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Changement d'odeur corporelle avec les médicaments.

Comment les médicaments peuvent-ils changer notre odeur corporelle ?

Chaque individu a une odeur corporelle qui lui est propre. Elle varie avec l’âge, la chaleur, les activités physiques et les pratiques d’hygiène. En plus de ces facteurs, certaines études suggèrent que les médicaments pourraient aussi modifier notre odeur corporelle. Comment l'expliquer ? Apprenez-en plus en poursuivant votre lecture.

Publié le 9 avril 2026, mis à jour le 9 avril 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 6 min de lecture

Mauvaise odeur corporelle : que se passe-il dans le corps ?

L'odeur corporelle n'est pas le produit de la sueur, qui est initialement inodore.

Elle résulte de la rencontre à la surface de l'épiderme entre les sécrétions des glandes sudoripares et le microbiome cutané. Les glandes eccrines, réparties sur l'ensemble du corps, libèrent principalement de l'eau et des sels, tandis que les glandes apocrines, situées dans les zones pileuses, sécrètent des composés organiques plus denses, comme des lipides et des protéines. En métabolisant ces substances, les bactéries qui résident sur notre peau libèrent des composés volatils odorants. Ce processus est appelé bromhidrose.

Les molécules de la sueur responsables des mauvaises odeurs.

Les molécules de la sueur responsables des mauvaises odeurs.

Source : SMEETS M. & al. Intrinsic and extrinsic factors affecting axillary odor variation: A comprehensive review. Physiology and Behavior (2023).

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Les odeurs corporelles dépendent également de facteurs externes, notamment de ce que nous ingérons via l'alimentation.

En effet, lorsque nous ingérons un aliment, celui-ci est normalement métabolisé par le foie avant d'être éliminé. Toutefois, si certains résidus ne sont pas totalement dégradés, ils sont transportés par le flux sanguin jusqu'aux glandes sudoripares. En étant excrétés par les pores, ces métabolites modifient la composition chimique de la sueur ou altèrent l'écosystème bactérien de la peau, transformant ainsi de manière subtile ou marquée l'odeur émanant du corps.

Quels médicaments peuvent affecter l'odeur corporelle ?

La majorité des changements d'odeur liés à une prise médicamenteuse ne sont pas dus au produit lui-même, mais à sa capacité à stimuler la production de sueur.

Certains principes actifs interfèrent avec le système nerveux autonome, qui régule nos fonctions automatiques, dont la température corporelle. En envoyant un signal erroné aux glandes sudoripares, ces médicaments déclenchent une sudation abondante alors même que le corps n'a pas besoin de se refroidir. Cette présence accrue d'eau et de nutriments à la surface de la peau offre un terrain fertile aux bactéries. Plus les bactéries ont de matière à dégrader, plus les composés volatils odorants sont libérés, intensifiant ainsi l'odeur naturelle.

Ce phénomène de sudation excessive est fréquemment observé avec les antidépresseurs et les anxiolytiques. Ces traitements modifient la concentration de neurotransmetteurs, comme la sérotonine ou la noradrénaline, qui sont impliqués dans la thermorégulation au niveau du cerveau. En perturbant ce thermostat interne, ils provoquent des sueurs nocturnes ou des bouffées de chaleur. On retrouve également cet effet avec certains traitements hormonaux ou des médicaments contre l'hypertension, comme le Captopril ou l'Énalapril, qui peuvent dilater les vaisseaux sanguins et activer indirectement les glandes de la peau.

Cette liste n'est pas exhaustive : la zidovudine, le tramadol, la prégabaline, le tamoxifène, la codéine, le chlorhydrate de bupropion ou encore le mésilate de paroxétine peuvent aussi augmenter la transpiration.

Plus rarement, certains médicaments modifient la "signature chimique" de nos sécrétions. Une fois ingéré, le médicament est décomposé par le foie en molécules plus petites appelées métabolites. Si ces résidus possèdent une odeur forte et qu'ils ne sont pas totalement éliminés par les reins, ils sont évacués par les pores. C'est le cas de certains antibiotiques, notamment la pénicilline, dont les molécules soufrées sont transportées par le sang jusqu'aux glandes apocrines. La sueur prend alors une odeur caractéristique, souvent décrite comme acide ou chimique.

Enfin, certains traitements modifient l'équilibre du microbiome cutané. En éliminant certaines "bonnes" bactéries au profit d'autres espèces plus odorantes, des médicaments comme les antibiotiques à large spectre peuvent transformer l'odeur corporelle de manière durable. Le changement ne vient alors pas de l'intérieur du corps, mais de la modification de l'écosystème vivant à sa surface. Ce déséquilibre, bien que temporaire, nécessite souvent une attention particulière à l'hygiène et au choix de soins lavants respectueux du pH physiologique pour rétablir une flore cutanée saine.

Si vous remarquez un changement persistant et/ou gênant dans votre odeur corporelle après avoir commencé un nouveau traitement, n'hésitez pas à solliciter l'avis de votre médecin traitant.

Sources

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