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Dangers du zinc en cosmétique.

Existe-t-il des dangers à l'utilisation du zinc en cosmétique ?

Ingrédient star des soins pour peaux à imperfections et des protections solaires minérales, le zinc est omniprésent dans nos salles de bain. Cet oligo-élément est plébiscité pour ses propriétés purifiantes, apaisantes et protectrices, mais, selon sa forme, il soulève aussi parfois des inquiétudes. Entre les débats sur les nanoparticules et les risques de toxicité par inhalation, il est facile de s'y perdre. L'utilisation du zinc en cosmétique présente-t-elle des dangers pour notre santé ? Analysons cela ensemble.

Publié le 28 novembre 2022, mis à jour le 17 avril 2026, par Maylis, Ingénieure chimiste — 11 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • Le zinc n'est pas un actif unique. Ses propriétés et ses dangers changent selon sa forme (oxyde de zinc, zinc PCA, gluconate de zinc...).

  • L'oxyde de zinc sous forme de nanoparticules est scruté en raison de sa capacité potentielle à pénétrer dans la peau et de ses effets génotoxiques suspectés.

  • L'inhalation d'oxyde de zinc est dangereuse. C'est pourquoi cet actif est interdit dans tous les produits en spray ou poudres libres en Europe.

  • Le zinc PCA et le gluconate de zinc sont quant à eux sûrs et non irritants, et peuvent être utilisés par les peaux sensibles, les femmes enceintes ou encore les enfants.

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Quelles sont les différentes formes de zinc utilisées en cosmétique ?

Le zinc est un oligo-élément essentiel à la vie et naturellement présent dans notre organisme. En cosmétique, il est devenu un ingrédient incontournable grâce à sa polyvalence. Cependant, il ne s'utilise jamais seul sous sa forme métallique : il est systématiquement associé à d'autres molécules pour créer des composés spécifiques. Selon la substance à laquelle il est marié, ses propriétés changent radicalement. Le zinc peut ainsi passer d'un rôle de bouclier contre le soleil à celui de régulateur de sébum ou d'agent apaisant pour les peaux irritées.

Forme de zincPrincipales propriétés cosmétiquesUtilisation
Oxyde de zincFiltre UV minéral, protecteur et apaisantCrèmes solaires, soins pour bébés (érythème fessier)
Zinc PCASébo-régulateur et antimicrobienSoins pour peaux grasses et à tendance acnéique
Gluconate de zincAnti-inflammatoire, antioxydant et cicatrisantSérums anti-imperfections
Sulfate de zincAntibactérien, antifongiqueLotions toniques
Pyrithione de zinc (interdit en Europe)AntipelliculaireShampooings anti-pelliculaires

L'oxyde de zinc, une forme de zinc particulièrement scrutée.

L'oxyde de zinc est un composé minéral dont la sécurité d'utilisation est liée à sa granulométrie.

D'un côté, il existe les microparticules d'oxyde de zinc, souvent appelées "non-nano". D'une taille de l'ordre du micromètre, elles sont trop volumineuses pour franchir la barrière cutanée. Elles restent à la surface de l'épiderme, créant un bouclier physique qui réfléchit les rayons UV. Leur principal défaut est esthétique : elles laissent un film blanc opaque, ce qui limite leur acceptabilité cosmétique.

De l'autre côté, les nanoparticules d'oxyde de zinc, ayant une taille inférieure à 100 nanomètres, ont révolutionné les soins solaires minéraux. Leur petite taille permet de rendre les formules transparentes et beaucoup plus fluides. Cependant, cela soulève aussi des questions toxicologiques, certains craignant que des particules aussi fines puissent traverser la barrière cutanée et rejoindre la circulation sanguine.

Selon un rapport de l’ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, si l’efficacité de la barrière cutanée est réelle, elle n'est pas absolue. Différentes études ont révélé que le passage de nanoparticules à travers les couches de l'épiderme est possible, particulièrement lorsque la peau est lésée (irritations, micro-coupures, coups de soleil), mais parfois aussi sur une peau intacte.

L’emploi répété de ces produits augmente le temps de contact direct avec les premières couches cutanées, rendant l'évaluation de cette pénétration complexe. Certains travaux soulignent que de nombreux paramètres intrinsèques aux nanoparticules, tels que leur forme, leur tendance à s'agglomérer ou leur charge électrique de surface, influencent leur capacité à s'infiltrer plus ou moins profondément. Cette incertitude scientifique sur la profondeur de pénétration des nanoparticules renforce la nécessité d'être vigilant.

Pour évaluer la dangerosité potentielle des nanoparticules de ZnO, des chercheurs ont mené des expériences poussées, notamment sur des cellules gliales humaines, c'est-à-dire des cellules de soutien du système nerveux, et sur des embryons de poissons-zèbres, un modèle fréquemment employé en biologie. L'étude montre d'abord que les nanoparticules de ZnO possèdent une capacité d'absorption cellulaire significative. En utilisant la cytométrie en flux, les scientifiques ont observé que l'entrée des particules dans les cellules gliales est "dose-dépendante" : plus la concentration est forte et le temps d'exposition long, évalué jusqu'à 48h dans l'étude, plus les particules s'accumulent à l'intérieur des cellules. En revanche, le sulfate de zinc, une forme non-nanométrique, n'a montré aucune internalisation de ce type, prouvant que c'est bien la structure "nano" qui facilite l'intrusion cellulaire.

Résultats du test de viabilité évalué par cytométrie en flux dans les cellules gliales traitées avec des nanoparticules d'oxyde de zinc (a) ou du sulfate de zinc (b).

Résultats du test de viabilité évalué par cytométrie en flux dans les cellules gliales traitées avec des nanoparticules d'oxyde de zinc (a) ou du sulfate de zinc (b).

Source : VALDIGLESIAS V. & al. Toxicity of zinc oxide nanoparticles: Cellular and behavioural effects. Chemosphere (2024).

Une fois à l'intérieur de la cellule, les effets sur la viabilité et la génétique se sont révélés préoccupants. À partir d'une concentration de 10 à 25 µg/mL, on observe une chute brutale de la survie des cellules. Par ailleurs, les nanoparticules de zinc ont endommagé l'ADN, mettant en évidence leur génotoxicité. Les chercheurs suggèrent que cette toxicité provient de la libération d'ions zinc Zn2+ une fois que la particule a été absorbée. Ces ions perturbent l'homéostasie cellulaire et génèrent un stress oxydatif qui "casse" les brins d'ADN.

Enfin, l'expérience in vivo sur des embryons de poissons-zèbres apporte une autre dimension de danger à l'oxyde de zinc. Bien qu'aucune malformation physique visible n'ait été détectée, l'exposition au ZnO a provoqué une réduction drastique et progressive de la locomotion totale. Les embryons exposés nageaient significativement moins que les autres. Cela suggère que les nanoparticules de zinc, ou les ions qu'elles libèrent, pourraient altérer la machinerie moléculaire du système nerveux, mimant ainsi certains symptômes de maladies neurodégénératives. Ces résultats sont bien sûr à considérer avec précaution, dans la mesure où ils n'ont pas été obtenus chez l'humain, mais restent néanmoins préoccupants.

Face à ces soupçons de toxicité de l'oxyde de zinc, l'Union Européenne a instauré des garde-fous stricts pour protéger les consommateurs.

Depuis février 2018, le règlement européen interdit formellement l'utilisation de l'oxyde de zinc, qu'il soit nano ou non, dans toutes les formules pouvant être inhalées, telles que les sprays, les aérosols ou les poudres volatiles. En effet, si la peau saine constitue encore une barrière relative, les muqueuses pulmonaires sont extrêmement vulnérables : l'inhalation de zinc peut provoquer des inflammations pulmonaires sévères et une toxicité systémique immédiate.

Par ailleurs, son usage en tant que filtre UV est plafonné à 25% de la formule totale. Lorsqu'il est utilisé comme colorant (sous le code CI 77947), son taux est encore plus restreint : il ne doit pas dépasser 5% dans les lotions pour le corps pour limiter l'exposition chronique. Enfin, son application est déconseillée sur les zones où la barrière cutanée est fragilisée, comme les muqueuses ou en présence de plaie, afin d'éviter toute absorption non désirée.

Chez Typology, par principe de précaution, nous excluons les nanoparticules de nos produits.

Les autres formes de zinc sont-elles dangereuses ?

Contrairement à l'oxyde de zinc, les autres formes de zinc utilisées en cosmétique, telles que le zinc PCA ou le gluconate de zinc, ne font l'objet d'aucune controverse scientifique majeure.

Ces formes de zinc sont très bien tolérées en application topique, même sur les peaux les plus sensibles. Contrairement aux rétinoïdes ou à certains acides de fruits qui peuvent provoquer des rougeurs, des desquamations ou des sensations de brûlure lors des premières utilisations, ces formes de zinc n'entraînent pas d'irritations. Elles peuvent donc être utilisées par un panel très large. Les produits formulés à base de zinc PCA ou de gluconate de zinc peuvent ainsi être intégrés sans crainte dans la routine de soin des femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que dans celle des enfants.

Sources

FAQ sur les dangers du zinc.

Comment savoir si mon produit contient du zinc sous forme de nanoparticules ?

La réglementation européenne impose aux fabricants d'ajouter la mention [nano] juste après le nom de l'ingrédient dans la liste INCI (exemple : "Zinc Oxide [nano]"). Si cette mention n'apparaît pas, il s'agit de microparticules classiques.

Le zinc peut-il être irritant pour la peau ?

En règle générale, non. Contrairement à des actifs comme le rétinol, les dérivés de zinc, comme le zinc PCA et le gluconate de zinc, sont très bien tolérés et possèdent même des vertus apaisantes, ce qui les rend intéressants pour les peaux sensibles.

Pourquoi l'oxyde de zinc est-il interdit dans les sprays ?

L'inhalation de particules de zinc peut provoquer une inflammation sévère des voies respiratoires et des dommages pulmonaires. Pour prévenir tout risque de toxicité par les voies aériennes, l'Europe interdit cette forme dans les aérosols et les sprays.

Est-il sûr d'utiliser une crème solaire minérale avec de l'oxyde de zinc ?

Oui, tant qu'il ne s'agit pas d'un spray ou d'une poudre libre. L'oxyde de zinc est l'un des filtres UV les plus efficaces et les plus stables, particulièrement recommandé pour les peaux réactives sous sa forme non-nano.

Les femmes enceintes peuvent-elles utiliser des soins au zinc ?

Absolument. Les formes comme le zinc PCA ou le gluconate de zinc ne présentent aucun danger pour la femme enceinte ou le fœtus et constituent une excellente alternative pour cibler l'acné hormonale durant la grossesse.

Le zinc peut-il être utilisé sur les enfants ?

Oui, on le retrouve d'ailleurs fréquemment dans les produits destinés à apaiser l'érythème fessier des bébés.

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