3 soins pour un hâle lumineux, sur-mesure, sans UV

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Crème solaire et synthèse de vitamine D.

Est-ce que la crème solaire empêche la synthèse de la vitamine D ?

L'exposition au rayonnement UVB est à l'origine de plus de 90% de la production de vitamine D, mais sont également la principale cause des coups de soleil et du cancer de la peau. Ainsi, l'application quotidienne d'un écran solaire est recommandée pour réduire les effets néfastes du soleil, mais certains craignent que leur utilisation généralisée, notamment celles qui présentent des facteurs de protection solaire élevés, bloquent les rayons UVB et empêchent que la synthèse de vitamine D ne se produise, provoquant alors une carence. L'écran solaire peut-il en effet compromettre cette réaction ?

Pourquoi a-t-on besoin de vitamine D ?

La vitamine D est essentielle à l'intégrité du squelette et a été associée à de nombreux autres avantages pour la santé. En effet, elle améliore la capacité d’absorption intestinale du calcium et du phosphore, ce qui favorise la minéralisation des os, des dents et des articulations, ainsi que sur la tonicité musculaire. Plus de 90% de la vitamine D provient de l'exposition solaire, pouvant alors entraîner des variations saisonnières dans les climats tempérés. Il est donc crucial de s'exposer suffisamment au soleil pour garantir des niveaux optimaux de vitamine D.

Brièvement, les radiations UV de type B convertissent le 7-déhydrocholestérol (également connu sous le nom de pro-vitamine D) dans l'épiderme en pré-vitamine D3. Le spectre d'action de cette réaction indique qu'elle se produit dans la bande d'ondes UVB (290 - 315 nm) avec une efficacité maximale à 295 nm. Formée à partir de la pré-vitamine D3 par isomérisation thermique progressive, la vitamine D3 rejoint ensuite le foie pour y être hydrolysée en 25-hydroxyvitamine D [25(OH)D], la forme circulante. Par la suite, elle est transportée dans des reins pour subir une deuxième hydroxylation et devenir la 1,25(OH)2D (calcitriol), qui est la forme active de la vitamine D.

Afin de répondre aux besoins quotidiens en vitamine D (estimés à 1 000 Ul par jour), il ressort de plusieurs études et rapports que passer environ 15 à 30 minutes par jour suffit pour synthétiser de la vitamine D.

La crème solaire empêche t-elle de couvrir ses besoins quotidiens en vitamine D ?

Ces dernière années, les gens craignent du fait que l'utilisation généralisée de crème solaire, particulièrement celles qui présentent un facteur de protection solaire élevé, puisse augmenter le risque de carence en vitamine D.

Que savons-nous à ce stade ?

Les rayons UV solaires sont responsables des coups de soleil et sont également reconnus pour être cancérigènes. En effet, c'est le principal facteur de risque pour les cancers de la peau, en particulier dans les populations à peau claire pour lesquelles les coups de soleil sont un facteur de risque. De nombreux efforts de santé publique ont été déployés pour sensibiliser le public aux dangers inhérents des bains de soleil.

L'utilisation d'écrans solaires est une approche, et des essais randomisés ont montré qu'ils inhibent le développement de cancers cutanés. Le rôle des écrans solaires dans la prévention du mélanome a également été soutenu par de grandes études basées sur la population.

Cependant, l'utilisation d'écrans solaires semble avoir un impact sur le statut en vitamine D. Les spectres d'action de l'érythème et de la formation cutanée de la vitamine D se chevauchent considérablement dans la région des UVB. Ainsi, les écrans solaires qui inhibent l'érythème devraient théoriquement inhiber également la production de vitamine D.

Que disent les études ?

Les études sur les effets inhibiteurs des écrans solaires sur la synthèse de la vitamine D ont donné des résultats contradictoires. Certains auteurs ont trouvé une inhibition significative de sa production, tandis que d’autres ne relèvent aucune influence des crèmes solaires sur la vitamine D.

La crème solaire protège la peau des rayons nocifs du soleil en filtrant les rayons UV. Ils sont constitués de différents types de rayons UV, dont l’UVA et l’UVB. Les rayons UVB sont à la fois responsables de la synthèse de la vitamine D, mais également des coups de soleil. Comme les rayons UVB sont filtrés par la crème solaire, il est normal de penser que l’organisme risque de ne pas synthétiser suffisamment de vitamine D.

Une étude récente présente des données contradictoires sur la question. Les quatre études expérimentales incluses dans la revue ont montré que l'utilisation d'un écran solaire atténuait toute augmentation de la concentration de vitamine D3 ou de 25(OH)D circulants, qui se produit à la suite d'une exposition au rayonnement UV généré artificiellement. Sur les 69 études observationnelles incluses dans la revue, 25% ont conclu que l'utilisation d'un écran solaire était associée à des concentrations plus élevées de 25(OH)D, tandis que 10% ont conclu que l'utilisation d'un écran solaire était associée à des concentrations plus faibles de 25(OH)D. Les auteurs signalent que les conclusions de ces études d'observation sont limitées par leur hétérogénéité, la conception de l'étude et les rapports sous-optimaux.

Cette revue a également inclus deux essais contrôlés randomisés réalisés en Australie. Dans l'une de ces études, les participants ont reçu une crème solaire ou un placebo, et ont été invités à l'appliquer quotidiennement. Dans la seconde étude, on a demandé à un groupe d'appliquer quotidiennement de la crème solaire sur le visage, le cou, les bras et les mains, tandis qu'on a conseillé à l'autre groupe d'appliquer de la crème solaire à sa guise. Les deux études ont comparé la concentration de 25(OH)D entre les deux groupes et n'ont pas trouvé de différence statistique. Les auteurs concluent que s'il existe un risque théorique que la crème solaire diminue les niveaux de vitamine D, les données actuelles ne démontrent pas de corrélation dans la vie réelle.

Cette conclusion est étayée par une étude plus récente, qui a montré que lors de vacances d'une semaine à Ténérife (Espagne), des personnes appliquant une crème solaire SPF15 à l'épaisseur recommandée de 2mg/cm2 n'avaient aucune trace de coup de soleil et présentaient aussi une augmentation significative des taux sériques de 25(OH)D. Ainsi, malgré l'utilisation optimale d'un écran solaire à faible indice de protection solaire, ces personnes avaient une production de vitamine D suffisante.

RéférencesTaille de l'échantillonSurface exposéeFréquence d'expositionDose UVBType de crème solaireRésultats
HOLICK M. F. & al (1987)Étude in vitro sur des échantillons de peau humaine1 fois30mJ/cm25% d'acide para- aminobenzoïque (PABA)Production de pré-vitamine D3 totalement bloquée par l'écran solaire
MATSUOKA L. Y. & al (1987)8 sujets à la peau blanche100%1 fois1 DEMSPF 8 contenant du PABAConcentration de vitamine D3 inchangée dans le groupe ayant appliqué la crème solaire comparé au groupe placebo
HOLLIS B. W. & al (1990)27 sujets (phototype III)100%1 fois27mJ/cm2SPF 15Blocage complet de la synthèse de la vitamine D3
THOMPSON S. C. & al (1995)113 sujetsVisage, cou, avant-bras, dos des mains1 fois par jour pendant 7 moisSPF 17Pas d'influence sur les niveaux de 25(OH)D
RODRIGUEZ J. & al. (1998)24 sujets1 fois par jour pendant 24 mois (uniquement les mois de printemps et d'été)SPF 15Pas d'influence sur les niveaux de 25(OH)D
FAURCHOU & al (2012)37 volontaires (phototype de I à III)Partie supérieure du corps4 fois tous les 2 - 3 joursSPF 8 (0mg/cm2, 0,5mg/cm2,1mg/cm2, 1,5mg/cm2 ou 2mg/cm2)Corrélation entre quantité d'écran solaire appliqué et concentration de 25(OH)D
VAN DER POLS J. C. & al (2012)1 113 volontairesVisage, cou, avant-bras, dos des mains1 fois par jour pendant 4 ans et demiSPF 16Pas d’incidence sur les niveaux circulants de 25(OH)D
NIKKELS A. F. & al (2017)72 volontaires4 groupes : 9%, 23%, 50% et 96%1 fois0,8 DEMSPF 50 (2mg/cm2)Pas d’incidence sur les niveaux circulants de vitamine D pour une utilisation à court terme de crème solaire.
PHILIPSEN P. A. & al. (2019)20 volontaires3 fois par jour pendant une semaineSPF 15 (2mg/cm2)Augmentation significative des taux sériques de 25(OH)D

En revanche, les situations de vie réelle montrent que les niveaux de vitamine D ne sont pas affectés par l’utilisation de crèmes solaires. Ces résultats pourraient s’expliquer par plusieurs faits :

  • les écrans solaires peuvent inciter les individus à s'exposer plus souvent et longtemps au soleil ;

  • la quantité de crème solaire spontanément appliquée sur la peau est habituellement inférieure aux quantités recommandées ;

  • le blocage total des UVB par des écrans solaires n’est probablement jamais obtenu.

Il existe des moyens sûrs d'obtenir de la vitamine D sans passer par le soleil. L'une des recommandations les plus courantes est la supplémentation orale en vitamine D par le biais de compléments alimentaires. Le lait est une autre source : un verre de lait de 250 mL contiendrait environ 100 UI de vitamine D. Une autre source alimentaire est le poisson gras comme le saumon, l'anguille ou le maquereau.

En conclusion, les études démontrent que l’application d'une quantité généreuse de n’importe quelle crème solaire ne perturbe pas à elle seule la synthèse de la vitamine D par l’organisme. Il est ainsi possible de stimuler sa production en appliquant une crème solaire à SPF élevé. Toutefois, nous recommandons d'envisager d'autres sources de vitamine D, telles que les compléments alimentaires ou l’alimentation.

Les écrans solaires peuvent être utilisés pour prévenir les coups de soleil, tout en permettant la synthèse de la vitamine D.

Sources

  • HOLICK M. F. & al. Sunscreens suppress cutaneous vitamin D3 synthesis. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism (1987).

  • HOLLIS B. W. & al. Use of topical sunscreen for the evaluation of regional synthesis of vitamin D3. Journal of the American Academy of Dermatology (1990).

  • THOMPSON S. C. & al. The effect of regular sunscreen use on vitamin D levels in an Australian population. Results of a randomized controlled trial. Archives of Dermatology (1995).

  • RODRIGUEZ J. & al. Clinically prescribed sunscreen (sun protection factor 15) does not decrease serum vitamin D concentration sufficiently either to induce changes in parathyroid function or in metabolic markers. British Journal of Dermatology (1998).

  • FALLON J. C. & al. Photoprotective behaviour and sunscreen use: impact on vitamin D levels in cutaneous lupus erythematosus. Photodermatology, Photoimmunology & Photomedicine (2008).

  • VAN DER POLS J. C. & al. Sun protection and vitamin D status in an Australian subtropical community. Preventive Medicine (2012).

  • WULF H. C. & al. The relation between sunscreen layer thickness and vitamin D production after ultraviolet B exposure: a randomized clinical trial. British Journal of Dermatology (2012).

  • BENS G. Sunscreens. Advances in Experimental Medicine and Biology (2014).

  • NIKKELS A. F. & al. Sunscreens block cutaneous vitamin D production with only a minimal effect on circulating 25-hydroxyvitamin D. Archives of Osteoporosis (2017).

  • SERRANO M.-A. & al. Contribution of sun exposure to the vitamin D dose received by various groups of the Spanish population. Science of The Total Environment (2018).

  • PHILIPSEN P. A. & al. Optimal sunscreen use, during a sun holiday with a very high ultraviolet index, allows vitamin D synthesis without sunburn. British Journal of Dermatology (2019).

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