production de mélanine, le pigment qui donne sa couleur à la peau. Il se manifeste par des taches blanches plus ou moins étendues et nombreuses. L’huile de coco, connue pour ses propriétés émollientes, a été proposée comme remède pour diverses affections cutanées, y compris le vitiligo. Mais existe-t-il une base scientifique justifiant son efficacité en cas de perte de pigmentation ? Découvrez-le ici.

Publié le 6 février 2026, mis à jour le 6 février 2026, par Andjela, Ingénieure chimiste — 6 min de lecture

Des effets de l'huile de coco sur le vitiligo ?

L’huile de coco est une huile végétale riche en acides gras saturés à chaîne moyenne, dont l’acide laurique constitue le composant majoritaire. Cette composition lipidique particulière lui confère des propriétés émollientes, occlusives et protectrices pour la barrière cutanée. Utilisée de longue date pure, l'huile de coco est aujourd’hui intégrée à de nombreuses formulations dermatologiques pour ses effets nourrissants, apaisants et son potentiel antimicrobien. Sa capacité à limiter la perte en eau transépidermique et à soutenir l’intégrité de la couche cornée explique son intérêt pour les peaux sèches ou fragilisées.

À ce jour, aucune étude clinique n’a toutefois démontré d’effet de l’huile de coco sur l’évolution du vitiligo ni sur la repigmentation des zones dépigmentées.

En pratique, l’huile de coco peut uniquement contribuer à améliorer le confort de la peau en la nourrissant et en lui apportant une protection antioxydante et anti-inflammatoire. Ces effets peuvent présenter un intérêt indirect dans le vitiligo, une pathologie caractérisée notamment par un stress oxydatif accru et une inflammation locale, des facteurs impliqués dans la destruction des mélanocytes. En réduisant la sécheresse cutanée et la production de certains médiateurs inflammatoires, l’huile de coco peut ainsi participer à la santé de la peau. Néanmoins, ces actions restent purement de soutien : elles ne permettent ni de restaurer les mélanocytes détruits, ni de relancer la production de mélanine.

L’huile de coco ne peut donc pas être considérée comme une solution naturelle pour repigmenter la peau atteinte de vitiligo.

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Utiliser de l'huile de coco sur des plaques de vitiligo, une pratique risquée ?

Bien que l’huile de coco, utilisée seule et de manière appropriée, soit généralement bien tolérée sur la peau, son association avec certains remèdes maison et une exposition solaire peut entraîner des conséquences potentiellement graves. Un rapport de cas publié dans le Dermatology Online Journal illustre ce risque lié à des pratiques diffusées sur les réseaux sociaux.

Dans ce cas, une femme de 36 ans atteinte de vitiligo a appliqué sur ses plaques un mélange de graines de bakuchi (Psoralea corylifolia) broyées et d’huile de coco, conformément à un conseil trouvé en ligne, avant d’exposer la zone au soleil. Moins d’une heure après l’exposition, une rougeur intense, des douleurs et une sensation de brûlure sont apparues, suivies de la formation de bulles sur les lésions dépigmentées. L’examen clinique a conduit au diagnostic de réaction phototoxique induite par les graines de bakuchi. La patiente a nécessité une prise en charge médicale avec photoprotection stricte, corticothérapie orale transitoire, antihistaminique et traitement topique, permettant une guérison en une semaine.

Réaction cutanée sur des plaques de vitiligo chez une femme de 36 ans après application d’un mélange d’huile de coco et de graines de bakuchi, suivie d’une exposition au soleil.

Réaction cutanée sur des plaques de vitiligo chez une femme de 36 ans après application d’un mélange d’huile de coco et de graines de bakuchi, suivie d’une exposition au soleil.

Source : JHA N. Phototoxic reaction to Bakuchi seeds tried as a home remedy in a patient of vitiligo. Dermatology Online Journal (2020).

Cette réaction s’explique par la présence, dans les graines de bakuchi, de furocoumarines telles que le psoralène et l’isopsoralène. Ces molécules photosensibilisantes peuvent interagir avec les rayonnements UV et provoquer des lésions cellulaires inflammatoires parfois sévères. Dans cette situation, l’huile de coco n’a pas joué un rôle protecteur : utilisée comme support lipidique, elle a au contraire facilité l’application et le maintien des composés photosensibilisants au contact de la peau, contribuant à l’intensité de la réaction.

Ce type d’événement souligne les risques liés à l’utilisation de remèdes maison, en particulier dans une maladie complexe comme le vitiligo.

Il rappelle l’importance de s’appuyer sur l’avis de professionnels de santé qualifiés et d’éviter l’automédication fondée sur des recommandations issues d’Internet ou des réseaux sociaux, susceptibles d’entraîner des réactions indésirables plus ou moins sévères.

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