Please enable JavaScript
Logo
Traitement d'un poil incarné infecté.

Comment soigner un poil incarné infecté ?

Les poils incarnés sont fréquents après le rasage ou l’épilation, mais ils peuvent parfois évoluer vers une infection locale, voire vers un abcès d’un poil incarné lorsque l’inflammation devient profonde. Rougeur, douleur et inflammation sont alors des signaux à ne pas ignorer. Comment reconnaître un poil incarné infecté et quels sont les bons gestes à adopter ? Poursuivez votre lecture pour mieux comprendre la situation et agir correctement

Publié le 15 juin 2022, mis à jour le 7 janvier 2026, par Sandrine, Rédactrice Scientifique — 9 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • Un poil incarné peut s’infecter et évoluer vers une folliculite, le plus souvent liée à la prolifération de la bactérie Staphylococcus aureus.

  • Le rasage, surtout pour les personnes ayant les poils frisés, favorise l’incarnation du poil et l’inflammation du follicule pileux.

  • En cas de poil incarné infecté, il ne faut jamais percer le bouton, au risque d’aggraver l’infection.

  • Une hygiène rigoureuse (nettoyage doux quotidien, rasoir propre et personnel, arrêt temporaire de l’épilation) favorise la guérison d'un poil incarné infecté.

  • Les infections des poils incarnés légères guérissent souvent spontanément, mais les formes plus sévères nécessitent un avis médical et parfois un traitement ciblé.

4 minutes pour comprendre votre peau. Notre diagnostic dermatologique vous guide vers les soins adaptés à vos besoins spécifiques. Simple, rapide et personnalisé.

Comment un poil incarné peut-il s'infecter ?

Un poil incarné se manifeste le plus souvent par de petits boutons rouges liés à une inflammation locale. Dans certains cas, cette réaction cutanée peut évoluer vers une infection du follicule pileux, appelée folliculite. Celle-ci est généralement provoquée par une prolifération bactérienne, le plus souvent par Staphylococcus aureus, favorisée par une barrière cutanée fragilisée. Cliniquement, cela se traduit par l’apparition de boutons inflammatoires parfois remplis de pus, douloureux au toucher et persistants. Dans certains cas, l'infection peut évoluer vers un kyste suite à un poil incarné, voire vers un abcès localisé nécessitant une prise en charge médicale.

La technique d'épilation influence fortement l'apparition des poils incarnés.

En effet, après le rasage, les poils coupés à ras présentent une extrémité pointue. Lors de la repousse, ils peuvent se recourber et pénétrer de nouveau dans l’épiderme au lieu de traverser la surface cutanée, déclenchant une réaction inflammatoire locale. Cette situation crée un environnement propice à l’invasion bactérienne et à l’infection du follicule. D'autres facteurs augmentent le risque de poil incarné, notamment la nature du poil. Les poils frisés ou crépus constituent un facteur de risque majeur en raison de l’angle aigu qu’ils forment avec la surface cutanée, facilitant leur pénétration dans la peau. Des prédispositions génétiques ont également été évoquées, notamment des mutations du gène KRT75, impliqué dans la structure du follicule pileux.

La physiopathologie du poil incarné infecté repose sur l’invagination du poil dans l’épiderme, entraînant une inflammation locale suivie d'une infection en cas de colonisation bactérienne.

Scientifiquement, ce phénomène est décrit sous le terme de Pseudofolliculitis barbae. Il s’agit d’une affection cutanée inflammatoire chronique, fréquemment observée après le rasage, notamment au niveau du cou et des joues, mais aussi dans des zones soumises à une épilation régulière, comme le maillot. Dans ces localisations, un abcès d’un poil incarné au niveau du maillot ou un abcès d’un poil incarné au niveau du pubis peut survenir en raison de la densité pileuse, de l’humidité locale et des frottements répétés. Elle se caractérise par des papules et des pustules secondaires à l’incarnation des poils, pouvant évoluer, chez certains individus, vers des cicatrices ou des chéloïdes.

Poil incarné : que faire en cas d'infection ?

Face à un poil incarné infecté, la première règle est de ne pas percer le bouton pour en extraire le pus.

Cette manipulation, souvent réalisée avec les doigts ou un objet non stérile, favorise l’introduction de nouvelles bactéries dans le follicule pileux déjà infecté. Elle peut ainsi aggraver l’inflammation locale, prolonger la durée de l’infection et augmenter le risque de complications, comme la formation de furoncles, qui correspondent à une infection profonde du follicule pilo-sébacé.

La prise en charge repose avant tout sur des mesures d’hygiène adaptées. Il est recommandé de nettoyer délicatement la zone concernée une à deux fois par jour avec de l’eau tiède et un nettoyant doux afin de limiter la prolifération bactérienne sans altérer davantage la barrière cutanée. L’application quotidienne d’un antiseptique local peut aussi être envisagée pour réduire la charge bactérienne.

Dans certains cas inflammatoires marqués, le professionnel de santé peut également recommander une crème stéroïdienne pour les poils incarnés, afin de diminuer l’inflammation et l’œdème périfolliculaire. Il est également primordial de suspendre toute forme d’épilation ou de rasage sur la zone touchée jusqu’à disparition complète des lésions, afin d’éviter l’entretien de l’inflammation et l’apparition de nouvelles infections folliculaires.

Dans la majorité des cas, l’infection associée à un poil incarné reste superficielle et transitoire, avec une résolution en quelques jours. En revanche, si les lésions deviennent très douloureuses, s’étendent, s’accompagnent de signes généraux ou évoluent vers un abcès, une consultation dermatologique est nécessaire. Selon la sévérité, le médecin pourra prescrire des antibiotiques topiques ou par voie orale afin de contrôler l’infection bactérienne. D’autres approches locales peuvent également être proposées, comme le peroxyde de benzoyle, aux propriétés antibactériennes, ou des rétinoïdes topiques, qui aident à normaliser la kératinisation folliculaire et à limiter les récidives.

Dans certains cas, d’autres approches thérapeutiques peuvent être envisagées. Lorsque les poils incarnés infectés laissent place à des taches pigmentaires persistantes, notamment chez les phototypes foncés, le dermatologue peut proposer l’utilisation d’agents dépigmentants comme l’hydroquinone. Celle-ci agit en inhibant la tyrosinase, une enzyme clé dans le processus de synthèse de la mélanine, et permet de réduire progressivement l’hyperpigmentation post-inflammatoire.

Chez les patients présentant des poils incarnés infectés fréquents et résistants aux mesures classiques, notamment dans le cadre de la Pseudofolliculitis barbae, le laser constitue une option de fond intéressante. En ciblant le follicule pileux et en réduisant la densité et la rigidité des poils, le laser diminue le risque de repousse sous-cutanée et, par conséquent, les phénomènes inflammatoires et infectieux associés.

Par ailleurs, surtout chez les femmes, l’utilisation de l’eflornithine topique peut également être proposée. Cette molécule inhibe l’ornithine décarboxylase, une enzyme impliquée dans la croissance du poil, permettant de ralentir la repousse pileuse. En réduisant la fréquence du rasage ou de l’épilation, elle contribue indirectement à limiter l’apparition de poils incarnés et les infections folliculaires associées.

Enfin, lorsque les poils incarnés infectés s’inscrivent dans un contexte de pilosité excessive ou inhabituelle, une consultation endocrinologique peut être pertinente. Un déséquilibre hormonal, notamment une hyperandrogénie, peut favoriser une pilosité dense et épaisse, augmentant mécaniquement le risque de poils incarnés et de folliculites chroniques.

Les différents traitements en cas de poil incarné infecté.

Les différents traitements en cas de poil incarné infecté.

Source : FRIEDMAN A. J. & al. Pseudofolliculitis barbae in women: A clinical perspective. British Journal of Dermatology (2015).

Poil incarné infecté : comment les éviter ?

Afin de limiter le risque d’infection des poils incarnés, une hygiène rigoureuse est indispensable, en particulier lors du rasage ou de l’épilation. Le rasoir doit être rincé soigneusement à l’eau tiède après chaque passage afin d’éliminer les poils, les résidus cutanés et les micro-organismes. Il est également essentiel de changer régulièrement la lame, car une lame émoussée favorise les microcoupures et la prolifération bactérienne. De plus, le rasoir est un objet strictement personnel : le partager ou utiliser celui d’une autre personne augmente significativement le risque de transmission bactérienne, notamment de Staphylococcus aureus.

En outre, un rasage trop fréquent, à rebrousse-poil ou exercé avec une pression excessive favorise la section du poil sous la surface cutanée, augmentant ainsi le risque qu’il repousse vers l’intérieur.

Pour limiter la survenue de poils incarnés, nous vous recommandons aussi d'hydrater et d'exfolier régulièrement votre peau. En effet, une peau sèche ou épaisse favorise l'obstruction du follicule pileux et empêche le poil de percer correctement la surface cutanée. En prenant soin de la barrière cutanée, on réduit mécaniquement le risque de poils incarnés… et donc de poils incarnés infectés.

Sources

FAQ sur les poils incarnés infectés.

Comment reconnaître un poil incarné infecté ?

Un poil incarné infecté se manifeste par un bouton rouge, douloureux, parfois chaud, contenant du pus. Contrairement à un simple poil incarné, l’inflammation est plus marquée et peut s’accompagner d’un gonflement local. La douleur augmente souvent au toucher.

Peut-on percer un poil incarné infecté ?

Non, il est fortement déconseillé de percer un poil incarné infecté, car cela peut introduire davantage de bactéries et aggraver l’infection. Même avec du matériel stérilisé, nous ne vous le recommandons pas, pour limiter les risques d'abcès et de cicatrices. Il est préférable de laisser la lésion évoluer ou de consulter un professionnel de santé.

Combien de temps met un poil incarné infecté à guérir ?

Une infection légère peut disparaître en quelques jours avec une bonne hygiène locale. En revanche, les formes plus sévères ou profondes peuvent persister plusieurs semaines sans prise en charge adaptée. Un traitement médical peut alors être nécessaire.

Le rasage favorise-t-il les poils incarnés infectés ?

Oui, le rasage est l’un des principaux facteurs favorisants. Il crée des poils courts et pointus qui peuvent repousser sous la peau, entraînant une inflammation du follicule pileux. Les zones rasées fréquemment sont donc plus à risque.

Pourquoi les poils frisés s’incarnent-ils plus facilement ?

Les poils frisés ont tendance à repousser en formant une courbure qui pénètre la peau. Cette configuration favorise l’inflammation et la formation de micro-lésions, propices à l’infection.

Un poil incarné infecté peut-il laisser une cicatrice ?

Oui, surtout s’il est manipulé ou s’il évolue vers une infection profonde. Les cicatrices peuvent être pigmentées ou hypertrophiques, voire chéloïdiennes chez certaines personnes. Une prise en charge précoce permet de limiter ce risque.

Quand faut-il consulter un dermatologue en cas de poil incarné infecté ?

Une consultation est conseillée en cas de douleur importante, de pus abondant, de fièvre ou de récidives fréquentes.

Les poils incarnés infectés sont-ils contagieux ?

Le poil incarné en lui-même n’est pas contagieux, mais la bactérie responsable de l’infection peut se transmettre par le partage de rasoirs ou de serviettes. Il est donc important d’utiliser son propre matériel et de le maintenir propre.

Diagnostic

Découvrez votre
type de peau.

En savoir plus