Nouveau : soin conçu pour les peaux sujettes à la rosacée

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Lien microbiotes intestinal et cutanée et rosacée

Rosacée : un lien microbiote intestinal et cutané soulevé ?

L'état de notre peau est intimement lié à l'équilibre de nos microbiotes, et plus particulièrement des microbiotes intestinal et cutané. Ces deux écosystèmes sont interconnectés et jouent un rôle essentiel dans la protection, l’hydratation et l’immunité de notre peau. Certaines études suggèrent même une relation entre la composition de ces microbiotes et la survenue de la rosacée. Explorons ensemble l'influence des microbiotes sur le développement de cette dermatose.

Sommaire
Publié le 26 mars 2024, par Pauline, Chargée de la Communication Scientifique — 7 min de lecture
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Vue d'ensemble du microbiote intestinal.

Le terme "microbiote" désigne l'ensemble des micro-organismes vivant dans un milieu spécifique. Cela comprend notamment les virus, les bactéries et les levures. On retrouve plusieurs types de microbiote dans le corps humain, mais le microbiote intestinal est le plus peuplé d'entre eux. En effet, on recense 10 fois plus de bactéries dans l'intestin que de cellules composant le corps humain et 100 fois plus de gènes bactériens dans l'intestin que de gènes dans le génome humain. Le microbiote intestinal est un écosystème complexe. Sa diversité est généralement corrélée à la santé humaine : plus il est riche, meilleure sera la santé de l'individu. Divers facteurs ont été identifiés comme pouvant influencer la composition du microbiote intestinal.

  • Le mode de naissance.

    La manière dont un enfant vient au monde influence en partie son microbiote intestinal. En effet, des études ont montré qu'un enfant né par voie basse aura un microbiote intestinal similaire à celui du vagin de sa mère, principalement composé de bactéries comme les Lactobacillus et les Prevotella. En revanche, un enfant né par césarienne aura un microbiote intestinal semblable au microbiote cutané de sa mère, avec plutôt des bactéries de type Streptococcus, Corynebacterium et Propionibacterium.

  • La prise d'antibiotiques.

    La prise d'antibiotiques par la mère pendant la grossesse a une influence sur la composition du microbiote de son enfant. En effet, par définition, les antibiotiques sont des molécules qui s'attaquent aux micro-organismes, en les tuant ou en freinant leur croissance. En modulant les microbiotes de la mère, les antibiotiques ont aussi une action sur le microbiote intestinal de l'enfant.

  • L'alimentation du nourrisson.

    Divers travaux ont mis en évidence qu'il existe une relation entre le régime alimentaire du nouveau-né et son microbiote intestinal. En effet, les bébés nourris au lait maternel présenteront une concentration moindre de bactéries de type Gammaproteobacteria par rapport à ceux nourris avec du lait artificiel. En revanche, on retrouvera dans leur microbiote une présence plus élevée de bactéries de type Bifidobacteria.

Du microbiote intestinal au microbiote cutané.

La peau est l'un des premiers terrains d'échange entre notre environnement intérieur et l'extérieur et est de ce fait exposée à diverses agressions et variations auxquelles elle doit s'adapter. Elle possède ainsi une fonction barrière primordiale, appuyée non seulement par sa structure et sa composition, mais aussi par les nombreux micro-organismes qu'elle abrite, constituant son microbiote naturel.

Le microbiote intestinal peut affecter la composition de ce microbiote cutané. En effet, les bactéries présentes dans l'intestin produisent différents types d'acides gras à chaîne courte, ou AGCC, qui influencent ensuite les micro-organismes de la peau. On peut notamment prendre l'exemple de Propionibacterium, une bactérie intestinale qui synthétise de l'acétate et du propionate. Ce dernier a un effet antimicrobien contre certains pathogènes cutanés, comme Staphylococcus aureus, alors même qu'il n'a aucun effet sur Cutibacterium acnes, bactérie impliquée dans l'acné.

Quand une dysbiose favorise le développement de la rosacée.

La rosacée est une maladie cutanée chronique occasionnant des rougeurs, des petits boutons ainsi que des picotements et des démangeaisons. Bien qu'initialement bénigne, elle peut avoir un fort retentissement sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent, en raison de la gêne physique et esthétique qu'elle engendre. Plusieurs facteurs ont été identifiés comme pouvant favoriser les poussées de rosacée, parmi lesquels l'alimentation, le stress, la température environnante...

Certaines études suggèrent également qu'il existe un lien entre un déséquilibre du microbiote intestinal ou cutané, aussi appelée dysbiose, et le développement de la rosacée. En effet, il a été observé que le récepteur TLR-2 de l'épiderme, notamment activé par les acariens Demodex, était régulé à la hausse chez les patients atteints de rosacée. Cette activation par les parasites déclenche des mécanismes inflammatoires, et notamment la synthèse des prostaglandines inflammatoires IL-1β et IL-8. Par ailleurs, la chitine de l'exosquelette des Demodex peut également stimuler la réponse pro-inflammatoire par l'intermédiaire du TLR-2.

De plus, une étude métagénomique réalisée sur 12 patients atteints de rosacée et 251 individus ne souffrant pas de cette pathologie a montré que les bactéries intestinales Peptococcaceae et Methanobrevibacter étaient uniquement présentes chez les personnes souffrant de rosacée tandis que les bactéries Acidaminococcus et Megasphaera étaient significativement plus abondantes chez les patients atteints de rosacée. En revanche, une autre étude menée sur 11 patients et 110 témoins a observé une plus faible proportion d'Acidaminococcus et de Megasphaera chez les personnes touchées par la rosacée, ce qui contredit les résultats précédents.

Ainsi, le rôle de ces différents micro-organismes dans la physiopathologie de la maladie reste encore à déterminer précisément car les études se contredisent. Par ailleurs, à l'heure actuelle, la communauté scientifique ne sait pas si les altérations des microbiotes de la peau et de l'intestin sont des potentialisateurs de l'inflammation ou des effets secondaires en réponse à des changements dans la flore cutanée ou intestinale. C'est pourquoi, bien qu'un lien entre les microbiotes intestinal et cutané et le développement de la rosacée ait été observé, des études complémentaires sont encore nécessaires pour déterminer précisément les mécanismes à l'œuvre.

Sources

  • KIM H. S. Microbiota in Rosacea. American Journal of Clinical Dermatology (2020).

  • Thèse de Jérôme GASPÉRINI. L’interrelation entre le microbiote intestinal et le microbiote cutané : l’équilibre ou le déséquilibre de ces écosystèmes et leur impact sur la physiopathologie cutanée (2022).

  • LOPEZ V. N. & al. Rosacea, microbiome and probiotics: the gut-skin axis. Frontiers in Microbiology (2024).

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