À l’instar des cheveux ou de la barbe, les sourcils nécessitent un entretien régulier pour conserver un aspect homogène et soigné. Au-delà de l’épilation ou du brossage quotidien, certaines personnes choisissent d’appliquer une huile végétale afin de gainer les poils et d’améliorer visuellement l'apparence de leurs sourcils. L’huile de nigelle, extraite des graines de Nigella sativa, est parfois utilisée à cette fin en raison de sa richesse lipidique et de ses propriétés biologiques. En pratique, elle s’applique à l’aide d’un goupillon propre, généralement le soir, en très petite quantité afin d’éviter d’alourdir les sourcils, l’huile de nigelle restant relativement grasse par nature.
L’huile de nigelle peut adoucir et nourrir les sourcils.
L’huile de nigelle présente avant tout un intérêt cosmétique par sa capacité à adoucir et gainer les poils des sourcils. Sa texture enveloppante est liée à sa richesse en acides gras, majoritairement insaturés, qui forment un film lipidique à la surface du poil. Ce film contribue à réduire la sensation de sécheresse et à protéger les sourcils des agressions extérieures quotidiennes, comme le frottement, le maquillage ou le démaquillage répété.
L’huile de nigelle contient également une fraction d’acides gras saturés, notamment de l’acide palmitique, dont la structure est proche de certains lipides naturellement présents dans la cuticule du poil. Par analogie avec ce qui a été décrit pour d’autres huiles végétales, ces lipides pourraient s’intégrer partiellement à la surface du poil et améliorer la cohésion de la cuticule. Une cuticule plus homogène limite la porosité du poil et contribue à une meilleure protection du cortex, la zone centrale riche en kératine qui confère résistance et souplesse aux poils. Bien que ces mécanismes restent encore à prouver au cours d'études scientifiques dédiées, ils pourraient expliquer pourquoi l'huile de nigelle peut améliorer l'aspect des sourcils rêches ou fragilisés.
L'huile de nigelle peut-elle favoriser la pousse des sourcils ?
L’huile de nigelle est parfois associée à un effet positif sur la pousse des cheveux, qui peut amener à extrapoler son utilisation aux sourcils. En effet, ses propriétés antioxydantes pourraient contribuer à protéger le follicule pileux du stress oxydatif, un facteur reconnu dans l’affaiblissement progressif du bulbe et dans certaines formes de chute de cheveux. Par ailleurs, la thymoquinone, l’un des principaux composés bioactifs de la nigelle, possède des propriétés anti-inflammatoires susceptibles d’influencer la dynamique folliculaire. Des travaux expérimentaux suggèrent qu’elle pourrait inhiber l’expression de la cyclo-oxygénase-2 (COX-2) et réduire la synthèse de la prostaglandine D2 (PGD2), une molécule retrouvée en concentrations élevées dans les zones atteintes de calvitie. La PGD2, via son récepteur GPR44, est impliquée dans la miniaturisation des follicules, un processus qui conduit à la production de poils de plus en plus fins. En modulant cette voie, la nigelle pourrait théoriquement limiter certains mécanismes associés à la chute des poils.
Ces hypothèses sont partiellement étayées par une étude clinique menée chez vingt patients atteints d’effluvium télogène, une chute de cheveux diffuse liée à un passage prématuré des follicules en phase télogène. Après trois mois d’application quotidienne d’une lotion contenant 0,5% d’huile de nigelle, les participants ont présenté une augmentation significative de la densité et de l’épaisseur des cheveux par rapport au groupe témoin, utilisant la même lotion mais sans huile de nigelle.