Si la sueur est naturellement inodore, elle n'en est pas moins un terrain fertile à des bactéries qui, en dégradant les molécules organiques, produisent des odeurs corporelles.
Or, nos choix alimentaires agissent directement sur ce processus. Une étude menée en 2017 a mis en évidence que les hommes ayant une consommation élevée de fruits et légumes dégagent une odeur de sueur jugée significativement plus agréable, avec des notes qualifiées de florales, fruitées et sucrées. Cette corrélation serait liée aux caroténoïdes, ces pigments antioxydants que l'on trouve en abondance dans les carottes, les tomates ou les épinards. Plus le taux de caroténoïdes mesuré dans la peau est élevé, plus la sueur est perçue comme "saine" et attractive par l'entourage.
À l'opposé, d'autres groupes d'aliments semblent alourdir cette signature olfactive. Les recherches suggèrent qu'une consommation excessive de glucides raffinés, retrouvés dans les pâtes blanches, le pain blanc ou encore les pâtisseries, est souvent associée à une sueur plus forte et moins plaisante. Concernant les protéines, les données sont plus nuancées : si une consommation élevée de viande rouge est traditionnellement soupçonnée de rendre l'odeur corporelle plus intense et âcre, certaines études indiquent que des apports modérés en œufs ou en tofu ne nuisent pas nécessairement à l'odeur de la sueur. Le problème réside souvent dans l'excès et la difficulté de l'organisme à traiter certains résidus métaboliques.
Enfin, il ne faut pas oublier les "marqueurs" olfactifs directs. Certains composés soufrés présents dans l'ail, l'oignon ou certains crucifères, comme le brocoli, ne sont pas totalement détruits par la digestion. Leurs métabolites circulent dans le sang et sont finalement évacués par les pores, modifiant temporairement notre sillage. Pour maintenir une sueur neutre et fraîche, la clé semble résider dans une assiette riche en végétaux, qui permet aux caroténoïdes de "parfumer" naturellement notre épiderme.