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Interrogations sur le cadmium en cosmétique.

Les cosmétiques peuvent-ils contenir du cadmium ?

Présent à l’état de trace dans l’environnement, le cadmium est un métal lourd connu pour sa toxicité. Sa présence potentielle dans certains produits du quotidien, y compris les cosmétiques, suscite des interrogations. Peut-on réellement y être exposé via sa routine de soin ? Faut-il s’en inquiéter ? Faisons le point.

Publié le 3 avril 2026, mis à jour le 3 avril 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 9 min de lecture

Le cadmium, en bref.

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement, mais dont les concentrations ont fortement augmenté en raison des activités humaines. Il est notamment introduit dans les sols agricoles via les engrais phosphatés, issus de roches naturellement riches en cadmium. Une fois présent dans les sols, il peut être absorbé par les plantes, puis entrer dans la chaîne alimentaire. C’est aujourd’hui la principale voie d’exposition pour la population générale.

Selon l’ANSES, l’alimentation représente jusqu’à 98% de l’imprégnation au cadmium chez les personnes non fumeuses.

Des aliments du quotidien, comme les céréales, les pommes de terre ou certains légumes racines y contribuent, ce qui rend l’exposition difficile à éviter complètement. Les données de biosurveillance montrent que cette exposition est loin d’être négligeable. En France, près de la moitié des adultes présentent des concentrations urinaires en cadmium supérieures au seuil critique, et l’imprégnation moyenne a quasiment doublé en une dizaine d’années. Les enfants sont également concernés, avec environ un quart d’entre eux dépassant la dose journalière tolérable par ingestion. Le tabagisme constitue un facteur aggravant majeur, car la fumée de cigarette contient du cadmium sous forme de particules inhalées, augmentant significativement la charge corporelle.

Le cadmium est particulièrement préoccupant en raison de sa capacité à s’accumuler dans l’organisme.

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10-30 ans

pour que la concentration en cadmium dans l'organisme diminue de moitié.

Cette bioaccumulation expose à des effets à long terme, notamment au niveau des reins, des os et du système cardiovasculaire. Plusieurs études ont également établi des associations avec un risque accru de certains cancers (pancréas, prostate, sein), ainsi qu’avec des troubles de la fertilité et du neurodéveloppement. L'exposition généralisée au cadmium fait donc l'objet de préoccupations sanitaires croissantes, y compris dans le domaine des cosmétiques.

Existe-t-il des risques de contamination au cadmium des cosmétiques ?

Le cadmium est interdit en tant qu'ingrédient en cosmétique

Autrement dit, il n’est pas volontairement ajouté aux formules. Toutefois, comme pour d’autres métaux lourds, il peut être retrouvé à l’état de traces, en tant qu’impureté issue de certaines matières premières, notamment les pigments minéraux, ou du procédé de fabrication. La question n’est donc pas tant celle d’un ajout intentionnel, mais celle d’une contamination involontaire, généralement à des concentrations très faibles et encadrées par la réglementation.

Plusieurs études ont effectivement mis en évidence la présence de cadmium dans des cosmétiques, mais avec des niveaux très variables selon les produits, les marques et les pays. Par exemple, une étude menée au Bangladesh sur des crèmes hydratantes a montré des concentrations de cadmium d'en moyenne 3,23 ppm, certaines dépassant les limites fixées par l’OMS ou l’Union européenne (3 ppm), bien que restant globalement dans les seuils jugés acceptables. Les auteurs soulignent que, même si le risque immédiat semble faible, une exposition répétée pourrait entraîner une accumulation progressive de ces métaux dans l'organisme.

À l’inverse, d’autres travaux rapportent des concentrations beaucoup plus faibles. Une étude réalisée sur 13 produits cosmétiques (rouges à lèvres, fonds de teint, eyeliners) sur le marché saoudien a détecté du cadmium dans tous les échantillons, mais à des niveaux très faibles, autour de 0,02 ppm en moyenne, bien en dessous des seuils fixés par l'OMS. Une analyse comparant différents produits de maquillage européens a aussi montré que les concentrations en cadmium étaient largement inférieures aux limites réglementaires.

Dans l’ensemble, les données scientifiques indiquent qu’une contamination des cosmétiques au cadmium est possible, surtout dans les produits de maquillage, mais qu’elle reste faible et ne contribue que marginalement à l’exposition quotidienne globale, largement dominée par l’alimentation.

> 98%

de l'exposition quotidienne au cadmium vient de l'alimentation.

< 2%

de l'exposition quotidienne au cadmium vient des cosmétiques.

Le cadmium est-il dangereux en application topique ?

Plusieurs travaux ont cherché à déterminer si l'exposition au cadmium par voie topique pouvait avoir des effets indésirables, de façon similaire à l'ingestion. À ce jour, les données restent limitées, mais certaines études apportent des éléments de réflexion intéressants. Une étude menée auprès de 252 femmes atteintes de dermatoses (rosacée, eczéma et dermatite séborrhéique), comparées à 102 femmes sans pathologie, a analysé à la fois les produits cosmétiques utilisés (rouges à lèvres, poudres, eye-liners, fards à paupières) et différents biomarqueurs, notamment le sérum, le liquide sanguin débarrassé de ses cellules et des protéines de la coagulation.

Les résultats montrent que le cadmium est détecté dans l’ensemble des produits testés, avec des concentrations comprises entre 0,40 et 0,76 ppm dans les poudres, 1,63 et 2,30 ppm dans les rouges à lèvres, 1,05 et 3,60 ppm dans les eye-liners et 1,05 et 4,53 ppm dans les fards à paupières, certaines valeurs dépassant le seuil de 3 ppm évoqué par l’OMS. Sur le plan biologique, les femmes atteintes de dermatoses présentent des concentrations de cadmium significativement plus élevées que les témoins, ainsi que des concentrations capillaires environ deux à trois fois supérieures.

2,28 à 3,46 µg/L

Niveaux de cadmium dans le sérum des participantes atteintes de dermatose entre 16 et 35 ans.

1,03 à 1,50 µg/L

Niveaux de cadmium dans le sérum des participantes sans dermatose entre 16 et 35 ans.

2,83 à 4,15 µg/L

Niveaux de cadmium dans le sérum des participantes atteintes de dermatose entre 36 et 50 ans.

1,18 à 1,80 µg/L

Niveaux de cadmium dans le sérum des participantes sans dermatose entre 36 et 50 ans.

Ces résultats suggèrent que le cadmium pourrait être impliqué dans certains déséquilibres cutanés.

D’un point de vue mécanistique, le cadmium peut interagir avec les protéines de la peau via les groupements thiols (-SH), et induire un stress oxydatif susceptible d’altérer les cellules. Toutefois, sa pénétration à travers la peau reste limitée : on estime qu’environ 0,5% du cadmium appliqué est effectivement absorbé, principalement en cas d’exposition prolongée ou à des concentrations élevées, ce qui suggère que la contribution des cosmétiques à l'exposition globale reste faible.

Toutefois, il est important de rester prudent et de souligner que cette étude ne permet pas d’établir un lien de causalité direct entre l’utilisation de cosmétiques contenant du cadmium et l’apparition de dermatoses. Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, l’application topique apparaît comme une voie d’exposition secondaire, dont l’impact reste limité par rapport aux autres sources environnementales, notamment l'alimentation.

Sources

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