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Effet de l'huile de coco sur les verrues.

L’huile de noix de coco pour traiter les verrues ?

Les verrues, provoquées par le papillomavirus humain (HPV), sont des excroissances fréquentes qui peuvent apparaître sur différentes parties du corps. Elles sont généralement bénignes mais peuvent être inesthétiques et inconfortables, notamment lorsqu’elles se trouvent sur des zones porteuses, comme la plante des pieds. De nombreux remèdes maison existent contre les verrues, parmi lesquels l'huile de noix de coco. Mais cette huile végétale aide-t-elle vraiment à traiter les verrues ? Démêlons le vrai du faux.

Publié le 6 février 2026, mis à jour le 6 février 2026, par Andjela, Ingénieure chimiste — 7 min de lecture

L'huile de coco pourrait-elle être utilisée contre les verrues ?

L’huile de coco est connue pour ses propriétés antimicrobiennes et apaisantes, largement attribuées à sa forte teneur en acides gras à chaîne moyenne, en particulier l’acide laurique. Dans l’huile de coco vierge, cet acide gras peut représenter environ 45 à 52% de la composition lipidique. L'acide laurique peut être transformé par certaines enzymes, les lipases, en plusieurs dérivés, dont la monolaurine, des composés possédant à la fois des propriétés hydrophiles et lipophiles et reconnus pour leur activité antimicrobienne.

Plusieurs travaux expérimentaux ont montré que l’acide laurique et la monolaurine présentent une activité antibactérienne, antifongique et antivirale à large spectre. Ils sont notamment capables d’altérer l’intégrité de la membrane de certains micro-organismes, contribuant à l’inactivation de bactéries Gram positives comme Staphylococcus aureus, de levures telles que Candida albicans, ainsi que de virus à enveloppe lipidique, dont le virus de l’herpès simplex (HSV) et le virus de la stomatite vésiculaire (VSV). Cette capacité à perturber les structures membranaires constitue l’un des principaux mécanismes antimicrobiens de l’huile de coco.

C'est dans ce contexte que l'hypothèse d'un effet de l'huile de coco sur les verrues a émergé. Pour rappel, les verrues sont provoquées par le papillomavirus humain (HPV), un virus cutané. Toutefois, contrairement aux virus à enveloppe lipidique sensibles à la monolaurine, le HPV est dépourvu d’enveloppe lipidique, ce qui limite théoriquement la portée antivirale de l’huile de coco. De plus, en l'absence de données disponibles concernant les potentiels effets antiviraux de l'huile de coco sur le HPV, il est difficile de se prononcer quant à son efficacité sur les verrues.

Ainsi, si la composition biochimique de l’huile de coco suggère un potentiel antimicrobien, son intérêt dans la prise en charge des verrues nécessite d’être confirmé lors d'études cliniques.

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Des preuves cliniques de l'efficacité de l'huile de coco contre les verrues ?

Malgré sa popularité en médecine alternative, les preuves cliniques soutenant l’efficacité directe de l’huile de coco contre les verrues restent limitées. Certaines observations apportent toutefois des indications susceptibles de suggérer un intérêt potentiel, sans pour autant prouver son action.

  • Un rapport de cas publié dans le Journal of Clinical and Diagnostic Research décrit la prise en charge d’une patiente de 22 ans présentant des verrues liées au papillomavirus humain au niveau des phalanges de l’index et du majeur droits, responsables de douleurs et d’une gêne à l’écriture. L’intervention consistait en l’application locale, pendant 21 jours, d’un mélange d’huile d’arbre à thé et d’huile de coco utilisée comme huile porteuse, dans un rapport de 1:5. À l’issue du traitement, les verrues avaient complètement disparu, sans récidive au cours du mois de suivi, et la patiente rapportait également une diminution de la douleur. L’effet thérapeutique est principalement attribué à l’huile d’arbre à thé, reconnue pour ses propriétés antivirales. Néanmoins, l’utilisation de l’huile de coco souligne son intérêt potentiel comme vecteur.

Évolution de la verrue après application du mélange d'huile essentielle d'arbre à thé et d'huile de coco.

Évolution de la verrue après application du mélange d'huile essentielle d'arbre à thé et d'huile de coco.

Source : BOOPALAN D. & al. Effect of topical application of tea tree oil (Melaleuca alternifolia) on hand warts: A case report. Journal of Clinical and Diagnostic Research (2022).

  • Une autre étude, publiée dans l’International Journal of Herbal Medicine, s’est intéressée à l’utilisation de l’huile de coco dans la prise en charge du molluscum contagiosum, une infection virale cutanée bénigne provoquée par le virus du molluscum contagiosum (MCV). L’étude a inclus 40 patients répartis en deux groupes : 20 enfants traités par application topique d’huile de coco et 20 recevant de l’huile d’olive. Les applications étaient réalisées deux fois par jour pendant deux semaines, avec un suivi prolongé de deux mois. Les résultats ont montré une disparition complète des lésions chez 40% des patients traités par huile de coco, contre 5% dans le groupe témoin. Les auteurs concluent ainsi à un effet potentiellement bénéfique et préventif de l’huile de coco dans la gestion du molluscum contagiosum. Toutefois, la taille limitée de l’échantillon et la différence biologique entre le MCV et le HPV ne permettent pas d’extrapoler ces résultats aux verrues.

Bien que ces exemples soient prometteurs, il est important de noter qu’aucune preuve clinique directe ne démontre que l’huile de coco seule soit efficace contre le papillomavirus humain (HPV), le virus responsable des verrues. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour étudier les propriétés antivirales de l’huile de coco contre les verrues.

Que faire en cas de verrue ?

En présence d’une verrue, il est généralement recommandé d’éviter de la manipuler, un geste qui peut favoriser la dissémination virale vers d’autres zones de la peau. Les traitements de première intention reposent le plus souvent sur des actifs kératolytiques, comme l'acide salicylique. Toutefois, en cas de verrue persistante, douloureuse ou récidivante, ou si vous avez un doute sur la nature de la lésion, il est préférable de demander l’avis d’un dermatologue.

Sources

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