L’hydrolat de bleuet est traditionnellement utilisé pour apaiser les yeux fatigués et atténuer les signes visibles du contour de l’œil, comme les poches et les cernes. Cet usage repose en partie sur son effet rafraîchissant et sur la présence de composés aux propriétés apaisantes, susceptibles de limiter les sensations d’inconfort au niveau de cette zone particulièrement fine et vascularisée. L’application locale d’un liquide frais peut également favoriser une légère vasoconstriction, contribuant à réduire temporairement l’aspect gonflé des poches.
Concernant les cernes, les mécanismes sont plus complexes et dépendent de leur origine, selon qu'elles soient vasculaires, pigmentaires ou structurelles. Certains composés présents dans le bleuet, notamment les polyphénols comme les anthocyanes, sont connus pour leurs propriétés antioxydantes et pourraient participer à limiter certains processus impliqués dans l’apparition des cernes pigmentés. Néanmoins, à ce jour, les données scientifiques restent limitées et ne permettent pas d’affirmer un effet marqué ou systématique de l’hydrolat de bleuet sur cette problématique.
Quelques travaux expérimentaux apportent toutefois des éléments intéressants. Des études menées par le département Recherche et Innovation du groupe L’Oréal, relayées notamment par Michel Faucon dans son ouvrage Traité d’aromathérapie scientifique et médicale – les hydrolats, ont évalué les effets d’un extrait aqueux de bleuet sur la pigmentation. In vitro, sur des cultures de cellules humaines, une application quotidienne pendant 10 jours à des concentrations élevées (50% et 100%) a montré une diminution de la quantité de mélanine produite par les mélanocytes, suggérant un potentiel effet sur l’intensité des cernes bruns. Ces résultats ont ensuite été explorés dans une étude clinique menée chez 41 femmes âgées de 35 à 59 ans.
L’application biquotidienne de compresses imbibées d’eau de bleuet à 50%, pendant 5 à 10 minutes sur un mois, a été associée à une atténuation visible des cernes et à une réduction du volume des poches.
Toutefois, plusieurs limites doivent être soulignées : taille de l’échantillon relativement restreinte, absence de comparaison avec un placebo, conditions d’utilisation spécifiques (temps de pose prolongé difficile à transposer à un usage quotidien classique). Ces résultats suggèrent donc un intérêt potentiel, mais doivent être interprétés avec prudence.