Le cadmium est interdit en tant qu'ingrédient en cosmétique.
Autrement dit, il n’est pas volontairement ajouté aux formules. Toutefois, comme pour d’autres métaux lourds, il peut être retrouvé à l’état de traces, en tant qu’impureté issue de certaines matières premières, notamment les pigments minéraux, ou du procédé de fabrication. La question n’est donc pas tant celle d’un ajout intentionnel, mais celle d’une contamination involontaire, généralement à des concentrations très faibles et encadrées par la réglementation.
Plusieurs études ont effectivement mis en évidence la présence de cadmium dans des cosmétiques, mais avec des niveaux très variables selon les produits, les marques et les pays. Par exemple, une étude menée au Bangladesh sur des crèmes hydratantes a montré des concentrations de cadmium d'en moyenne 3,23 ppm, certaines dépassant les limites fixées par l’OMS ou l’Union européenne (3 ppm), bien que restant globalement dans les seuils jugés acceptables. Les auteurs soulignent que, même si le risque immédiat semble faible, une exposition répétée pourrait entraîner une accumulation progressive de ces métaux dans l'organisme.
À l’inverse, d’autres travaux rapportent des concentrations beaucoup plus faibles. Une étude réalisée sur 13 produits cosmétiques (rouges à lèvres, fonds de teint, eyeliners) sur le marché saoudien a détecté du cadmium dans tous les échantillons, mais à des niveaux très faibles, autour de 0,02 ppm en moyenne, bien en dessous des seuils fixés par l'OMS. Une analyse comparant différents produits de maquillage européens a aussi montré que les concentrations en cadmium étaient largement inférieures aux limites réglementaires.
Dans l’ensemble, les données scientifiques indiquent qu’une contamination des cosmétiques au cadmium est possible, surtout dans les produits de maquillage, mais qu’elle reste faible et ne contribue que marginalement à l’exposition quotidienne globale, largement dominée par l’alimentation.