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Réglementation cosmétique sur les prostaglandines.

Dérivés de prostaglandine : que dit la réglementation cosmétique à leur sujet ?

Certains sérums destinés à favoriser la pousse des cils contiennent des dérivés de prostaglandine, des substances pharmacologiquement actives initialement utilisées en ophtalmologie pour traiter le glaucome. Leur efficacité sur la croissance des cils est connue, mais plusieurs effets indésirables oculaires ont également été rapportés. Face aux interrogations soulevées par leur utilisation dans les cosmétiques, les autorités sanitaires et scientifiques européennes se sont penchées sur leur sécurité. Que disent aujourd’hui les évaluations réglementaires sur ces ingrédients ? Découvrons-les ensemble.

Publié le 10 mars 2026, mis à jour le 10 mars 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 11 min de lecture

L'essentiel à retenir.

  • Certains sérums pour les cils contiennent des analogues de prostaglandines, des substances initialement utilisées en ophtalmologie.

  • Ces molécules peuvent stimuler la croissance des cils, mais elles possèdent aussi une activité pharmacologique importante.

  • Des effets indésirables oculaires ont été rapportés, notamment un assombrissement irréversible de l’iris ou une fonte de la graisse périorbitaire.

  • Le SCCS considère actuellement qu’aucun des analogues évalués ne peut être considéré comme sûr dans les cosmétiques destinés à favoriser la pousse des cils.

  • La réglementation européenne pourrait évoluer vers une restriction ou une interdiction, mais aucune décision définitive n’a encore été adoptée.

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Pourquoi certains sérums pour les cils contiennent-ils des dérivés de prostaglandine ?

La présence de dérivés de prostaglandine dans certains sérums destinés à favoriser la pousse des cils trouve son origine dans la recherche médicale. Les prostaglandines sont des médiateurs lipidiques impliqués dans de nombreux processus physiologiques, notamment l’inflammation, la vasodilatation ou encore la régulation de certaines fonctions oculaires. Plusieurs analogues synthétiques de ces molécules ont été développés en ophtalmologie pour la prise en charge du glaucome, une pathologie caractérisée par une augmentation de la pression intraoculaire pouvant endommager le nerf optique. Des substances comme le bimatoprost, le latanoprost ou le travoprost sont ainsi utilisées sous forme de collyres afin de diminuer la pression intraoculaire en facilitant l’évacuation de l’humeur aqueuse.

Lors de l’utilisation de ces médicaments, un effet inattendu a toutefois été observé chez certains patients : une augmentation de la longueur, de l’épaisseur et de la densité des cils.

Ce phénomène est lié à l’action des analogues de prostaglandines sur le cycle pilaire. Ces molécules semblent en effet favoriser l’entrée des follicules pileux dans la phase anagène, c’est-à-dire la phase active de croissance du poil, tout en prolongeant sa durée. Cet effet a progressivement suscité un intérêt dans le domaine esthétique. Sur cette base, un médicament contenant du bimatoprost a d’ailleurs été développé pour stimuler la croissance des cils chez les personnes présentant une hypotrichose des cils. Parallèlement, plusieurs analogues de prostaglandines ont commencé à apparaître dans des produits cosmétiques.

Dans certains sérums pour cils disponibles sur le marché, on peut ainsi retrouver des substances telles que l’isopropyl cloprostenate, l’éthyl tafluprostamide, le methylamido-dihydro-noralfaprostal ou encore le norbimatoprost. Ces molécules sont chimiquement apparentées aux prostaglandines et peuvent exercer une activité biologique sur les follicules pileux des cils.

Quels effets indésirables ont été associés aux analogues de prostaglandines ?

Les analogues de prostaglandines sont connus pour provoquer plusieurs effets indésirables oculaires et périoculaires.

Dans le domaine médical, ces effets sont bien documentés et mentionnés dans les notices des collyres prescrits contre le glaucome. Ils sont également expliqués directement aux patients par les professionnels de santé. Parmi les effets les plus fréquemment rapportés figure l’allongement et l’épaississement des cils. Si cet effet peut être recherché dans un contexte esthétique, il s’accompagne toutefois d’autres modifications oculaires moins désirables.

Un assombrissement progressif et parfois irréversible de l’iris a notamment été observé chez certains patients traités par collyres contenant des analogues de prostaglandines. Ce phénomène résulte d’une augmentation de la production de mélanine par les mélanocytes présents dans l’iris. Il peut conduire à une modification permanente de la couleur des yeux, par exemple d’un iris bleu ou vert vers une teinte plus foncée. D’autres effets indésirables peuvent également survenir au niveau de la surface oculaire. Des irritations chroniques, des rougeurs conjonctivales ou encore des sensations de brûlure ont été rapportées chez des patients utilisant ces molécules.

Les analogues de prostaglandines peuvent aussi induire des modifications au niveau des tissus périoculaires. Une fonte de la graisse périorbitaire a notamment été décrite chez des patients traités par certains collyres anti-glaucome. Cette diminution du volume graisseux autour de l’orbite peut entraîner un creusement du sillon palpébral et donner au regard un aspect plus marqué ou plus fatigué. Ce phénomène est parfois regroupé sous le terme de "périorbitopathie associée aux prostaglandines".

≈ 10%

des personnes traitées avec un collyre anti-glaucome présentent ces effets indésirables.

Dans le contexte du traitement du glaucome, ces effets sont généralement considérés comme acceptables au regard du bénéfice thérapeutique attendu. En revanche, lorsque les prostaglandines sont utilisées dans des produits cosmétiques destinés à stimuler la pousse des cils, la question de leur tolérance se pose différemment. L’exposition à des effets indésirables oculaires, parfois irréversibles comme la modification de la couleur de l’iris, apparaît en effet plus difficilement justifiable. Cette problématique a notamment été illustrée par plusieurs signalements de cosmétovigilance, dont un cas rapporté en 2025 à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Dans ce signalement, une utilisatrice ayant appliqué quotidiennement un sérum pour les cils pendant plusieurs mois a constaté un assombrissement marqué de l’iris d’un œil ainsi qu’une perte de graisse autour des orbites, accentuant l’apparence des cernes. L’évaluation du dossier a conduit à considérer comme vraisemblable un lien entre ces effets indésirables et la présence d’un dérivé de prostaglandine, l’isopropyl cloprostenate, dans la formule du produit. Ce type de signalement contribue aujourd’hui à renforcer l’attention portée par les autorités sanitaires à l’utilisation des dérivés de prostaglandine dans les produits cosmétiques destinés à la zone oculaire.

Remarque : Chez Typology, nous excluons la prostaglandine et ses dérivés de nos formulations.

Que disent aujourd’hui les autorités scientifiques et la réglementation européenne ?

Plusieurs organismes scientifiques ont exprimé des préoccupations quant à la sécurité des prostaglandines lorsqu’elles sont appliquées à proximité de l’œil. Les premières alertes remontent à 2018, lorsque l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques, le "Bundesinstitut für Risikobewertung", ou BfR, a informé la Commission européenne de la présence croissante de dérivés de prostaglandine dans des produits cosmétiques destinés à favoriser la croissance des cils. Dans son évaluation, l’agence soulignait que ces substances possèdent une activité pharmacologique puissante, susceptible d’entraîner des effets biologiques indésirables, même à de très faibles concentrations.

À la suite de cette alerte, la Commission européenne a mandaté le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS) afin d’évaluer la sécurité de plusieurs analogues de prostaglandines utilisés dans les produits cosmétiques. Une première opinion publiée en 2022 indiquait que les données disponibles étaient insuffisantes pour conclure sur la sécurité de substances telles que l’isopropyl cloprostenate ou l’ethyl tafluprostamide. Le comité soulignait notamment l’absence de données toxicologiques robustes permettant d’écarter certains risques potentiels. De nouvelles données ayant été soumises par l’industrie, le SCCS a réévalué ces substances dans une opinion plus récente publiée en 2025.

Après examen des éléments disponibles, le comité a conclu qu’aucun des analogues de prostaglandines évalués ne pouvait être considéré comme sûr pour une utilisation dans des produits cosmétiques destinés à favoriser la croissance des cils et des sourcils, notamment l’isopropyl cloprostenate, l’ethyl tafluprostamide et le methylamido-dihydro-noralfaprostal.

À ce stade, ces conclusions scientifiques ne se sont toutefois pas encore traduites par une modification officielle du Règlement (CE) n°1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, qui encadre la mise sur le marché des cosmétiques dans l’Union européenne. Les autorités européennes pourraient néanmoins, à la lumière des avis du SCCS, décider d’introduire ces substances dans l’Annexe II du règlement, qui liste les ingrédients interdits dans les produits cosmétiques, ou d’en restreindre l’utilisation. Les décisions réglementaires définitives sont encore attendues.

Dans l’intervalle, certaines agences nationales ont choisi d’informer le public des risques potentiels associés à ces substances. En France, l'Anses a ainsi publié en 2025 une mise en garde concernant les cosmétiques contenant des dérivés de prostaglandine. L’Anses souligne que ces effets indésirables sont déjà connus en ophtalmologie, mais que les patients traités par collyres contenant des analogues de prostaglandines sont informés de ces risques dans le cadre d’un traitement médical nécessaire. Dans le cas des produits cosmétiques, en revanche, ces effets ne sont pas mentionnés sur les emballages, ce qui limite l’information des consommateurs.

Dans l’attente d’une éventuelle évolution de la réglementation européenne, l’agence recommande donc aux utilisateurs de rester attentifs à l’apparition de symptômes inhabituels, tels qu’un changement de couleur de l’iris ou des irritations oculaires persistantes. En cas d’effet indésirable, il est conseillé d’arrêter l’utilisation du produit, de consulter un professionnel de santé et de déclarer l’événement sur le portail national de signalement des effets sanitaires indésirables. Les signalements issus de la cosmétovigilance jouent en effet un rôle important dans l’identification de nouveaux risques et dans l’adaptation des mesures de sécurité destinées à protéger les consommateurs.

Sources

FAQ sur les dérivés de prostaglandine en cosmétique.

Les dérivés de prostaglandine sont-ils autorisés dans les cosmétiques ?

À ce jour, ils ne sont pas explicitement interdits dans le règlement cosmétique européen. Toutefois, les avis scientifiques récents du SCCS concluent que les analogues évalués ne peuvent pas être considérés comme sûrs, ce qui pourrait conduire à une future restriction ou interdiction.

Pourquoi les prostaglandines stimulent-elles la pousse des cils ?

Les analogues de prostaglandines agissent sur le cycle pilaire en favorisant l’entrée des follicules pileux en phase anagène, la phase de croissance active. Cela peut entraîner une augmentation de la longueur, de la densité et de l’épaisseur des cils.

Les effets des prostaglandines sur la couleur des yeux sont-ils irréversibles ?

Dans certains cas, l’assombrissement de l’iris observé avec les analogues de prostaglandines peut être permanent.

Les sérums pour cils vendus en Europe contiennent-ils tous des analogues de prostaglandines ?

Non, tous n’en contiennent pas. Il n'y en a notamment pas dans le sérum cils et sourcils de Typology.

Peut-on identifier facilement les dérivés de prostaglandine sur la liste INCI ?

Oui, ils apparaissent sous leur nom INCI avec le segment "prost", comme Isopropyl Cloprostenate ou Dechloro Dihydroxy Difluoro Ethylcloprostenolamide.

Les dérivés de prostaglandine sont-ils interdits dans les produits cosmétiques aux États-Unis ?

Non, les dérivés de prostaglandine ne sont pas interdits non plus aux États-Unis.

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