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Effet cicatrisant de l'huile de coco.

Huile de coco pour les plaies : favorise-t-elle la cicatrisation ?

L'huile de coco est l'un des remèdes maison les plus recommandés pour soigner les plaies superficielles. S’agit-il d’un simple effet hydratant ou d’un réel soutien aux processus de réparation cutanée ? Examinons les données expérimentales et cliniques.

Publié le 20 février 2026, mis à jour le 20 février 2026, par Andjela, Ingénieure chimiste — 8 min de lecture

Quels sont les effets de l'huile de coco en matière de cicatrisation ?

L’huile de coco contient plusieurs composés susceptibles, en théorie, de soutenir les différentes phases de la cicatrisation. L’acide laurique, l’un de ses principaux acides gras, possède une activité antimicrobienne démontrée contre certaines bactéries, notamment Staphylococcus aureus, fréquemment impliquée dans les infections cutanées. Cette propriété est particulièrement pertinente dans le contexte des plaies, où une contamination bactérienne peut retarder la réparation tissulaire et prolonger l’inflammation locale.

Au-delà de son effet antimicrobien, l’huile de coco semble agir sur plusieurs mécanismes biologiques clés de la cicatrisation. Des travaux expérimentaux suggèrent qu’elle pourrait favoriser une fermeture plus rapide des plaies en stimulant la prolifération des fibroblastes, la synthèse et la réorganisation du collagène, ainsi que la néovascularisation — des processus essentiels à la reconstruction dermique. Son activité anti-inflammatoire contribuerait également à moduler la phase inflammatoire initiale, tandis que ses propriétés antioxydantes, associées à une augmentation de l’activité d’enzymes antioxydantes et à une réduction de la peroxydation lipidique, pourraient limiter le stress oxydatif au sein du tissu lésé. Ce contrôle de l’environnement oxydatif est important, car un excès de radicaux libres peut altérer les cellules impliquées dans la réparation.

Enfin, la composition lipidique de l’huile de coco, riche en triglycérides à chaîne moyenne, participe au maintien d’un milieu humide favorable à la cicatrisation. En formant un film occlusif modéré, elle limite la perte hydrique transépidermique et soutient la restauration de la barrière cutanée. Cette action peut également contribuer à assouplir les croûtes et à réduire les fissurations superficielles susceptibles de perturber la réparation.

L’ensemble de ces mécanismes — antimicrobiens, anti-inflammatoires, antioxydants et structuraux — suggère que l'huile de coco pourrait être intéressante pour soutenir la cicatrisation.

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Existe-t-il des preuves cliniques de l'action cicatrisante de l'huile de coco ?

Les données scientifiques disponibles sur l’huile de coco et la cicatrisation restent encore limitées, mais certaines études expérimentales et cliniques préliminaires suggèrent un effet potentiel intéressant. La majorité des travaux portent toutefois sur des modèles animaux ou sur de petits effectifs humains, ce qui impose une interprétation prudente des résultats.

Une étude expérimentale publiée en 2018 par DAS et son équipe a évalué l’effet de l’application topique d’huile de coco vierge sur la cicatrisation de plaies chez des rats rendus diabétiques, un modèle utilisé pour reproduire les ulcères chroniques associés au diabète. 72 animaux ont été répartis en quatre groupes : non diabétiques non traités, diabétiques non traités, diabétiques traités par huile de coco et diabétiques traités par crème à la sulfadiazine d’argent. Après induction de plaies standardisées, les chercheurs ont suivi le taux de fermeture sur 14 jours et réalisé des analyses histologiques.

Les résultats ont montré que l'huile de coco augmentait significativement le taux de fermeture des plaies à tous les temps de mesure par rapport aux animaux diabétiques non traités.

L’analyse histologique a mis en évidence une réépithélialisation plus rapide et une augmentation du contenu en collagène. La teneur totale en protéines du tissu cicatriciel était également plus élevée dans le groupe "huile de coco", suggérant un soutien accru à la reconstruction tissulaire. En revanche, les effets sur l’activité de la superoxyde dismutase, un marqueur enzymatique antioxydant, étaient jugés non significatifs. Les auteurs concluent que l'huile de coco pourrait favoriser la cicatrisation des plaies diabétiques en stimulant principalement les mécanismes structuraux de réparation.

Teneur totale en protéines dans le tissu de la plaie de tous les groupes aux jours 1 (A), 7 (B) et 14 (C). NN : groupe non traité non diabétique ; DN : groupe diabétique non traité ; VCO : groupe diabétique traité à l’huile de coco ; SS : groupe diabétique traité à la crème sulfadiazine argent.

Teneur totale en protéines dans le tissu de la plaie de tous les groupes aux jours 1 (A), 7 (B) et 14 (C). NN : groupe non traité non diabétique ; DN : groupe diabétique non traité ; VCO : groupe diabétique traité à l’huile de coco ; SS : groupe diabétique traité à la crème sulfadiazine argent.

Source : DAS S. & al. Virgin coconut oil and diabetic wound healing: Histopathological and biochemical analysis. European Journal of Anatomy (2018).

Des données humaines existent également, bien que plus limitées. Une étude publiée en 2017 a examiné l’utilisation de l'huile de coco sur des plaies chirurgicales consécutives à une palatoplastie, une intervention chirurgicale qui corrige les anomalies du palais. Six patients ont reçu une application locale d'huile de coco après la fermeture de la plaie. Les auteurs rapportent une cicatrisation accélérée, une augmentation du nombre de fibroblastes observés au niveau de la plaie et une diminution des douleurs rapportées par les patients. Toutefois, la taille très réduite de l’échantillon et l’absence de groupe contrôle limitent fortement la portée des conclusions.

Dans l’ensemble, ces travaux suggèrent un effet biologique plausible de l’huile de coco sur certains paramètres de la cicatrisation, même si davantage de travaux cliniques sont encore nécessaires.

Peut-on utiliser l’huile de coco sur des plaies ouvertes ?

Si l’huile de coco peut contribuer à maintenir un environnement humide favorable aux plaies mineures et offrir une certaine protection antimicrobienne, elle ne constitue pas une solution adaptée à tous les types de lésions. Ses propriétés émollientes et antibactériennes peuvent être pertinentes pour des éraflures ou coupures superficielles, mais les plaies plus profondes, étendues ou chirurgicales nécessitent une prise en charge plus rigoureuse, incluant une désinfection stricte, des pansements stériles et, si nécessaire, des traitements prescrits par un professionnel de santé.

Par ailleurs, l’application d’huile de coco pure directement sur une plaie ouverte, sans désinfection préalable ni encadrement médical, est déconseillée. En formant un film occlusif, elle pourrait piéger des bactéries déjà présentes et retarder la cicatrisation en cas de contamination. Toute plaie présentant des signes d’infection — rougeur étendue, douleur croissante, écoulement purulent ou fièvre — doit faire l’objet d’une évaluation médicale. Dans ces situations, l’huile de coco peut éventuellement être utilisée en complément des soins adaptés, mais ne doit en aucun cas se substituer aux traitements médicaux validés.

Sources

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