L'exfoliation s'inscrit dans la routine de soin et s'effectue généralement une à deux fois par semaine. Mais quels sont les bienfaits de l'exfoliation ? Est-elle vraiment nécessaire ? Retrouvez à la suite quatre bonnes raisons d'exfolier votre peau.

L'exfoliation s'inscrit dans la routine de soin et s'effectue généralement une à deux fois par semaine. Mais quels sont les bienfaits de l'exfoliation ? Est-elle vraiment nécessaire ? Retrouvez à la suite quatre bonnes raisons d'exfolier votre peau.
À la surface de l’épiderme, les kératinocytes, les cellules principales de la couche cornée, suivent un cycle de renouvellement continu. En migrant des couches profondes vers la couche cornée, ces cellules se différencient puis entrent en apoptose, un processus de mort cellulaire programmée. Normalement, ces cellules mortes sont éliminées progressivement au cours du processus naturel de desquamation, mais, avec le temps, le vieillissement cutané, le stress oxydatif ou certaines agressions environnementales, elles peuvent s’accumuler à la surface de la peau. Plus épaisse, la peau reflète moins bien la lumière, ce qui donne au teint un aspect terne et fatigué.

Illustration du processus de desquamation.
Source : MILSTONE M. L. Epidermal desquamation. Journal of Dermatological Science (2004).
L'exfoliation permet justement de relancer ce mécanisme naturel d’élimination. En débarrassant la peau des cellules mortes, elle affine le grain de peau et révèle un teint plus lumineux. Cette action peut être obtenue par une exfoliation mécanique, à l’aide de soins contenant des grains qui décollent physiquement les cornéocytes, ou par une exfoliation chimique. Cette dernière repose sur des actifs capables de rompre les liaisons intercellulaires, notamment celles impliquant des glycoprotéines de la couche cornée. En facilitant le détachement des cellules mortes, l’exfoliation favorise un renouvellement cellulaire plus homogène, contribuant ainsi à une peau visiblement plus éclatante et plus uniforme.
Les points noirs, aussi appelés comédons ouverts, correspondent à des obstructions du follicule pilo-sébacé. Ils se forment lorsque le sébum, produit naturellement par les glandes sébacées, s’accumule dans le pore et se mélange à des cellules mortes issues de la couche cornée. Ce mélange crée un bouchon légèrement surélevé. Contrairement aux comédons fermés, le pore reste ouvert, ce qui permet au contenu lipidique de s’oxyder au contact de l’air, donnant au point noir sa coloration caractéristique.
L’exfoliation aide à prévenir et à réduire les points noirs en agissant sur plusieurs leviers. En favorisant l’élimination des cellules mortes, elle limite l’hyperkératinisation responsable de l’obstruction des pores. Elle contribue également à maintenir les orifices folliculaires dégagés, facilitant l’écoulement du sébum vers la surface de la peau. L'exfoliation est donc particulièrement intéressante pour les peaux grasses sujettes aux imperfections, même si elle bénéficie à toutes les typologies de peau.
La couche cornée, la couche la plus superficielle de la peau, a un rôle protecteur et fait partie de la barrière cutanée. Lorsqu’elle s’épaissit excessivement à cause d’une accumulation de cellules mortes, ce phénomène d'hyperkératinisation peut freiner la diffusion des actifs cosmétiques. En effet, les soins appliqués à la surface de la peau peinent alors à franchir cette barrière, ce qui limite leur biodisponibilité et, par conséquent, leur efficacité. En favorisant l’élimination des cornéocytes à la surface de l’épiderme, l’exfoliation affine la couche cornée et restaure une surface cutanée plus homogène.
Les soins appliqués après une exfoliation sont ainsi plus à même de pénétrer dans la peau et d'être efficaces.
Les taches pigmentaires résultent d’un déséquilibre de la mélanogenèse, le processus biologique par lequel les mélanocytes produisent la mélanine. Sous l’effet de différents facteurs, comme les rayons UV, l’inflammation ou les fluctuations hormonales, la production de mélanine peut devenir localement excessive et mal répartie. Cette accumulation pigmentaire se traduit par l’apparition de taches brunes, parfois rougeâtres ou rosées, qui concernent le plus souvent les zones fréquemment exposées au soleil, en particulier le visage.
L’exfoliation contribue à atténuer progressivement ces irrégularités pigmentaires. En éliminant les cellules chargées en mélanine à la surface de l’épiderme, elle accélère le renouvellement cellulaire et favorise une meilleure homogénéité du teint. Par ailleurs, en affinant la couche cornée, l’exfoliation optimise la pénétration des soins ciblant la pigmentation, comme les actifs inhibiteurs de la mélanogenèse ou modulant le transfert de mélanine.
Ces effets de l’exfoliation sur l’uniformité du teint sont notamment soutenus par des données cliniques. Une étude menée en Inde auprès de 40 patients atteints de mélasma a comparé l’efficacité de peelings à l’acide glycolique à 50% et à l’acide lactique à 80%. Les patients ont reçu quatre séances espacées de deux semaines, avec une évaluation de la sévérité des taches pigmentaires à l’aide du score MASI. Les résultats montrent une diminution significativement plus importante du MASI dans le groupe traité par l'acide glycolique par rapport au groupe traité par l'acide lactique, sans différence notable en termes d’effets indésirables (érythème ou hyperpigmentation post-inflammatoire transitoire).

Effets d'un peeling à l'acide glycolique (50%) ou à l'acide lactique (80%) sur le score MASI de patients présentant de l'hyperpigmentation.
Source : RACHANA A. & al. 80% lactic acid peel versus 50% glycolic acid peel for melasma: A randomised clinical trial. Indian Journal of Dermatology (2025).
Ces données mettent en évidence l’intérêt des acides exfoliants, et en particulier de l’acide glycolique, pour améliorer l’aspect des taches brunes.

Avant/après traitement par une solution à 50% d'acide glycolique pour une patiente présentant de l'hyperpigmentation.
Source : RACHANA A. & al. 80% lactic acid peel versus 50% glycolic acid peel for melasma: A randomised clinical trial. Indian Journal of Dermatology (2025).
MILSTONE M. L. Epidermal desquamation. Journal of Dermatological Science (2004).
RUSU A. & al. A comprehensive bibliographic review concerning the efficacy of organic acids for chemical peels treating acne vulgaris. Molecules (2023).
RACHANA A. & al. 80% lactic acid peel versus 50% glycolic acid peel for melasma: A randomised clinical trial. Indian Journal of Dermatology (2025).