Le baobab est un arbre emblématique d'Afrique, qui produit une huile connue pour ses vertus nourrissantes pour la peau. Elle est parfois aussi évoquée pour éclairer le teint. Mythe ou réalité ? Apprenez-en plus en poursuivant votre lecture.

Le baobab est un arbre emblématique d'Afrique, qui produit une huile connue pour ses vertus nourrissantes pour la peau. Elle est parfois aussi évoquée pour éclairer le teint. Mythe ou réalité ? Apprenez-en plus en poursuivant votre lecture.
L’huile végétale de baobab est un ingrédient naturel qui est utilisé pour ses propriétés cosmétiques et médicinales depuis plusieurs siècles. On la retrouve dans la liste INCI de différents soins destinés à la peau ou aux cheveux sous le nom Adansonia Digitata Seed Oil et possède de nombreuses vertus : hydratante, nourrissante, antioxydante, anti-inflammatoires... On prête aussi à l'huile de baobab également une action éclaircissante sur la peau. Plusieurs travaux se sont intéressés à cette potentielle capacité d’Adansonia Digitata. Parmi eux, on peut citer deux études principales.
Une première étude s’est intéressée à l’activité anti-tyrosinase de différents extraits végétaux issus de plantes cultivées au Sénégal, dont Adansonia digitata. L’objectif était d’évaluer, in vitro, la capacité de ces extraits à inhiber la tyrosinase fongique, un modèle couramment utilisé pour cribler des composés susceptibles d’interférer avec la mélanogenèse. Les auteurs ont testé quinze extraits obtenus à partir de différentes parties des plantes (épicarpe ou pulpe et graines pour le baobab), en utilisant plusieurs solvants d’extraction (méthanol et 2-propanol), afin de comparer leur efficacité. Cela permet de mettre en évidence le rôle des métabolites secondaires des plantes, comme les flavonoïdes et les tanins, connus pour interagir avec la tyrosinase.
Les résultats montrent que les extraits de baobab à 5% présentent une activité inhibitrice de la tyrosinase, avec une efficacité variable selon la partie de la plante utilisée et selon le solvant d’extraction.
| Partie de la plante extraite | Solvant utilisé | Inhibition de la tyrosinase (%) |
|---|---|---|
| Épicarpe | 2-propanol | 77% |
| Épicarpe | Éthanol | 88,5% |
| Pulpe et graines | 2-propanol | 91,2% |
| Pulpe et graines | Éthanol | 74,2% |
Les auteurs soulignent que le choix du solvant influence fortement la nature et la quantité des composés bioactifs extraits, et donc l’intensité de l’inhibition enzymatique observée. Ces données confirment que le baobab renferme des composés capables d’interagir avec la tyrosinase sur le plan biochimique. Toutefois, cette étude reste limitée à un modèle enzymatique in vitro. Elle suggère donc un effet éclaircissant théorique de l'huile de baobab, mais ne permet pas de le prouver.
Une autre étude s’est intéressée au potentiel dépigmentant de plusieurs extraits et huiles végétales, dont l’huile issue des graines de baobab, afin de rechercher des alternatives végétales aux actifs dépigmentants classiques. Les auteurs ont utilisé un modèle de peau humaine pigmentée reconstruite, qui reproduit les interactions entre les kératinocytes et les mélanocytes. Ce modèle permet d’évaluer non seulement l’inhibition de la tyrosinase, l'enzyme clé de la mélanogenèse, mais aussi l’effet global sur la production de mélanine. Les résultats montrent que l’huile de graines de baobab (8 µL) appliquée pendant six jours entraîne une diminution de la production de mélanine d’environ 20,6%, une valeur comparable à celle obtenue avec 1 g/L d’acide kojique (24,58%), utilisé ici comme référence.
de diminution de la production de mélanine après utilisation pendant 6 jours de 8 µL d'huile de baobab.
de diminution de la production de mélanine après utilisation pendant 6 jours de 1 g/L d'acide kojique.
Les auteurs attribuent cet effet à la richesse de l’huile de baobab en acides gras insaturés, notamment l’acide oléique et l’acide linoléique.
Ces lipides sont en effet décrits comme capables d’interférer avec la mélanogenèse par différents mécanismes, en inhibant l'activité de la tyrosinase et en perturbant le transfert des mélanosomes vers les kératinocytes. Néanmoins, il convient de souligner que ces résultats ont été obtenus in vitro, sur un modèle de peau reconstruite. Ainsi, si cette étude suggère un potentiel éclaircissant de l’huile de baobab sur le plan mécanistique, elle ne permet pas de conclure fermement à un effet éclaircissant lorsque l'huile est appliquée sur la peau.
Ces études suggèrent que certains extraits et huiles issus du baobab possèdent un potentiel inhibiteur de la mélanogenèse in vitro, notamment via une interaction avec la tyrosinase, mais ces résultats restent expérimentaux et ne permettent pas, à ce stade, de conclure à un effet éclaircissant lors d’une application cosmétique.
STUCKI A. & al. Three major tree nut oils of southern central Africa: Their uses and future as commercial base oils. The International Journal of Aromatherapy (2005).
LTEIF R. & al. Phytochemicals screening and anti-tyrosinase activity of Senegalese herbal extracts. International Journal of Innovative Research in Science, Engineering and Technology (2016).
VILJOEN A. & al. Beauty in baobab: A pilot study of the safety and efficacy of Adansonia digitata seed oil. Brazilian Journal of Pharmacognosy (2016).
ANDERSEN F. & al. Safety assessment of plant-derived fatty acid oils. International Journal of Toxicology (2017).
LTEIF R. & al. Skin lightening effect of natural extracts coming from Senegal botanical biodiversity. International Journal of Dermatology (2019).
BASIRAT A. & al. African oils in dermatology. Dermatologic Therapy (2021).