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Propriétés apaisantes de l'huile de coco.

L'huile de coco pour apaiser les démangeaisons du cuir chevelu et de la peau ?

Utilisée depuis des siècles dans différentes traditions, l’huile de coco est souvent présentée comme un ingrédient apaisant pour la peau et le cuir chevelu. Riche en acides gras, elle est aujourd’hui largement intégrée dans les routines de soin domestiques comme dans de nombreux produits cosmétiques. Mais face aux démangeaisons, aux irritations ou aux inconforts cutanés, peut-elle réellement apporter un soulagement mesurable ? Et surtout, quels sont les mécanismes biologiques envisagés et les données scientifiques disponibles pour étayer ces usages ? Apprenez-en plus ici.

Publié le 23 janvier 2026, mis à jour le 23 janvier 2026, par Andjela, Ingénieure chimiste — 10 min de lecture

Pourquoi utiliser l’huile de coco sur le cuir chevelu et la peau ?

L’huile de coco ne se limite pas à un usage alimentaire : sa composition lipidique spécifique explique l’intérêt qu’elle suscite en soin cutané et capillaire. Elle est principalement constituée d’acides gras saturés à chaîne moyenne, dont l’acide laurique représente une part majeure. Cet acide gras présente une affinité particulière pour la peau, où il est reconnu pour ses propriétés antibactériennes, antifongiques et modulatrices de l’inflammation. Grâce à leur taille moléculaire, les acides gras à chaîne moyenne peuvent s’intégrer plus facilement aux lipides de la couche cornée, contribuant ainsi au renforcement de la fonction barrière.

De plus, l’huile de coco agit également comme un émollient et un agent occlusif. En formant un film à la surface de la peau et du cuir chevelu, elle limite la perte insensible en eau, améliorant ainsi les situations de sécheresse et d’irritation et les sensations d’inconfort. Enfin, l’huile de coco contient des composés phénoliques, comme l’acide férulique et l’acide p-coumarique, qui lui confèrent une activité antioxydante modérée. En neutralisant une partie des radicaux libres impliqués dans le stress oxydatif cutané, ces composés peuvent participer à la limitation des phénomènes inflammatoires locaux.

L’association de ces différents mécanismes – soutien de la barrière cutanée, réduction de la déshydratation et protection oxydative – explique pourquoi l’huile de coco est souvent envisagée pour prendre soin des peaux et des cuirs chevelus sensibles ou sujets aux démangeaisons.

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L’huile de noix de coco peut-elle efficacement apaiser les démangeaisons et les irritations ?

Plusieurs travaux scientifiques se sont intéressés aux effets de l’huile de coco vierge dans des contextes dermatologiques associés aux démangeaisons et à l’irritation cutanée. Chez l’enfant atteint de dermatite atopique, une étude clinique menée par EVANGELISTA et son équipe a montré qu’une application quotidienne d'huile de coco permettait de réduire significativement la sévérité des symptômes, plus que l'utilisation d'une huile minérale. Les auteurs ont observé une amélioration de la fonction barrière cutanée, caractérisée par une diminution de la perte en eau transépidermique, ainsi qu'une diminution du SCORAD, un score évaluant la sévérité de l'eczéma. Ces modifications biophysiques se sont traduites par une réduction des sensations de sécheresse et de prurit, deux manifestations étroitement liées à l’altération chronique de la barrière cutanée rencontrée dans la dermatite atopique.

Évolution du SCORAD au cours du traitement.

Évolution du SCORAD au cours du traitement.

Source : EVANGELISTA M. T. & al.. The effect of topical virgin coconut oil on SCORAD index, transepidermal water loss, and skin capacitance in mild to moderate pediatric atopic dermatitis: A randomized, double-blind, clinical trial. International Journal of Dermatology (2014).

L’intérêt de l’huile de coco va plus loin. Une étude récente de SHARMA et son équipe s’est penchée sur son impact sur le microbiome du cuir chevelu, notamment dans le contexte des pellicules et des irritations associées. Sur une période de 16 semaines, l’application quotidienne d’huile de coco a été associée à une augmentation des populations bactériennes considérées comme bénéfiques, parallèlement à une diminution des champignons du genre Malassezia, impliqués dans la physiopathologie des pellicules. Cette modulation du microbiome s’est accompagnée d’une atténuation des démangeaisons et des signes d’irritation du cuir chevelu. L’acide laurique, reconnu pour son activité antifongique, apparaît comme l’un des principaux acteurs de cet effet rééquilibrant.

Enfin, SODIKIN et son équipe ont montré qu’une combinaison de massage et d’application d'huile de coco pouvait réduire les démangeaisons chez les patients atteints de diabète. L’étude suggère qu’appliquée deux fois par jour à l'aide d'un massage doux, l’huile de noix de coco peut améliorer l’hydratation de la peau et diminuer les démangeaisons associées à une peau sèche.

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Échelle de démangeaisons avant et après application de l'huile de coco.
Source : SODIKIN M. & al. The effectiveness of massage and virgin coconut oil (VCO) combination therapy on reducing itching in diabetes mellitus. Journal Kesehatan Komunitas Indonesia (2023).

Ces études suggèrent que l'huile de coco offre une option naturelle pour apaiser les démangeaisons cutanées.

L'utilisation de l'huile de coco est-elle sans danger pour tout le monde ?

Malgré ses propriétés intéressantes, l’huile de coco ne convient pas nécessairement à toutes les typologies de peau et de cuir chevelu.

Chez les personnes présentant une peau grasse ou à tendance acnéique, son application pure — en particulier sur le visage — peut favoriser l'apparition d'imperfections. L’huile de coco est en effet classée comme modérément comédogène, ce qui signifie qu’elle peut contribuer à l’obstruction des pores et à l’apparition de lésions chez les peaux sujettes à une production excessive de sébum. À l’inverse, dans les situations de sécheresse cutanée marquée ou de barrière altérée, comme en cas de xérose ou de dermatite atopique, ses propriétés occlusives peuvent s’avérer pertinentes pour limiter la déshydratation et apaiser l’inconfort.

Le choix du type d’huile est également déterminant. L’huile de coco vierge est généralement préférable aux huiles raffinées, car elle conserve une plus grande partie de ses acides gras et de ses composés antioxydants naturellement présents. Cette richesse confère à la VCO une meilleure affinité cutanée et une tolérance généralement meilleure. De plus, même si les études disponibles ne rapportent pas d’effets indésirables majeurs liés à l’utilisation d'huile de coco, la prudence reste de mise chez les personnes à la peau sensible ou ayant un terrain allergique. La réalisation d’un test préalable permet de limiter le risque de réaction cutanée. Par ailleurs, dans le cas des pellicules, l’huile de coco peut s’inscrire dans une routine globale, mais elle peut montrer ses limites, nécessitant alors un avis dermatologique.

L’huile de coco constitue une option naturelle intéressante pour atténuer les sensations de démangeaison et d’irritation, mais il ne s'agit pas d'une solution miracle.

Sources

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