La transpiration est un phénomène naturel, mais les odeurs corporelles peuvent vite devenir gênantes au quotidien. D’où viennent-elles et surtout, comment les éliminer efficacement ? Découvrez tous nos conseils.

La transpiration est un phénomène naturel, mais les odeurs corporelles peuvent vite devenir gênantes au quotidien. D’où viennent-elles et surtout, comment les éliminer efficacement ? Découvrez tous nos conseils.

L'hygiène est la première étape pour limiter les mauvaises odeurs. Cela étant, contrairement à une idée reçue, la transpiration en elle-même est inodore : ce sont les bactéries présentes à la surface de la peau qui, en dégradant la sueur, produisent des composés responsables des odeurs. Se laver régulièrement permet donc de réduire la prolifération de ces bactéries et d’éliminer les résidus de sueur accumulés au fil de la journée.
Certaines zones du corps nécessitent une attention particulière, notamment les aisselles, les pieds, l’aine ou encore les plis cutanés, où l’humidité favorise le développement bactérien.
Une douche quotidienne est généralement suffisante, mais, en cas d'activité physique intense ou de fortes chaleurs, il est possible d'adapter cette recommandation et d'en prendre deux. Veillez aussi à bien sécher la peau après la toilette et à changer de serviette au moins une fois par semaine, car l’humidité persistante crée un environnement propice aux odeurs.
Remarque : Une hygiène efficace ne passe pas par l'utilisation de produits agressifs. Au contraire, des produits lavants trop détergents peuvent perturber le microbiote cutané, ce qui pourrait paradoxalement favoriser les mauvaises odeurs à long terme. Il est donc conseillé de choisir des soins adaptés au pH de la peau et sans tensioactifs agressifs, comme le Sodium Lauryl Sulfate (SLS) et le Sodium Laureth Sulfate (SLES).
Le choix des vêtements joue un rôle bien plus important qu’on ne le pense dans l’apparition des mauvaises odeurs corporelles. En effet, les textiles ne sont pas neutres : ils absorbent la sueur, retiennent l’humidité et hébergent des bactéries, qui vont ensuite dégrader cette sueur et produire des composés odorants. Certains tissus favorisent davantage ce phénomène, en particulier les matières synthétiques comme le polyester ou le nylon. Ces fibres ont tendance à emprisonner les odeurs et à favoriser la prolifération de certaines bactéries, ce qui peut rendre les odeurs plus intenses et persistantes, même après lavage.
Une étude menée auprès de 26 participants après une séance de sport a justement comparé l’odeur et la flore bactérienne de t-shirts en coton et en polyester. Les résultats montrent que les vêtements en polyester sont significativement plus odorants et moins agréables que ceux en coton. Cette différence est notamment liée à la présence accrue de certaines bactéries, comme les microcoques, retrouvées majoritairement sur les textiles synthétiques. À l'inverse, les fibres naturelles comme le coton semblent limiter la prolifération de ces micro-organismes responsables des mauvaises odeurs. L’étude a également évalué une "hedonic value", ou valeur hédonique, correspondant au caractère agréable ou désagréable d’une odeur, mesuré sur une échelle allant de très désagréable à très agréable. Le polyester présente une valeur hédonique plus basse, ce qui signifie que son odeur est perçue comme plus désagréable.

Caractérisation des odeurs de vêtements en coton (vert) et en polyester (rouge) après une séance de sport.
Source : BOON N. & al. Microbial odor profile of polyester and cotton clothes after a fitness session. Applied and Environmental Microbiology (2014).
La figure ci-dessous illustre plusieurs paramètres : la valeur hédonique, l’intensité de l’odeur et différentes caractéristiques qualitatives (odeur acide, ammoniacale, “moisie”, forte ou liée à la transpiration). Les résultats montrent que les vêtements en polyester présentent des odeurs plus intenses et globalement moins agréables que ceux en coton. Ainsi, privilégier des vêtements respirants et en fibres naturelles, comme le coton ou la laine, peut faire une réelle différence au quotidien. Ces matières permettent une meilleure évacuation de l’humidité et retiennent moins les odeurs. Enfin, changer régulièrement de vêtements, notamment après une activité physique, reste un réflexe à ne pas négliger pour éviter l’accumulation de bactéries et de mauvaises odeurs.
Les déodorants sont une solution courante pour limiter les mauvaises odeurs corporelles. Leur efficacité repose sur plusieurs mécanismes complémentaires. Contrairement aux idées reçues, ils n’agissent pas uniquement en masquant les odeurs : leur action principale consiste à cibler les bactéries responsables de leur formation. Les déodorants intègrent ainsi généralement trois types d’ingrédients : des agents antimicrobiens pour limiter la prolifération bactérienne, des agents parfumants pour masquer les odeurs, et des agents absorbants pour capter l’humidité.
| Famille d'ingrédients | Composés |
|---|---|
| Agents antimicrobiens | Triclosan, propylène glycol, composés d’ammonium quaternaire, octoxyglycérine, 2-éthylhexylglycérine et hydroxychlorure d’argininate d’éthyllauryle |
| Odour masking agents | Limonène, linalol, eugénol, géraniol, hexylcinnamaldéhyde, ou simplement mention "parfum" |
| Odour absorbers | Bicarbonate de sodium, carbonate de zinc et talc |
Remarque : Les sels d'aluminum, bien qu’associés aux anti-transpirants, possèdent également une activité antibactérienne et contribuent à réduire l’humidité locale, limitant ainsi indirectement les odeurs. Toutefois, ces ingrédients font l’objet de débats et sont parfois accusés d'être cancérigènes. C'est pourquoi des alternatives pour les remplacer sont constamment recherchées.
Par exemple, des extraits de bactéries acétiques ont montré qu’ils pouvaient transformer certains aldéhydes malodorants en acides carboxyliques moins odorants, réduisant ainsi l’intensité des odeurs sans les supprimer totalement. D’autres approches reposent sur des extraits végétaux, comme le houblon, dont les acides α et β présentent une activité antimicrobienne en perturbant la membrane des bactéries impliquées dans les odeurs corporelles.
Les huiles essentielles sont aussi une piste intéressante. Riches en composés aromatiques volatils, comme le linalol, elles possèdent des propriétés antimicrobiennes contre certaines bactéries impliquées dans les odeurs, notamment Staphylococcus epidermidis ou Corynebacterium. Certaines huiles, comme celles d’origan, ont montré une capacité à inhiber efficacement leur croissance in vitro. Néanmoins, leur utilisation nécessite des précautions en raison de leur potentiel irritant et de leur variabilité de composition.
Pratiques à utiliser, les déodorants sont intéressants contre les mauvaises odeurs, à condition de bien les choisir.
L’alimentation a un réel impact, non seulement sur l’haleine, mais aussi sur l’odeur corporelle. Certains aliments peuvent en effet modifier la composition de la sueur ou entraîner la libération de composés volatils via la respiration et la peau. Les aliments riches en soufre, comme l’ail, les oignons ou certains choux, sont particulièrement concernés : leurs métabolites peuvent circuler dans l’organisme puis être excrétés à travers les glandes sudoripares, contribuant à une odeur corporelle plus marquée.
Dans ce contexte, certains régimes alimentaires pourraient aider à limiter les odeurs corporelles désagréables.
Une étude s’est intéressée à l’impact de la consommation d’ail sur les odeurs corporelles. Trois participants ont consommé 45 g d’ail cuit, ce qui a entraîné une augmentation significative des émissions cutanées de composés organosulfurés volatils, notamment le diallyl disulfide (DADS) et l’allyl methyl sulfide (AMS), identifiés comme responsables de l’odeur caractéristique. Ces émissions diminuaient progressivement avec le temps.

Effet de la consommation d'ail sur l'odeur corporelle.
Source : SEKINE Y. & al. Deodorising garlic body odour by ingesting natural food additives containing phenolic compounds and polyphenol oxidase. Applied Sciences (2024).
Ces résultats confirment que la consommation d’ail peut entraîner une augmentation mesurable des composés soufrés volatils émis par la peau, contribuant ainsi à l’apparition d’odeurs corporelles.
Cependant, l’ail n’est pas le seul aliment susceptible d’influencer l’odeur corporelle. D’autres composés issus de l’alimentation peuvent également être excrétés par la peau ou moduler le microbiote cutané, modifiant ainsi l’odeur perçue.
| Aliments | Type d’odeur associée |
|---|---|
| Ail | Odeur soufrée, piquante et persistante |
| Oignon | Odeur soufrée et tenace |
| Épices (curry, cumin) | Odeur musquée |
| Viande rouge | Odeur âcre |
| Alcool | Odeur acide |
| Café | Odeur amère |
| Poissons | Odeur soufrée |
| Choux (brocoli, chou-fleur) | Odeur soufrée diffuse |
Plus surprenant encore, une étude australienne publiée en 2017 a montré que les hommes consommant davantage de fruits et légumes présenteraient une odeur corporelle perçue comme plus "florale et sucrée". Un argument supplémentaire en faveur de leur intégration à l’alimentation, au-delà de leurs effets bien établis sur la santé.
Lorsque les mauvaises odeurs corporelles persistent malgré une bonne hygiène, des vêtements adaptés et l’utilisation de déodorants, il peut être pertinent d’envisager d’autres leviers.
En effet, certaines odeurs peuvent être liées à un déséquilibre du microbiote cutané, à une transpiration excessive ou, plus rarement, à une cause médicale sous-jacente. Dans ces situations, seul un professionnel de santé pourra détecter le cœur du problème. Dans certains cas, lorsque les bactéries ou les levures prolifèrent excessivement, le médecin peut recommander d'utiliser ponctuellement des soins antibactériens ou antifongiques. Cela peut passer par l’utilisation d’un savon antiseptique associé à une crème antibiotique locale, contenant par exemple de la clindamycine ou de l’érythromycine, appliquée pendant quelques jours. L’objectif est alors de réduire temporairement la charge microbienne responsable de la dégradation de la sueur en composés odorants. Enfin, si les odeurs s’accompagnent d’autres symptômes, un bilan plus approfondi peut être envisagé afin d’écarter certaines pathologies, comme le diabète ou l'hyperthyroïdie.
BOON N. & al. Microbial odor profile of polyester and cotton clothes after a fitness session. Applied and Environmental Microbiology (2014).
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SMEETS M. & al. Intrinsic and extrinsic factors affecting axillary odor variation: A comprehensive review. Physiology and Behavior (2023).
CAI Q. & al. Deodorants and antiperspirants: New trends in their active agents and testing methods. International Journal of Cosmetic Science (2023).
SEKINE Y. & al. Deodorising garlic body odour by ingesting natural food additives containing phenolic compounds and polyphenol oxidase. Applied Sciences (2024).
PARK D.-H. & al. Human body malodor and deodorants: The present and the future. International Journal of Molecular Sciences (2025).
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