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Vitamine E et peau grasse

Vitamine E et peau grasse : y a t-il un intérêt ?

L’hyperséborrhée, c'est-à-dire la surproduction de sébum par les glandes sébacées, se traduit visuellement par une peau luisante et des pores dilatés. Ce type de peau peut être assez difficile à gérer car il nécessite de trouver un équilibre dans sa routine de soins en intégrant des produits astringents et purifiants sans toutefois négliger l'hydratation. Retrouvée dans de nombreux cosmétiques, la vitamine E convient-elle aux peaux grasses ? Apprenez-en plus.

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Publié le 16 avril 2024, par Pauline, Chargée de la Communication Scientifique — 6 min de lecture

Vitamine E et sébum : un effet antioxydant protecteur.

La vitamine E désigne un groupe de huit molécules liposolubles, c'est-à-dire solubles dans les corps gras : 4 tocophérols et 4 tocotriénols. Qualifiée d'essentielle, elle n'est pas synthétisée par l'organisme mais est apportée par l'alimentation, principalement sous forme d'α-tocophérol. La vitamine E joue un rôle majeur dans la santé des individus et intervient notamment pour diminuer le risque cardiovasculaire en agissant sur la cholestérolémie. Considérée comme un marqueur de la sévérité de l'acné, on la retrouve également dans le sébum dont elle protège la composition. Chez l'adulte, le sébum est constitué en moyenne de 57,5 % de triglycérides, de 26 % d'esters de cire, de 12 % de squalène, de 3 % d'esters de cholestérol et de 1,5 % de cholestérol.

Outre des taux anormalement élevés d'androgènes (testostérone et 5-alpha dihydroxytestostérone) qui stimulent l'activité des glandes sébacées, l'hyperséborrhée peut résulter d'un déficit de vitamine E dans le sébum. En effet, cet antioxydant a un rôle protecteur pour le squalène, l'un des premiers lipides de la peau touchés par le stress oxydatif et les radicaux libres. Ces derniers sont capables de réagir avec le squalène et de l'oxyder en peroxyde de squalène, un composé comédogène. Des études in vitro ont aussi montré qu'il provoquait la libération de médiateurs inflammatoires. Grâce à sa structure chimique, la vitamine E peut inhiber la péroxydation lipidique en donnant un hydrogène, ce qui stabilise les radicaux libres. Elle devient alors un radical libre à son tour mais est relativement stable en raison de son caractère aromatique, apporté par ses doubles liaisons.

Par ailleurs, une étude menée avec 100 volontaires a démontré que l'exposition du sébum à une irradiation UV correspondant à 4 fois la dose érythémateuse minimale (DEM) diminuait de 84,2% la quantité de vitamine E, de 70% celle de la coenzyme Q10 (Coq10), un autre antioxydant retrouvé dans le sébum, et seulement de 13% celle du squalène. La même dose d'UV appliquée en l'absence de vitamine E et de CoQ10 a entraîné une diminution de 90 % de la quantité de squalène. Pour information, la DEM est la plus petite quantité de lumière capable de provoquer un coup de soleil à l'endroit de l'exposition 24 heures après.

La vitamine E joue ainsi un rôle protecteur essentiel pour le sébum, inhibant la péroxydation de ses composés lipidiques et prévenant leur comédogénicité.

Apport externe de vitamine E : un intérêt pour les peaux grasses ?

Les propriétés antioxydantes de la vitamine E lui permettent ainsi d'avoir une réelle efficacité pour les personnes ayant la peau grasse. En effet, comme précisé plus haut, l'hyperséborrhée peut être liée à un déficit de vitamine E dans le sébum. L'application topique de cosmétiques renfermant cet actif pourrait ainsi aider à lutter contre les problématiques cutanées liées à la peau grasse, bien que davantage de travaux à ce sujet seraient utiles. Notons qu'en raison de sa nature liposoluble, la vitamine E ne peut être intégrée que dans des formulations huileuses ou des émulsions.

Si la vitamine E présente dans les soins topiques apporte plusieurs bienfaits à la peau, et particulièrement aux peaux grasses, c'est par prise orale qu'elle est la plus efficace. Certaines études mentionnent son action antioxydante sur la peau et ses vertus cosmétiques après 8 à 12 semaines de prise quotidienne, pour des doses comprises entre 100 et 300 mg. En plus d'intégrer bon nombre de compléments alimentaires, la vitamine E se retrouve dans de nombreuses huiles végétales (huile d’arachide, huile d’olive, huile de colza, huile de maïs...) et dans des céréales. Les oléagineux comme les noix, les noisettes ou les amandes ainsi que certains poissons gras s’avèrent également être des sources intéressantes de vitamine E.

À noter : La vitamine E n'est pas une molécule sébostatique, c'est-à-dire qu'elle ne diminue pas la production de sébum. Elle protège simplement ses composés de l'oxydation, susceptible de les rendre inflammatoires et comédogènes.

Sources

  • PACKER L. & al. Sebaceous gland secretion is a major physiologic route of vitamin E delivery to skin. The Journal of investigative dermatology (1999).

  • LITTARRU G. & al. Lipophilic antioxidants in human sebum and aging. Free radical research (2002).

  • SAKUMA T. & MAIBACH H. Oily Skin: An Overview. Skin Pharmacology and Physiology (2011).

  • ENDLY D. & MILLER R. Oily Skin: A review of Treatment Options. Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology (2017).

  • ERKEKOGLU P., SANTOS S. & BLUMENBERG M. Vitamin E in Health and Disease: Interactions, Diseases and Health Aspects. Biochemistry (2021).

  • Thèse de Mohammed GUIGA. Vitamine E : métabolisme, rôle physiologique : intérêt et risques d’une supplémentation (2021).

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