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Les bienfaits de l’arrêt du tabac sur la peau

Le tabac est connu pour apporter des effets indésirables sur la peau. Contenant des substances toxiques pour l’organisme, il est même responsable du vieillissement cutané. On peut donc supposer que l’arrêt du tabac apportera alors de nombreux bienfaits à la peau. Découvrons ensemble les raisons pour lesquelles arrêter de fumer est essentiel dans cet article.

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Publié le 29 avril 2024, mis à jour le 7 mai 2024, par Kahina, Rédactrice Scientifique — 7 min de lecture
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Bienfait n°1 : L'arrêt du tabac améliore le teint.

Kohei TAKAHASHI et son équipe ont voulu évaluer objectivement l’effet de l'arrêt du tabagisme sur l’apparence de la peau, et particulièrement sur le teint. La teneur en protéines carbonylées dans la couche cornée, en mélanine, en hémoglobine et la couleur de peau de la joue et de la main chez 84 personnes âgées de 24 à 77 ans ont été mesurées. Les changements, avant et pendant le traitement de désaccoutumance au tabac à 0, 2, 4, 8, et 12 semaines ont été comparés et examinés.

La carbonylation des protéines est induite par un stress oxydatif, et constituerait l'un des facteurs qui altèrent la structure de la kératine et diminuent la transmission de la lumière de la couche cornée, ce qui modifie l'apparence de la peau.

Une tendance à la baisse des protéines carbonylées, tant au niveau de la joue que de la main, a été constatée pour chaque période de traitement. Cependant, la différence n'était pas statistiquement significative. Néanmoins, la clarté cutanée a augmenté de manière significative et les rougeurs cutanées ont diminué sur la main 4 à 12 semaines après le début du traitement. De plus, ils ne constatent aucune tendance claire en ce qui concerne la mélanine. Une tendance à la baisse a été observée pour l'hémoglobine totale (oxyhémoglobine et désoxyhémoglobine) entre 2 et 4 semaines après le début du traitement.

Quel sont les mécanismes impliqués ?

Dans cette étude, aucune différence significative concernant les protéines carbonylées n'a été observée, ni pour la mélanine. La restauration du teint après arrêt du tabagisme serait donc liée à l'hémoglobine, protéine responsable du transport de l'oxygène dans le sang. Des études ont prouvé que la quantité d'hémoglobine augmente dans le sang des fumeurs. Lorsque le niveau d'hémoglobine est élevé, le sang peut devenir plus visqueux, ce qui rend plus difficile la circulation efficace des globules rouges à travers les vaisseaux sanguins.

Cela peut entraîner une diminution du flux sanguin vers les tissus, et donc une mauvaise oxygénation qui peut compromettre le renouvellement cellulaire, et l'accumulation de cellules mortes peut provoquer un teint terne. Ainsi, on suppose que l'arrêt du tabagisme est capable de restaurer l'état du teint par réduction des taux d'hémoglobine dans le sang, et ce dès deux semaines de sevrage tabagique.

Plus d'études sont nécessaires pour explorer en détail les mécanismes associés.

Bienfait n°2 : L'arrêt du tabac pourrait restaurer l'élasticité de la peau.

Finn GOTTRUP et ses collègues ont mesuré l'effet de l'arrêt du tabagisme sur la cicatrisation épidermique d'une plaie et la collagénase, soit l'enzyme qui dégrade le collagène. Pour ce faire, des prélèvements de liquides cutanés ont été réalisés chez 48 fumeurs (âgés de 33 ans, fumant 20 paquets par jour) et 30 personnes n'ayant jamais fumé, et l'épiderme a été excisé. La perte d'eau transépidermique (TEWL) a été mesurée après deux, quatre et sept jours, qui augmente lors d'une blessure, et diminue lors de la cicatrisation. Ensuite, les fumeurs ont été répartis au hasard entre un tabagisme continu ou un sevrage avec un patch à la nicotine. La séquence a été répétée après 4, 8 et 12 semaines, et les niveaux de métalloprotéinase matricielle MMP-8 et MMP-1, et de neutrophiles dans le liquide ont été évalués par un test immuno-enzymatique.

Une semaine après la blessure, le TEWL n'a pas montré de différence significative entre les fumeurs et les abstinents, respectivement 17,20 g/cm2 heure et 18,95 g/cm2 heure. Cependant, les personnes n'ayant jamais fumé ont montré un TEWL de 13, 89 g/cm2 heure. Par conséquent, l'évolution de la guérison des fumeurs abstinents était similaire à celle des fumeurs et significativement plus lente que celle des personnes n'ayant jamais fumé.

Cependant, chez les fumeurs, le taux de MMP-8 était de 36,4 ng/mL et de 15,2 ng/mL chez les personnes n'ayant jamais fumé. Le niveau de MMP-8 des fumeurs abstinents était de 21,2 ng/mL, après quatre semaines d'arrêt. Le niveau des fumeurs abstinents en MMP-8 était donc presque deux fois moins élevé que celui des fumeurs et n'était pas significativement différent de celui des personnes n'ayant jamais fumé. La MMP-1 n'était pas affectée par le tabagisme et l'abstention. Après l'abstinence, le nombre de neutrophiles dans le sang a diminué de manière significative pour atteindre le niveau des personnes n'ayant jamais fumé. La corrélation entre la MMP-8 et la numération des neutrophiles est significative. En effet, les neutrophiles produisent la MMP-8.

Quels sont les mécanismes impliqués ?

Ces résultats suggèrent une altération durable de la cicatrisation chez les fumeurs, mais une réversibilité potentielle de la dégradation de la matrice extracellulaire quatre semaines après l'arrêt du tabac. En effet, la MMP-8 est une collagénase qui limite la vitesse de dégradation du collagène fibrillaire I et III et qui est principalement libérée par les neutrophiles polymorphonucléaires. En outre, elle est exprimée par les kératinocytes épidermiques pendant la cicatrisation. Le collagène de type I est abondant dans la peau et le tissu cicatriciel.

En tant qu'enzyme de dégradation du collagène I, la MMP-8 peut donc être impliquée dans le mécanisme de rupture des tissus tel qu'il est observé chez les fumeurs. On peut supposer que l'arrêt du tabac entraîne une baisse de la dégradation du collagène, et donc une certaine restauration de l'élasticité cutanée par réduction taux de neutrophiles et par conséquent de la MMP-8, mais que les effets sur la cicatrisation peuvent être permanents.

Encore une fois, des études complémentaires peuvent éclaircir ces résultats.

Sources

  • GOTTRUP F. & al. Effect of smoking, abstention, and nicotine patch on epidermal healing and collagenase in skin transudate. Wound Repair and Regeneration (2009).

  • CHIN H.W. & al. Changes in skin color after smoking cessation. Korean Journal of Family Medicine (2012).

  • TAKAHASHI K. & al. Improvement in skin color achieved by smoking cessation. International Journal of Cosmetic Science (2012).

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