L'oxyde de zinc est un composé minéral dont la sécurité d'utilisation est liée à sa granulométrie.
D'un côté, il existe les microparticules d'oxyde de zinc, souvent appelées "non-nano". D'une taille de l'ordre du micromètre, elles sont trop volumineuses pour franchir la barrière cutanée. Elles restent à la surface de l'épiderme, créant un bouclier physique qui réfléchit les rayons UV. Leur principal défaut est esthétique : elles laissent un film blanc opaque, ce qui limite leur acceptabilité cosmétique.
De l'autre côté, les nanoparticules d'oxyde de zinc, ayant une taille inférieure à 100 nanomètres, ont révolutionné les soins solaires minéraux. Leur petite taille permet de rendre les formules transparentes et beaucoup plus fluides. Cependant, cela soulève aussi des questions toxicologiques, certains craignant que des particules aussi fines puissent traverser la barrière cutanée et rejoindre la circulation sanguine.
Selon un rapport de l’ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, si l’efficacité de la barrière cutanée est réelle, elle n'est pas absolue. Différentes études ont révélé que le passage de nanoparticules à travers les couches de l'épiderme est possible, particulièrement lorsque la peau est lésée (irritations, micro-coupures, coups de soleil), mais parfois aussi sur une peau intacte.
L’emploi répété de ces produits augmente le temps de contact direct avec les premières couches cutanées, rendant l'évaluation de cette pénétration complexe. Certains travaux soulignent que de nombreux paramètres intrinsèques aux nanoparticules, tels que leur forme, leur tendance à s'agglomérer ou leur charge électrique de surface, influencent leur capacité à s'infiltrer plus ou moins profondément. Cette incertitude scientifique sur la profondeur de pénétration des nanoparticules renforce la nécessité d'être vigilant.
Pour évaluer la dangerosité potentielle des nanoparticules de ZnO, des chercheurs ont mené des expériences poussées, notamment sur des cellules gliales humaines, c'est-à-dire des cellules de soutien du système nerveux, et sur des embryons de poissons-zèbres, un modèle fréquemment employé en biologie. L'étude montre d'abord que les nanoparticules de ZnO possèdent une capacité d'absorption cellulaire significative. En utilisant la cytométrie en flux, les scientifiques ont observé que l'entrée des particules dans les cellules gliales est "dose-dépendante" : plus la concentration est forte et le temps d'exposition long, évalué jusqu'à 48h dans l'étude, plus les particules s'accumulent à l'intérieur des cellules. En revanche, le sulfate de zinc, une forme non-nanométrique, n'a montré aucune internalisation de ce type, prouvant que c'est bien la structure "nano" qui facilite l'intrusion cellulaire.