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Origine odeur sueur.

Transpiration : quelle est l’origine des mauvaises odeurs ?

En hiver ou pendant les fortes chaleurs de l’été, dans les transports en commun ou dans la rue, sous un pull ou un vêtement plus léger, tout le monde transpire. La sueur ne sent pas forcément mauvais. Toutefois, son odeur peut s’avérer désagréable chez certaines personnes. Quelle en est la cause ? Découvrez ici des réponses.

Publié le 1 avril 2026, mis à jour le 2 avril 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 10 min de lecture

Quelles sont les causes des mauvaises odeurs de transpiration ?

Contrairement à une idée reçue très répandue, la sueur n’est pas malodorante en elle-même.

Lorsqu’elle vient d’être sécrétée, elle est globalement inodore. Les mauvaises odeurs apparaissent surtout après, à la surface de la peau, lorsque certains micro-organismes du microbiote cutané dégradent les composés présents dans les sécrétions. L’odeur corporelle résulte donc moins de la transpiration seule que de l’interaction entre la sueur, la peau et les bactéries qui y vivent.

Toutes les glandes sudoripares ne participent pas de la même façon à ce phénomène. Les glandes eccrines, réparties sur presque toute la surface du corps, sécrètent une sueur claire et aqueuse, principalement destinée à la thermorégulation. Cette sueur contient surtout de l’eau, des sels minéraux et quelques petites molécules, et elle contribue peu aux mauvaises odeurs. Les glandes apocrines, en revanche, jouent un rôle beaucoup plus important dans les mauvaises odeurs corporelles. Localisées surtout au niveau des aisselles, de l’aréole mammaire et de la région ano-génitale, elles deviennent actives à la puberté sous l’influence des androgènes et produisent une sécrétion plus trouble, plus riche en lipides et en protéines. Ce sont précisément ces composés organiques qui offrent aux bactéries de la peau un substrat favorable à la formation d’odeurs.

Remarque : Les glandes sébacées peuvent aussi intervenir, mais de façon plus secondaire. En sécrétant du sébum dans le follicule pileux, elles apportent des lipides qui peuvent eux aussi être transformés par certaines bactéries en molécules odorantes. Néanmoins, dans l’ordre des contributions à l’odeur corporelle, les sécrétions apocrines arrivent nettement en tête, suivies des sécrétions eccrines, tandis que le sébum semble jouer un rôle plus discret.

Le rôle du microbiote est central dans l'apparition des mauvaises odeurs.

Les bactéries les plus souvent impliquées appartiennent notamment aux genres Corynebacterium et Staphylococcus, par exemple Staphylococcus hominis ou Staphylococcus epidermidis. À partir de précurseurs inodores présents dans la sueur, elles fabriquent des molécules volatiles responsables de différentes notes olfactives. L’acide isovalérique, issu notamment du métabolisme de la leucine, est classiquement associé à une odeur de transpiration ou de “vestiaire”. D’autres composés, comme certains acides gras volatils, donnent des notes aigres, rances ou fromagées. Enfin, des molécules soufrées, en particulier des thioalcools, sont impliquées dans les odeurs axillaires les plus puissantes et les plus persistantes.

Les molécules de la sueur responsables des mauvaises odeurs.

Les molécules de la sueur responsables des mauvaises odeurs.

Source : SMEETS M. & al. Intrinsic and extrinsic factors affecting axillary odor variation: A comprehensive review. Physiology and Behavior (2023).

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À noter que toutes les zones du corps ne sentent pas de la même manière, car elles n’ont ni les mêmes glandes, ni le même environnement cutané, ni le même microbiote. Les aisselles constituent la zone de référence quand on parle de mauvaises odeurs corporelles, car elles réunissent plusieurs facteurs favorables : abondance de glandes apocrines, présence de poils, environnement chaud et humide, et forte densité bactérienne. Les pieds sont une autre zone fréquemment concernée, mais, ici l’odeur dépend davantage de la sueur eccrine, de la macération et de la prolifération bactérienne dans un milieu souvent confiné. Le cuir chevelu ou certaines zones génitales peuvent aussi développer des odeurs spécifiques, liées à leur propre combinaison de sécrétions et de micro-organismes.

Il existe en outre d’importantes variations individuelles. Le sexe, l’âge et la génétique influencent la composition des sécrétions cutanées. Par exemple, les hommes ont en moyenne des glandes apocrines plus volumineuses, ce qui peut contribuer à une odeur plus intense. L’âge joue également un rôle : avant la puberté, l’activité apocrine est faible, ce qui explique que les mauvaises odeurs corporelles typiques des aisselles apparaissent surtout à l’adolescence. La génétique peut aussi moduler l’odeur corporelle, en particulier au niveau axillaire, notamment via le gène ABCC11. Certaines variantes de ce gène sont associées à une production beaucoup plus faible de précurseurs odorants dans les aisselles, et donc à une odeur corporelle nettement atténuée. Cette variation génétique est notamment fréquente en Asie de l’Est.

Les mauvaises odeurs ne résultent pas tant de la quantité de sueur produite que de sa qualité.

Par ailleurs, les émotions peuvent influencer l’odeur corporelle. Sous l’effet du stress, de la peur ou de l’anxiété, les glandes apocrines sont davantage stimulées, en lien avec l’adrénaline et l’activation du système nerveux sympathique. Ce phénomène explique que la transpiration émotionnelle, surtout au niveau des aisselles, soit souvent perçue comme plus forte ou plus désagréable que la transpiration liée à la chaleur.

L’alimentation peut aussi modifier l’odeur corporelle. L’alcool, certaines épices ou encore l’ail peuvent influencer la composition des sécrétions ou modifier le microbiote cutané. L’hygiène joue, elle aussi, un rôle évident : plus les sécrétions s’accumulent longtemps à la surface de la peau, plus les bactéries ont le temps de les dégrader. La présence de poils axillaires peut également accentuer la rétention des sécrétions odorantes. Enfin, certaines maladies métaboliques ou infectieuses peuvent modifier de façon caractéristique l’odeur corporelle, même si cela relève de situations plus spécifiques.

Les différentes causes et mécanismes expliquant les odeurs de transpiration.

Les différentes causes et mécanismes expliquant les odeurs de transpiration.

Source : SMEETS M. & al. Intrinsic and extrinsic factors affecting axillary odor variation: A comprehensive review. Physiology and Behavior (2023).

Sueurs : comment limiter les mauvaises odeurs ?

Limiter les odeurs liées à la transpiration repose avant tout sur une logique simple : réduire l’accumulation de sueur et limiter la transformation bactérienne des sécrétions.

Avoir une bonne hygiène est donc la première étape. Se laver régulièrement, en particulier après une activité physique, permet d’éliminer à la fois la sueur et une partie des micro-organismes présents à la surface de la peau. Il est également important de bien se sécher, car l’humidité résiduelle favorise la prolifération bactérienne.

Le choix des vêtements peut aussi aider. Les matières synthétiques ont tendance à retenir la chaleur et l’humidité, créant un environnement propice aux odeurs. À l’inverse, les fibres naturelles comme le coton, le lin ou la laine permettent une meilleure évaporation de la sueur et limitent la macération. Pour les pieds, le même principe s’applique : privilégier des chaussures respirantes, éviter les modèles trop serrés et alterner les paires permet de réduire l’humidité et donc la prolifération bactérienne.

Au-delà de ces mesures, les déodorants et les anti-transpirants peuvent être une solution.

Leur mode d’action diffère. Les déodorants agissent principalement en limitant la croissance des bactéries responsables de la formation des composés odorants ou en neutralisant ces molécules. Les anti-transpirants, eux, visent à réduire la production de sueur en obstruant partiellement les canaux sudoripares, le plus souvent grâce à des sels d’aluminium. En diminuant la quantité de sueur disponible, ils réduisent indirectement le substrat utilisé par les bactéries. L’utilisation des sels d’aluminium fait toutefois l’objet de discussions. Leur capacité à bloquer les glandes sudoripares est bien documentée, mais leur sécurité à long terme reste débattue, notamment en raison de leur potentiel d’accumulation dans l’organisme. À ce jour, les données disponibles ne permettent pas de conclure de manière définitive à un risque avéré aux doses utilisées en cosmétique, mais cette incertitude alimente la recherche de solutions alternatives.

Ainsi, dernièrement, certains scientifiques ont cherché à agir non plus en supprimant la sueur, mais en modulant le microbiote cutané. Une étude a ainsi évalué des formulations d’anti-transpirants enrichies en lysats de Lactobacillus ferment, associés à des extraits végétaux comme le houblon (Humulus lupulus) et la sauge (Salvia officinalis). Dans un modèle de microbiote axillaire, l’ajout de ces composés a permis de réduire significativement les micro-organismes impliqués dans la formation des odeurs, tout en favorisant un équilibre microbien plus stable. Les formulations contenant ces postbiotiques se sont révélées plus efficaces que celles qui en étaient dépourvues, suggérant que cibler l'écosystème bactérien pourrait être une alternative intéressante aux sels d'aluminium.

Effets d'un anti-transpirant avec ou sans postbiotiques sur le microbiote axillaire.

Effets d'un anti-transpirant avec ou sans postbiotiques sur le microbiote axillaire.

Source : CELEBI L. & al. Postbiotics cosmetic formulation: In vitro efficacy studies on a microbiome friendly antiperspirant. Journal of Research in Pharmacy (2023).

Enfin, certains ajustements du mode de vie peuvent compléter ces mesures. Limiter la consommation d’alcool ou d’aliments très épicés, qui peuvent modifier la composition des sécrétions, ou encore apprendre à mieux gérer le stress, susceptible d’augmenter la transpiration apocrine, peut contribuer à réduire les odeurs au quotidien.

Sources

FAQ sur les mauvaises odeurs de transpiration.

Que faire si ma transpiration sent mauvais ?

Il est recommandé d’associer une hygiène adaptée (lavage régulier, séchage soigneux) à des vêtements respirants et, si nécessaire, à l’utilisation d’un déodorant ou d’un antitranspirant. Si les odeurs persistent, il peut être utile d’explorer des solutions ciblant le microbiote cutané ou de consulter un professionnel de santé.

Pourquoi je sens mauvais alors que je me lave ?

Les odeurs peuvent persister si les bactéries responsables ne sont pas suffisamment éliminées ou si la sueur est rapidement produite après la toilette. Certains facteurs comme le stress, l’alimentation ou la composition du microbiote cutané peuvent aussi favoriser la formation d’odeurs, malgré une bonne hygiène.

Quelle maladie provoque une mauvaise odeur corporelle ?

Certaines pathologies métaboliques ou infectieuses peuvent modifier l’odeur corporelle, comme la triméthylaminurie associée à une odeur de poisson, le diabète, responsable d'une odeur sucrée liée à l’acétone, ou certaines infections cutanées. Ces situations restent toutefois rares et s’accompagnent généralement d’autres symptômes.

Comment enlever l'odeur de transpiration rapidement ?

Un nettoyage de la zone concernée avec un savon doux, suivi d’un séchage complet, est la solution la plus efficace à court terme. L’application d’un déodorant ou d’une solution antibactérienne peut ensuite aider à limiter la réapparition des odeurs.

Pourquoi les aisselles sentent-elles plus que les autres zones ?

Les aisselles concentrent des glandes apocrines, des poils et une forte densité bactérienne dans un environnement chaud et humide, ce qui favorise la production de composés odorants.

Est-ce que raser les aisselles réduit les odeurs ?

Oui, le rasage peut limiter la rétention de sueur et de bactéries dans les poils, ce qui réduit temporairement l’intensité des odeurs.

Certains aliments peuvent-ils aggraver les odeurs corporelles ?

Oui, des aliments comme l’ail, les épices ou l’alcool peuvent modifier la composition de la sueur et influencer son odeur.

Le stress peut-il rendre la transpiration plus odorante ?

Oui, le stress stimule les glandes apocrines, dont les sécrétions sont plus riches en composés facilement transformés en molécules odorantes par les bactéries.

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