Transpirer est souvent perçu comme un désagrément du quotidien. Pourtant, ce phénomène est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Pourquoi transpire-t-on exactement ? Décryptons ensemble ce processus et ses causes.

Transpirer est souvent perçu comme un désagrément du quotidien. Pourtant, ce phénomène est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Pourquoi transpire-t-on exactement ? Décryptons ensemble ce processus et ses causes.

de glandes sudoripares sur l'ensemble du corps.
de sueur perdue par jour en moyenne sans activité physique.
La transpiration a tout d'abord un rôle thermorégulateur.
Autrement dit, elle permet à l’organisme de maintenir une température interne relativement stable, autour de 37°C, malgré les variations de l’environnement ou l’augmentation de la production de chaleur par le corps lui-même. C’est un point essentiel, car le fonctionnement des enzymes, des cellules et des organes dépend d’un équilibre thermique précis. Si la température corporelle s’élève trop, ce fonctionnement peut être perturbé.
L'un des principaux facteurs internes pouvant provoquer une élévation de température est l'activité physique. En effet, lorsqu'un muscle se contracte, toute l’énergie chimique consommée n’est pas convertie en mouvement utile. Une partie importante est dissipée sous forme de chaleur. En pratique, cela signifie que, pendant un effort physique, les muscles produisent beaucoup de chaleur en plus du travail mécanique demandé. Plus l’exercice est intense, plus cette production de chaleur augmente. Il faut alors évacuer cet excès thermique.
C’est ici que la transpiration entre en jeu. Les glandes sudoripares eccrines, réparties sur presque toute la surface du corps, sécrètent de la sueur à la surface de la peau. Cette sueur est constituée en grande majorité d’eau, avec une petite quantité de sels minéraux et d’autres composés dissous. En elle-même, la présence d’eau sur la peau ne suffit pas à refroidir le corps. Le véritable mécanisme de refroidissement vient de son évaporation. En effet, lorsque la sueur s’évapore, elle absorbe de l’énergie thermique à la surface cutanée. En d’autres termes, pour passer de l’état liquide à l’état gazeux, l’eau a besoin d’énergie, qu’elle prélève en partie sur la chaleur du corps. C’est ainsi que la transpiration permet une dissipation thermique efficace.
On estime qu’environ 1 gramme de sueur évaporée permet d’évacuer près de 2,4 kJ de chaleur. La quantité de sueur produite dépend donc étroitement de la quantité de chaleur que le corps doit éliminer.
Il existe deux principaux types de glandes sudoripares :
Les glandes eccrines : Très nombreuses et réparties sur presque toute la surface du corps, elles sont actives dès la naissance et sécrètent une sueur aqueuse, peu riche en lipides, principalement en réponse à une élévation de la température corporelle.
Les glandes apocrines : Localisées uniquement dans certaines zones (aisselles, région génitale), elles deviennent actives à la puberté et produisent une sécrétion plus épaisse et riche en composés organiques, notamment en réponse aux émotions ou au stress.
À noter que si l’air est sec et qu’il circule bien, la sueur s’évapore facilement et refroidit efficacement le corps. En revanche, lorsque l’air est humide, l’évaporation devient plus difficile. La sueur peut alors ruisseler sans vraiment remplir son rôle de refroidissement. C’est la raison pour laquelle, à température égale, on transpire davantage lorsque l'air est humide. C'est le système nerveux qui contrôle ce processus. L’hypothalamus, une région du cerveau impliquée dans la régulation de la température corporelle, reçoit les informations provenant des thermorécepteurs situés dans la peau et dans l’organisme. Lorsqu’il détecte une élévation de température, il active les glandes eccrines via le système nerveux autonome, plus précisément les fibres sympathiques cholinergiques, ce qui provoque la transpiration.
Remarque : Il est intéressant de noter que la quantité de sueur produite n’est pas figée. Elle peut s’adapter avec le temps, notamment en cas d’acclimatation à la chaleur. Après plusieurs jours d’exposition répétée à des conditions chaudes, l’organisme devient plus efficace : il se met à transpirer plus tôt et souvent davantage, tout en perdant proportionnellement moins de sodium dans la sueur. Cette adaptation améliore la tolérance à la chaleur et diminue le risque d’hyperthermie.
Ainsi, on transpire d’abord parce que le corps a besoin de protéger sa température interne.
La transpiration ne se limite pas à une réponse thermique. Elle peut également être déclenchée par des émotions telles que le stress, l’anxiété, la peur ou encore l’excitation. Contrairement à la transpiration liée à la chaleur, qui est principalement pilotée par l’hypothalamus en réponse à une élévation de la température corporelle, la transpiration émotionnelle est déclenchée par des structures cérébrales impliquées dans le traitement des émotions, comme le système limbique, notamment l’amygdale. Lorsque le cerveau perçoit une situation comme stressante ou menaçante, il active le système nerveux sympathique, ce qui entraîne, entre autres, une stimulation des glandes sudoripares.
La transpiration émotionnelle est très rapide et peut apparaître quelques secondes seulement après un stimulus émotionnel.
Cet type de transpiration concerne des zones spécifiques du corps, en particulier les paumes des mains, les plantes des pieds, les aisselles et parfois le front, où l'on retrouve des glandes sudoripares apocrines. Bien sûr, la transpiration émotionnelle varie fortement d'un individu à l'autre. Certaines personnes présentent une sensibilité accrue du système nerveux sympathique, ce qui peut se traduire par une transpiration émotionnelle plus importante, parfois qualifiée d’hyperhidrose lorsqu’elle devient excessive et impacte la qualité de vie.
Si la transpiration est avant tout un mécanisme de thermorégulation, elle joue également un rôle plus discret mais réel dans l’équilibre physiologique de la peau. La sueur produite par les glandes eccrines n’est pas uniquement composée d’eau : elle contient aussi une variété de molécules, comme du sodium, du potassium, du lactate, de l'urée, ainsi que certains acides aminés, qui participent au maintien de l’hydratation cutanée.
Ces composés font partie, pour certains, de ce que l’on appelle les facteurs naturels d’hydratation, qui ont pour but de retenir l'eau dans la couche cornée, la couche la plus externe de l'épiderme.
Au-delà de l’hydratation, la sueur semble également participer à la défense de la peau face aux agressions extérieures. Les glandes sudoripares sont capables de produire et de sécréter des peptides antimicrobiens, comme la dermcidine, la cathelicidine ou encore la lactoferrine. Ces molécules contribuent à limiter la prolifération de certains micro-organismes à la surface de la peau, participant ainsi au maintien du microbiome cutané. La transpiration pourrait donc participer, dans une certaine mesure, à la protection contre certaines infections cutanées, même si ce rôle reste encore en cours d’exploration.
La sueur intervient aussi dans le maintien de l’acidité de la surface de la peau. En effet, certains de ses composants, comme le lactate, contribuent à maintenir un pH légèrement acide, autour de 4,5–5,5, favorable à l’équilibre du microbiote et à l’intégrité de la barrière cutanée. Cette acidité limite notamment la croissance de bactéries pathogènes et soutient l’activité des enzymes impliquées dans le renouvellement de la couche cornée.
Remarque : Si une transpiration modérée peut contribuer à l’hydratation et à la protection de la peau, une transpiration excessive, prolongée ou associée à une occlusion, comme dans le cas de vêtements serrés, peut au contraire fragiliser la barrière cutanée et favoriser les irritations. L’impact de la sueur sur la peau dépend donc du contexte et de son intensité.
L’idée selon laquelle la transpiration permettrait d’éliminer les toxines du corps est largement répandue. Sauna et sport intense sont en effet souvent présentés comme des moyens d’accélérer cette élimination. Pourtant, d’un point de vue physiologique, cette vision est très simplifiée. Il est vrai que la sueur contient des traces de composés exogènes, comme des métaux, des polluants ou encore de l'alcool. Cependant, leur présence dans la sueur ne signifie pas que la transpiration constitue un mécanisme majeur d’élimination. La sueur est produite à partir du liquide interstitiel, lui-même dérivé du plasma sanguin, et sa composition reflète en partie celle de ce compartiment. Il s’agit donc davantage d’un phénomène de diffusion passive que d’un processus actif de détoxification.
Les véritables organes impliqués dans l’élimination des substances indésirables sont le foie et les reins. Le foie transforme les toxines en métabolites plus facilement éliminables, tandis que les reins filtrent le sang pour excréter ces substances dans les urines. À titre d’exemple, environ 90% de l’alcool ingéré est métabolisé par le foie, le reste étant éliminé en petite partie par l’air expiré, l’urine et la sueur. La contribution de la transpiration à cette élimination reste donc marginale.
De même que transpirer ne permet pas d'éliminer de la masse graisseuse, une transpiration excessive, par exemple suite à une séance de sauna, ne s’accompagne pas nécessairement d’une élimination accrue de substances indésirables.
Le bon fonctionnement de la transpiration est parfois altéré. Ces modifications peuvent se traduire par une transpiration excessive (hyperhidrose) ou, au contraire, insuffisante (hypohidrose ou anhidrose). Certaines maladies affectent directement le fonctionnement des glandes sudoripares ou des voies nerveuses qui les contrôlent. Par exemple, le diabète ou la sclérose en plaques peuvent perturber la régulation de la transpiration. Dans d’autres cas, comme l’anhidrose congénitale, les glandes sudoripares sont absentes ou peu fonctionnelles, ce qui compromet la capacité du corps à évacuer la chaleur et peut entraîner une intolérance à la chaleur.
À l’inverse, une hyperactivité du système nerveux sympathique faisant suite à des changements hormonaux, tels qu'une hyperthyroïdie ou encore tout simplement la ménopause, peut provoquer une transpiration excessive. Certains médicaments peuvent aussi stimuler la production de sueur, comme les antidépresseurs et les antalgiques.
Ces altérations ne sont pas anodines.
Une transpiration insuffisante peut limiter la capacité du corps à se refroidir, augmentant le risque de coup de chaleur. À l’inverse, une transpiration excessive peut avoir un impact sur la qualité de vie, notamment sur le plan social et émotionnel. C'est pourquoi, si vous constatez une modification de votre sudation, n'hésitez pas à en parler à un professionnel de santé pour en identifier la cause et pour qu'il vous propose des solutions.
MACHADO-MOREIRA C. A. & al. Regional variations in transepidermal water loss, eccrine sweat gland density, sweat secretion rates and electrolyte composition in resting and exercising humans. Extreme Physiology & Medicine (2013).
HSU W. H. & al. Neural control of sweat secretion: A review. British Journal of Dermatology (2018).
BAKER L. B. Physiology of sweat gland function: The roles of sweating and sweat composition in human health. Temperature (2019).
WOLFE A. S. & al. Physiological mechanisms determining eccrine sweat composition. European Journal of Applied Physiology (2020).
Garder ce qui est essentiel.
Nos formules sont courtes et ne contiennent que des ingrédients essentiels.
Fabriquées en France.