Please enable JavaScript
Logo
Huile de nigelle comme support aux traitements anti-cancer.

Chimiothérapie, radiothérapie... l’huile de nigelle pour supporter les traitements contre le cancer ?

Actuellement, la majorité des cancers sont traités par chimiothérapie ou radiothérapie. Ces deux procédés ont démontré des résultats satisfaisants, voire une entière guérison pour certains cas. Toutefois, elles ne sont pas sans conséquences et peuvent être difficilement tolérées par les patients. Pour mieux les supporter, plusieurs solutions sont avancées, dont l'utilisation d'huile de nigelle. Cette huile végétale peut-elle vraiment aider ? Apprenez-en plus.

Publié le 2 février 2026, mis à jour le 3 février 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 14 min de lecture

29%

des patients ayant survécu 5 ans après leur traitement du cancer (537 970 patients) ont reçu une chimiothérapie.

39%

des patients ayant survécu 5 ans après leur traitement du cancer (537 970 patients) ont reçu une radiothérapie.

4 minutes pour comprendre votre peau. Notre diagnostic dermatologique vous guide vers les soins adaptés à vos besoins spécifiques. Simple, rapide et personnalisé.

Cancers : quels sont les effets indésirables de la chimiothérapie et de la radiothérapie ?

La chimiothérapie et la radiothérapie font partie des piliers du traitement des cancers. Si elles ont largement contribué à améliorer la survie des patients, elles s’accompagnent aussi d’effets secondaires parfois importants.

La chimiothérapie repose sur l’administration de médicaments cytotoxiques destinés à stopper la prolifération des cellules cancéreuses. Elle est utilisée seule ou en association avec d’autres techniques (chirurgie, radiothérapie, immunothérapie...), selon le type de cancer et son stade d’évolution. La chimiothérapie repose sur le ciblage des cellules à division rapide, une caractéristique des cellules tumorales. Toutefois, ce mécanisme n’est pas exclusif aux cellules cancéreuses : certaines cellules saines, comme celles des follicules pileux, de la moelle osseuse, de la muqueuse digestive ou du système nerveux, se renouvellent également rapidement. C’est ce manque de spécificité qui explique une grande partie des effets secondaires observés, parmi lesquels la chute des cheveux, les nausées et vomissements, la fatigue intense, les troubles digestifs, les neuropathies périphériques, les atteintes cardiovasculaires ou encore des troubles cognitifs transitoires.

La radiothérapie, quant à elle, utilise des rayonnements ionisants pour détruire les cellules tumorales en induisant des lésions de l’ADN, qui les empêchent de se diviser. Toutefois, là encore, l’action des rayonnements n’est pas limitée aux cellules cancéreuses : les tissus sains situés à proximité de la zone irradiée peuvent être affectés. Les effets indésirables dépendent de la dose délivrée, de l’organe concerné et des caractéristiques individuelles du patient. Ils peuvent se manifester rapidement, comme des réactions cutanées, une inflammation des muqueuses ou une fatigue marquée, ou apparaître plus tardivement, sous forme de fibrose ou de troubles fonctionnels. Les progrès technologiques ont permis de mieux cibler les tumeurs et de réduire l’exposition des tissus sains, mais la toxicité liée à la radiothérapie reste un enjeu central de la prise en charge oncologique.

L’huile de nigelle peut-elle atténuer les effets secondaires des traitements contre le cancer ?

Une partie de la littérature scientifique suggère que Nigella sativa, et plus particulièrement son principal composé actif, la thymoquinone, pourrait exercer un effet protecteur vis-à-vis de certains effets indésirables induits par les traitements anticancéreux, notamment ceux liés au stress oxydatif.

Ces travaux restent pour l’essentiel expérimentaux, mais ils apportent des éléments intéressants pour comprendre les mécanismes potentiels en jeu. Plusieurs études menées chez l’animal montrent ainsi que l’administration d’huile ou d’extraits de Nigella sativa peut limiter la toxicité rénale induite par certaines chimiothérapies, en particulier le cisplatine, mais aussi le méthotrexate, la doxorubicine ou le 5-fluorouracile. Ces molécules anticancéreuses sont connues pour générer une production importante d’espèces réactives de l’oxygène, responsables de dommages oxydatifs au niveau des cellules rénales.

Dans ces modèles expérimentaux, la nigelle et la thymoquinone réduisent la peroxydation lipidique, renforcent l’activité d’enzymes antioxydantes endogènes, comme la superoxyde dismutase ou la catalase, et permettent d'améliorer les marqueurs biologiques de la fonction rénale. Sur le plan histologique, une diminution des lésions tissulaires rénales est également observée lorsque l’huile de nigelle est administrée avant et après l’exposition aux agents chimiothérapeutiques.

Au-delà du rein, certains travaux suggèrent un effet hépatoprotecteur et antioxydant plus global de la nigelle. Des extraits de graines de Nigella sativa ont notamment montré une capacité à atténuer le stress oxydatif et les atteintes hépatiques induites par la doxorubicine ou par l’exposition aux rayonnements gamma. Ces résultats laissent penser que les propriétés antioxydantes de la thymoquinone pourraient contribuer, dans certains contextes expérimentaux, à protéger les tissus sains des dommages collatéraux liés aux traitements, sans interférer directement avec leur action cytotoxique sur les cellules tumorales.

On peut notamment prendre pour exemple une étude menée sur des rats. Ces derniers recevaient une dose unique de cisplatine (6 mg/kg), qui a provoqué une atteinte aiguë du rein via une production massive de radicaux libres. L’administration orale d’huile de nigelle (2 mL/kg), avant et après la chimiothérapie, a permis de limiter l’élévation des marqueurs biologiques de l’insuffisance rénale, notamment la créatinine sérique et l’urée sanguine. Sur le plan cellulaire, l’huile de nigelle a préservé l’activité d'enzymes assurant le bon fonctionnement des tubules des reins, ainsi que celles impliquées dans le métabolisme glucidique. Ces résultats biochimiques sont corroborés par l’analyse histologique, qui montre des lésions rénales sévères chez les animaux traités uniquement par cisplatine, contre des atteintes nettement atténuées dans le groupe co-traité avec l’huile de nigelle.

GroupesDébit urinaire (mL/jour)Clairance de la créatinine (mL/min/100g poids corporel)
Control100,56
Cisplatine16 (+ 60%)0,20 (– 64%)
Nigelle12 (+ 20%)0,66 (+ 18%)
Cisplatine + nigelle13 (+ 30%)0,39 (– 30%)
Effet de la nigelle avec et sans traitement par cisplatine sur les paramètres urinaires des rats.
Source : KHAN F. & al. Protective effect of Nigella sativa oil on cisplatin induced nephrotoxicity and oxidative damage in rat kidney. Biomedicine & Pharmacotherapy (2017).

L’ensemble suggère un rôle protecteur de la nigelle vis-à-vis du stress oxydatif et des dommages tissulaires rénaux induits par la chimiothérapie, dans un contexte préclinique.

Une autre étude expérimentale s’est intéressée à la capacité d’un extrait de graines de nigelle à atténuer la toxicité combinée de la doxorubicine et de la radiothérapie. Dans ce protocole, des rats recevaient soit de la doxorubicine, soit une irradiation gamma, soit les deux, sur plusieurs semaines, induisant un stress oxydatif marqué et une altération de la fonction hépatique. Ces traitements entraînaient une diminution importante des défenses antioxydantes endogènes, associée à une augmentation des marqueurs de peroxydation lipidique et à des perturbations des enzymes hépatiques. L’administration quotidienne d’un extrait de graines de nigelle (2 g/kg) par voie orale, débutée avant et poursuivie pendant les traitements anticancéreux, a permis de restaurer partiellement les paramètres antioxydants et d’améliorer les marqueurs de la fonction hépatique par rapport aux groupes exposés à la doxorubicine et/ou à l’irradiation seuls.

Les propriétés antioxydantes de la nigelle pourraient contribuer à protéger certains tissus sains des dommages oxydatifs induits par les traitements, là encore dans un cadre strictement animal.

Existe-t-il des preuves cliniques des bienfaits de l'huile de nigelle pour atténuer les effets indésirables des traitements anti-cancéreux ?

Si les données issues des modèles cellulaires et animaux suggèrent un potentiel protecteur de l'huile de nigelle face à certains effets toxiques de la chimiothérapie et de la radiothérapie, seules des études cliniques permettent d’évaluer leur pertinence en conditions réelles. À ce jour, les travaux cliniques restent peu nombreux, mais deux études méritent d'être examinées.

  • Une première étude clinique s’est intéressée à l’effet d’une supplémentation orale en Nigella sativa chez des patients atteints de cancer du poumon recevant une chimiothérapie. 21 patients ont été répartis en deux groupes : l’un recevant la chimiothérapie seule, l’autre une chimiothérapie associée à une supplémentation en Nigella sativa (2 fois 500 mg par jour pendant neuf semaines). Les chercheurs ont évalué l’évolution des taux d’interféron-γ (IFN-γ), une cytokine de la réponse immunitaire. Les résultats montrent une augmentation significativement plus importante des taux d’IFN-γ dans le groupe supplémenté avec la nigelle par rapport au groupe contrôle, suggérant une stimulation de certaines composantes de l’immunité. Ces données laissent entrevoir un certain effet immunomodulateur de la nigelle chez des patients sous chimiothérapie.

+ 37,67%

des taux d'IFN-γ dans le groupe supplémenté avec la nigelle par rapport au groupe contrôle.

  • Une seconde étude clinique s’est concentrée sur les effets cutanés indésirables de la radiothérapie, en particulier la dermatite radique aiguë, caractérisée par des rougeurs, des squames et des cloques, chez des patientes atteintes de cancer du sein. 62 patientes ont été réparties aléatoirement en deux groupes pour recevoir soit un gel contenant 5% d’extrait de Nigella sativa, soit un placebo, appliqué deux fois par jour pendant toute la durée de la radiothérapie. Les résultats montrent que les patientes traitées avec le gel à base de nigelle développaient moins fréquemment une dermatite radique aiguë. De plus, l’intensité de la douleur cutanée rapportée était plus faible dans le groupe nigelle. En revanche, aucun effet significatif n’a été observé sur la qualité de vie globale, suggérant un bénéfice ciblé mais partiel.

Fréquence d'apparition de la dermatite radique aiguë de stade 3 au cours du traitement par radiothérapie avec ou sans gel à base d'extrait de Nigella sativa.

Fréquence d'apparition de la dermatite radique aiguë de stade 3 au cours du traitement par radiothérapie avec ou sans gel à base d'extrait de Nigella sativa.

Source : MAHAM M. & al. Nigella sativa L. for prevention of acute radiation dermatitis in breast cancer: A randomized, double-blind, placebo-controlled, clinical trial. Complementary Therapies in Medicine (2019).

Les preuves cliniques disponibles suggèrent que la Nigella sativa pourrait, dans certains contextes, contribuer à atténuer certains effets secondaires des traitements anticancéreux.

Cependant, malgré ces résultats encourageants, plusieurs limites importantes doivent être soulignées. Ces études portent sur des effectifs restreints, avec des durées de suivi limitées, et utilisent des formes différentes de Nigella sativa (supplément oral, extrait topique), ce qui complique les comparaisons. De plus, ces données ne permettent pas de conclure à l’innocuité d’une utilisation systématique de la nigelle en contexte de cancer, notamment en raison des interactions potentielles avec les traitements anticancéreux, encore insuffisamment étudiées.

Ces résultats restent insuffisants pour recommander l'usage généralisé de la nigelle chez les patients atteints de cancer. Toute utilisation topique ou prise orale d'huile de nigelle pendant une chimiothérapie ou une radiothérapie doit impérativement se faire sous supervision médicale, afin d’éviter des effets indésirables ou des interactions délétères avec les traitements.

Sources

FAQ sur le potentiel protecteur de l'huile de nigelle en cas de traitement anti-cancéreux.

Peut-on utiliser de l’huile de nigelle sans en parler à son oncologue ?

Non, ce n’est pas recommandé. En contexte de cancer, même les compléments dits "naturels" peuvent interagir avec les traitements anticancéreux ou modifier leur tolérance. Toute utilisation doit être discutée avec l’équipe médicale.

L’huile de nigelle peut-elle réduire l’efficacité de la chimiothérapie ?

Il n’existe pas de preuve scientifique montrant une diminution de l’efficacité de la chimiothérapie. Toutefois, certaines propriétés antioxydantes pourraient théoriquement interférer avec les mécanismes d’action de certains traitements, ce qui justifie d'être prudent.

Existe-t-il un risque d’interaction médicamenteuse avec l’huile de nigelle ?

Oui, c’est possible. L’huile de nigelle peut influencer certaines enzymes impliquées dans le métabolisme des médicaments ou avoir des effets anticoagulants, ce qui peut poser problème chez des patients suivant plusieurs traitements.

L’huile de nigelle est-elle sûre chez les patients immunodéprimés ?

Les données scientifiques disponibles sont insuffisantes pour l’affirmer. Bien que certaines études suggèrent un effet immunomodulateur, cela ne signifie pas que l'huile de nigelle soit sans risque chez des patients dont le système immunitaire est fragilisé.

Peut-on appliquer de l’huile de nigelle sur une peau fragilisée par la radiothérapie ?

Pas sans avis médical. La peau irradiée est particulièrement sensible, et l'huile de nigelle pure a été associée à des réactions irritatives et allergiques.

L’huile de nigelle peut-elle aider à lutter contre la fatigue liée aux traitements anti-cancéreux ?

Aucune étude clinique n’a démontré un effet de l'huile de nigelle sur la fatigue induite par la chimiothérapie ou la radiothérapie.

L’huile de nigelle peut-elle remplacer une prise en charge dermatologique en cas de radiodermite ?

Non. Même si certaines études montrent un intérêt potentiel en prévention ou en accompagnement, la prise en charge d'une radiodermite repose avant tout sur des soins validés et prescrits par des professionnels de santé.

Diagnostic

Découvrez votre
type de peau.

En savoir plus