Si l’on entend souvent dire que le calcaire abîme les cheveux, les mécanismes en jeu méritent d’être précisés. Lors du lavage, les ions calcium et magnésium présents dans l’eau dure peuvent interagir avec les tensioactifs des shampooings et se déposer progressivement à la surface de la fibre capillaire. Ces résidus minéraux modifient alors la charge électrique du cheveu, altèrent sa surface et peuvent perturber la cohésion des écailles de la cuticule. À long terme, cette accumulation est susceptible d’augmenter la rugosité et de diminuer la brillance, d’où l’idée répandue selon laquelle l’eau calcaire rend les cheveux secs.
Pour mieux comprendre l’impact concret de l’eau dure sur les fibres capillaires, une étude expérimentale a comparé des mèches de cheveux lavées pendant 30 jours soit à l’eau dure, soit à l’eau distillée. Quinze volontaires ont fourni des cheveux divisés en deux lots : l’un exposé à une eau contenant 212,5 ppm de CaCO₃, l’autre à une eau faiblement minéralisée (10 ppm).
Les analyses au microscope électronique à balayage ont montré que les cheveux lavés à l’eau dure présentaient une surface plus irrégulière, à l’aspect "rugueux", avec des dépôts minéraux nettement plus élevés.
La teneur moyenne en calcium atteignait 0,804% dans les cheveux exposés à l’eau dure contre 0,26% avec l’eau distillée, tandis que la concentration en magnésium était de 0,34% contre 0,078%. Fait notable, l’épaisseur moyenne des fibres traitées à l’eau dure était plus faible que celle des cheveux lavés à l’eau distillée, suggérant une possible altération structurale.