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Dangers sérum cils et sourcils.

Sérums pour les cils, mascaras : quels sont les dangers de ces produits qui s'appliquent près des yeux ?

Allonger les cils, densifier les sourcils, stimuler leur pousse : les sérums cils et sourcils séduisent de plus en plus. Pourtant, la zone périoculaire est très fragile et ces produits sont susceptibles de migrer dans les yeux. Les sérums cils et sourcils présentent-ils des risques ? Typology répond à vos interrogations.

Publié le 27 mai 2022, mis à jour le 9 février 2026, par Maylis, Ingénieure chimiste — 11 min de lecture

Quels risques entourent les sérums pour les cils et les sourcils ?

Les sérums pour les cils et les sourcils sont appliqués sur des zones très sensibles, en proximité immédiate avec l’œil. Lorsqu’un produit cosmétique est déposé à la racine des cils, il peut migrer progressivement vers la surface oculaire sous l’effet combiné des clignements des paupières, de la transpiration et de la chaleur cutanée. Ce phénomène de "migration" intervient généralement en quelques minutes et explique pourquoi certains soins peuvent provoquer des sensations de brûlure, des picotements, des rougeurs ou une gêne oculaire. Dans certains cas, cette exposition répétée peut favoriser l’apparition de conjonctivites, de blépharites ou, plus rarement, d’infections oculaires.

D’un point de vue réglementaire, la législation européenne impose que tout produit cosmétique destiné au contour de l’œil fasse l’objet de tests de tolérance spécifiques avant sa mise sur le marché. Ces évaluations visent à limiter au maximum les risques d’irritation et de toxicité oculaire.

Cela étant, selon la sensibilité individuelle, des effets indésirables restent possibles. Les réactions cutanées et oculaires liées aux produits qui s'utilisent près des yeux sont d’ailleurs bien documentées dans la littérature. Une étude a d'ailleurs évalué le potentiel irritant de plusieurs mascaras à l’aide de tests sous occlusion chez des volontaires sains. Deux mascaras sur sept ont induit une inflammation cutanée avec des rougeurs, nécessitant l’arrêt prématuré des tests. Ces produits se distinguaient par leur formulation à base de solvants issus de distillats pétroliers, contrairement aux autres mascaras formulés sous forme d’émulsions classiques. Certains contenaient également des tensioactifs fortement irritants, connus pour altérer la barrière cutanée, comme le sel de sodium de lauryl sulfate.

Au-delà des irritations aiguës, l’usage prolongé et répété de produits appliqués sur les cils peut également être associé à des atteintes oculaires plus insidieuses. Plusieurs cas cliniques ont ainsi rapporté des complications liées à une utilisation chronique de mascara, incluant des lésions de la conjonctive, des dermatites palpébrales, des kératites infectieuses ou encore des obstructions des voies lacrymales. Dans une série de cas, deux patientes présentaient des dépôts pigmentaires conjonctivaux non mélanocytaires après des années d’utilisation intensive de mascara, tandis qu’un autre patient a développé une obstruction du canal lacrymal causée par un conglomérat de résidus de produit. Ces observations suggèrent que les pigments et particules issus des produits pour les yeux peuvent s’accumuler progressivement sur la surface oculaire ou dans les voies de drainage des larmes.

Il est toutefois important de nuancer : de nombreuses personnes utilisent quotidiennement du mascara ou des sérums pour les cils sans développer de complications, comme c’est fréquemment le cas chez les actrices ou les mannequins, exposées à un maquillage répété. La survenue de problèmes semble ainsi moins liée à la fréquence d’utilisation qu’à la qualité du démaquillage. Un nettoyage insuffisant peut favoriser l’accumulation progressive de résidus cosmétiques au niveau des paupières, de la surface oculaire ou des voies lacrymales, augmentant le risque d’irritation ou d’infection. Un démaquillage soigneux, réalisé chaque soir avec un produit adapté et sans frottement excessif, est donc essentiel pour préserver la santé oculaire.

Cette étude rappelle que les cosmétiques appliqués au niveau des cils et des sourcils ne sont pas anodins à long terme, en particulier lorsqu’ils sont utilisés sans démaquillage rigoureux.

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Quels ingrédients cosmétiques éviter dans les sérums cils et sourcils ?

Les risques associés aux sérums pour les cils et les sourcils dépendent aussi et surtout des ingrédients qu’ils renferment. Certains actifs, bien que très efficaces pour stimuler la pousse des poils, peuvent entraîner des effets indésirables non négligeables, en particulier lorsqu’ils sont utilisés de façon prolongée à proximité de l’œil.

La prostaglandine et ses dérivés, des ingrédients à écarter.

Les analogues de prostaglandines constituent sans doute les ingrédients les plus controversés des sérums cils et sourcils. À l’origine, les prostaglandines sont des hormones impliquées dans de nombreux processus physiologiques. Certains de leurs dérivés sont également utilisés en ophtalmologie, notamment dans des collyres destinés au traitement du glaucome, où ils permettent de réduire la pression intraoculaire. L’un de leurs effets secondaires bien documentés est une stimulation marquée de la croissance des cils, observée chez les patients traités.

C’est sur la base de cette observation clinique que ces molécules ont été détournées vers un usage cosmétique, afin de favoriser l’allongement et la densification des cils et des sourcils. Si leur efficacité est indéniable, leur profil de tolérance pose problème. De nombreux effets indésirables ont été rapportés : rougeurs et œdèmes des paupières, sensations de brûlure ou de picotement, larmoiements, hyperpigmentation cutanée au niveau du ras des cils, assombrissement durable de l’iris, diminution de la pression oculaire ou encore pousse de poils indésirables sur les zones de contact du produit.

Sur le plan réglementaire, ces substances font l’objet d’une surveillance accrue. Aux États-Unis, leur utilisation dans des produits cosmétiques pour les yeux est strictement encadrée par la FDA. En Europe, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques a estimé dès 2018 que les dérivés de prostaglandines utilisés pour stimuler la croissance des cils pouvaient présenter un risque pour la santé, même aux concentrations employées en cosmétique. À la suite d’un appel à données lancé en 2020, le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (CSSC) a conclu en 2022 que l’usage de ces analogues dans les produits cosmétiques n’était pas exempt de risques pour le consommateur.

Bon à savoir : Dans les listes INCI, les analogues de la prostaglandine sont souvent identifiables par la présence du segment "prost", par exemple : Isopropyl Cloprostenate, Ethyl Tafluprostamide, Dehydrolatanoprost, Bimatoprost ou Cyclopropyl Bimatoprost.

Le phénoxyéthanol, un irritant oculaire suspecté dont il faut se méfier.

Le phénoxyéthanol est un conservateur synthétique utilisé en cosmétique pour limiter la prolifération microbienne. Bien qu’autorisé par la réglementation européenne dans certaines limites de concentration, il est régulièrement pointé du doigt pour son potentiel irritant oculaire.

Plusieurs autorités sanitaires, dont l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), reconnaissent que le phénoxyéthanol peut provoquer des irritations oculaires modérées à sévères. Des cas de sensations de brûlure, de rougeurs et de larmoiements ont été rapportés, ce qui pose question lorsqu’il est utilisé dans des soins appliqués à proximité immédiate de l’œil. Dans un sérum cils ou sourcils, où le risque de migration vers la surface oculaire est réel, sa présence peut donc questionner.

Remarque : La liste d’ingrédients évoqués ci-dessus n’est pas exhaustive. D’autres composants peuvent être problématiques dans les sérums destinés aux cils et aux sourcils. Parmi eux, on peut citer certains conservateurs irritants ou sensibilisants, comme les libérateurs de formaldéhyde (DMDM Hydantoin, Imidazolidinyl Urea...) ou le Benzalkonium Chloride, connu pour son potentiel irritant sur la surface oculaire. Les parfums et allergènes parfumants, par exemple le limonène, le linalol ou le géraniol, même présents à faible dose, peuvent également déclencher des réactions chez les personnes sensibles. Enfin, certains alcools dénaturés peuvent causer des sensations de picotement au niveau des yeux.

En pratique : Comment choisir un sérum cils et sourcils plus sûr ?

Pour limiter les risques d’effets indésirables, plusieurs critères peuvent guider le choix d’un sérum pour les cils et les sourcils.

  • Vérifier la formulation : Évitez notamment les dérivés de prostaglandines. Même si ces actifs sont efficaces, leur balance bénéfices/risques est défavorable. Certains agents fortifiants, comme les peptides de pois, offrent des résultats plus progressifs, mais sont mieux tolérés.

  • Éviter les formules parfumées : L’absence de parfum et d’allergènes parfumants est un vrai plus pour réduire le risque de picotements, de rougeurs ou de conjonctivite de contact.

  • Introduire le produit progressivement : Même avec une formule bien conçue, il est conseillé de commencer par une application un jour sur deux, puis d’augmenter la fréquence si aucune réaction n’apparaît.

  • Réaliser un test de tolérance préalable : Appliquer une petite quantité de produit au pli du coude ou derrière l’oreille 24 à 48 heures avant la première utilisation permet de détecter une éventuelle sensibilité individuelle.

Sources

FAQ sur les dangers des produits pour les cils.

Comment expliquer qu'un cosmétique pour les cils picote les yeux ?

Ce type de produit peut provoquer des picotements, même en l’absence d’ingrédients irritants connus, en raison de sa migration vers la surface oculaire. Le film lacrymal est très sensible aux variations de pH et de texture, ce qui peut suffire à déclencher une gêne. La sensibilité individuelle joue également un rôle important.

Comment appliquer correctement un produit pour les cils ?

Les sérums à brosse doivent être appliqués en fine couche à la racine des cils, tandis que les formules au pinceau s’utilisent comme un trait d’eyeliner, sans s’approcher trop près de l’œil. Il est conseillé d’essorer l’applicateur avant chaque usage, afin d’éviter de déposer un excès de produit, plus susceptible de migrer dans l'œil.

Peut-on utiliser un sérum pour les cils en portant des lentilles de contact ?

Oui, mais il est préférable d’appliquer le produit après avoir retiré les lentilles pour éviter tout dépôt dessus et d'attendre quelques minutes avant de les remettre.

Les sérums pour les cils peuvent-ils modifier la couleur de l’iris ?

Ce phénomène est surtout associé aux analogues de prostaglandines utilisés en ophtalmologie. Lorsqu’il survient, l’assombrissement peut être irréversible. Les sérums dépourvus de ces molécules ne présentent pas ce risque.

Les ingrédients “naturels” sont-ils forcément plus sûrs près des yeux ?

Pas nécessairement. Certaines substances d’origine naturelle, comme les huiles essentielles ou certains extraits végétaux, peuvent être irritantes ou allergisantes. La tolérance dépend davantage de la formulation globale que de l’origine des ingrédients.

Peut-on utiliser un sérum cils pendant la grossesse ?

Cela dépend. Certains peuvent être utilisés pendant la grossesse, tandis que d'autres sont contre-indiqués aux femmes enceintes. En cas de doute, n'hésitez pas à demander à un professionnel de santé.

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