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Informations sur l'allergie au froid.

Tout savoir sur l'allergie de la peau au froid.

Les températures basses ne sont pas sans conséquence pour notre peau. Certaines personnes développent des plaques rouges et des démangeaisons suite au froid, une réaction connue sous le nom d'allergie au froid. De quoi parle-t-on exactement ? Comment reconnaître une urticaire au froid ? Quelles sont les causes et les solutions ? Découvrez dans cet article tout ce qu'il y a à savoir sur l'allergie de la peau au froid.

Publié le 9 janvier 2026, mis à jour le 9 janvier 2026, par Pauline, Ingénieure chimiste — 12 min de lecture
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Estimation de la prévalence mondiale de l'allergie au froid.

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Qu'est-ce que l'allergie au froid ou urticaire au froid ?

L’urticaire au froid, souvent appelée allergie au froid, est une forme particulière d’urticaire déclenchée par l’exposition au froid, sans qu’un allergène ne soit impliqué. C'est pourquoi l'expression d'allergie au froid, bien qu'elle soit fréquemment utilisée, est en réalité incorrecte. Les zones les plus touchées sont généralement celles les plus exposées, comme les mains et le visage. Cliniquement, cette condition fait partie des urticaires chroniques induites.

L'urticaire au froid peut représenter un défi médical, car certaines formes atypiques peuvent évoluer vers des réactions sévères comme l’anaphylaxie induite par le froid.

Bien que des avancées aient été faites dans la compréhension et la gestion de l’urticaire au froid, de nombreuses questions demeurent. La durée moyenne de la maladie s’étend sur plusieurs années, et sa présentation clinique peut varier, rendant le diagnostic et le traitement personnalisés parfois complexes.

Quels sont les symptômes d'une allergie au froid ?

Les manifestations de l'urticaire au froid surviennent rapidement après l’exposition au froid, souvent en quelques minutes.

Elles se traduisent par l’apparition de plaques rouges et enflées, parfois accompagnées d’un œdème, sur les zones directement exposées : mains au contact d’un objet froid, visage, plante des pieds sur un sol froid, ou encore après l’ingestion d’aliments ou de boissons froides. Ces lésions sont généralement très prurigineuses et peuvent s’accompagner de sensations de brûlure ou de picotements. Elles disparaissent spontanément après l’arrêt de l’exposition, en quelques minutes à quelques heures.

Chez certaines personnes, l’urticaire au froid peut s’accompagner de symptômes plus généraux, traduisant une réaction systémique. Des maux de tête, une sensation de malaise, de la fièvre, des douleurs articulaires ou abdominales peuvent alors apparaître. Dans les formes plus sévères, une gêne respiratoire, un gonflement des lèvres ou de la gorge, voire une réaction anaphylactique, peuvent survenir, notamment lors d’expositions importantes comme la baignade en eau froide. Ces situations, bien que rares, justifient une vigilance particulière et une prise en charge médicale immédiate.

Souvent confondues et toutes deux influencées par les basses températures, l'urticaire au froid et l'eczéma n'en sont pas moins deux situations distinctes.

Allergie au froid vs eczéma : quelles sont les différences ?

  • L'allergie au froid : Il s'agit d'une réaction déclenchée spécifiquement par une exposition au froid. Elle apparaît en quelques minutes et disparaît également rapidement après l’arrêt de l’exposition au froid.

  • L’eczéma : C'est une pathologie cutanée chronique liée à une altération de la barrière cutanée. Le froid n’en est pas la cause, mais il peut en accentuer les symptômes en favorisant la sécheresse cutanée. Contrairement à l’urticaire au froid, les symptômes de l’eczéma ne surviennent pas brutalement après une exposition ponctuelle, mais s’installent de façon progressive. Ils sont également plus longs à disparaître.

En résumé, l’urticaire au froid est une réaction aiguë et transitoire directement liée au froid, tandis que l’eczéma est une affection chronique dont les symptômes peuvent être exacerbés par les conditions hivernales.

Quelles sont les causes de l'allergie au froid ?

Les causes exactes de l’urticaire au froid demeurent peu connues.

Cependant, plusieurs mécanismes sont suspectés. Les principales hypothèses incluent l’auto-immunité, l’auto-allergie et des anomalies dans la détection de la température par la peau. L’exposition au froid pourrait déclencher la formation de nouveaux autoantigènes, entraînant chez les individus sensibilisés une activation des mastocytes dépendante des immunoglobulines E (IgE), ce qui se traduit par l’apparition de plaques d’urticaire.

Certaines études ont mis en évidence la présence d’auto-anticorps dirigés contre les IgE ou les récepteurs des mastocytes chez certains patients, suggérant un rôle possible de l’auto-immunité de type IIb. Chez certains patients, des facteurs histaminoréactifs circulants pourraient également contribuer aux réactions cutanées, indépendamment des IgE. Par ailleurs, les mastocytes, des cellules immunitaires, participent à la survenue de la réaction allergique. Leur dégranulation rapide après exposition au froid déclenche la libération d’histamine et d’autres médiateurs inflammatoires, comme les prostaglandines et le TNF-α.

De plus, les canaux ioniques sensibles au froid de type TRP (TRPM8 et TRPA1) semblent participer à la détection du froid au niveau cutané et à la modulation des réponses inflammatoires. D’autres facteurs, comme la présence éventuelle de cryoglobulines ou des anomalies dans le contrôle enzymatique des mastocytes, pourraient jouer un rôle secondaire dans la physiopathologie de la maladie.

Enfin, il existe une forme héréditaire familiale d'urticaire au froid. Il s'agit dans ce cas d'une maladie génétique à transmission autosomique dominante qui est présente tout au long de la vie de la personne. Ce type particulier de transmission signifie que la mutation se trouve sur un chromosome non sexuel et qu'il suffit qu'un seul exemplaire du gène soit touché pour que la maladie se développe. Cette forme d'allergie au froid est très rare et aurait un lien avec le microbiote intestinal.

L'urticaire au froid peut survenir d'un coup chez une personne saine, puis disparaître sans explications quelques années plus tard. Les jeunes adultes et les femmes seraient plus souvent touchés.

Comment diagnostiquer une allergie au froid ?

Le diagnostic de l’urticaire au froid repose avant tout sur l’interrogatoire clinique, qui permet d’identifier une relation claire entre l’exposition au froid et l’apparition rapide de plaques d’urticaire.

Pour confirmer le diagnostic et en évaluer la sévérité, des tests de provocation au froid sont généralement réalisés en milieu médical. Le test le plus simple et le plus couramment utilisé est le test au glaçon. Il consiste à appliquer un glaçon, placé dans un sac plastique ou un gant médical, sur la face interne de l’avant-bras pendant environ cinq minutes. Après le retrait du glaçon, la peau est observée une dizaine de minutes plus tard : l’apparition d’une plaque urticarienne localisée est considérée comme un test positif. Ce test permet de confirmer la sensibilité au froid, mais il ne renseigne pas précisément sur le seuil de température déclenchant la réaction.

Test au glaçon pour diagnostiquer une allergie au froid.

Test au glaçon pour diagnostiquer une allergie au froid.

Source : MAURER M. & al. Cold urticaria – What we know and what we do not know. European Journal of Allergy and Clinical Immunology (2020).

Pour une évaluation plus fine, notamment dans les formes atypiques ou sévères, un dispositif standardisé comme le TempTest peut être utilisé. Cet appareil applique différentes températures contrôlées sur la peau de l’avant-bras, ce qui permet de déterminer avec précision la température minimale capable de déclencher une réaction allergique.

TempTest pour diagnostiquer une allergie au froid.

TempTest pour diagnostiquer une allergie au froid.

Source : MAURER M. & al. Cold urticaria – What we know and what we do not know. European Journal of Allergy and Clinical Immunology (2020).

Dans certains cas, des analyses de sang peuvent également être prescrites. Elles ne permettent pas de poser directement le diagnostic d’urticaire au froid, mais peuvent être utiles pour rechercher des causes associées ou des anomalies immunologiques, notamment en cas de formes secondaires ou de symptômes inhabituels.

Ces tests doivent impérativement être réalisés sous contrôle médical. Il est fortement déconseillé de tenter de reproduire un test au glaçon soi-même, car une exposition non encadrée au froid peut déclencher une réaction importante, voire généralisée, chez certaines personnes.

Existe-t-il des traitements à l'allergie au froid ?

La prise en charge de l’urticaire au froid repose avant tout sur la prévention et l’éviction du facteur déclenchant, à savoir l’exposition au froid.

Au quotidien, cela passe par des mesures de protection. Il est par exemple conseillé de porter des vêtements chauds en hiver (gants, écharpe, bonnet), d'éviter le contact direct avec des objets froids, de se méfier des boissons ou aliments glacés et de s’abstenir de se baigner en eau froide (piscine non chauffée, lac, mer).

Sur le plan médical, le traitement repose principalement sur la prise d’antihistaminiques par voie orale, prescrits par le médecin. Ces médicaments permettent de bloquer l’action de l’histamine, le médiateur clé de l’urticaire, et sont généralement efficaces pour prévenir la survenue des plaques ou en diminuer l’intensité. La posologie et la durée du traitement par antihistaminiques sont ajustées en fonction de la sévérité des symptômes et de leur fréquence. Dans les formes plus sévères, notamment lorsqu’un épisode d’anaphylaxie induite par le froid a déjà été observé, un auto-injecteur d’adrénaline peut être prescrit à titre préventif. Il devra être utilisé en urgence en cas de réaction généralisée grave.

Dans les formes sévères ou résistantes aux traitements classiques, des options thérapeutiques plus ciblées peuvent être envisagées. Une étude clinique a ainsi décrit le cas d’une adolescente présentant une urticaire au froid dont les symptômes se sont progressivement aggravés sur deux ans, malgré un traitement par antihistaminiques H1 et antagonistes des leucotriènes. Les réactions, initialement cutanées, sont devenues systémiques lors d’immersions en eau froide, notamment en milieu marin. La mise en place d’un traitement par anti-IgE a conduit à une disparition complète des manifestations cliniques.

Réactivité de la peau à un stimulus froid : réponse observée 10 minutes après une application de 5 minutes d'un glaçon avant le traitement (gauche) et de nouveau après 6 mois de traitement avec des anti-IgE (droite).

Réactivité de la peau à un stimulus froid : réponse observée 10 minutes après une application de 5 minutes d'un glaçon avant le traitement (gauche) et de nouveau après 6 mois de traitement avec des anti-IgE (droite).

Source : BOYCE J. A. Successful treatment of cold-induced urticaria/anaphylaxis with anti-IgE. Food allergy, dermatologic diseases, and anaphylaxis (2006).

Cette amélioration marquée soutient l’hypothèse d’un rôle central de l’IgE et de son récepteur de haute affinité (FcεRI) dans l’activation des mastocytes induite par le froid. En réduisant les niveaux d’IgE libre, ce type de traitement pourrait limiter la dégranulation mastocytaire et la libération des médiateurs responsables des symptômes de l'urticaire au froid. Bien que ce résultat repose sur un cas clinique isolé, il ouvre des perspectives intéressantes pour la prise en charge des formes graves d’urticaire au froid et souligne la nécessité d’études complémentaires pour en confirmer l’efficacité et préciser les profils de patients susceptibles d’en bénéficier.

Enfin, pour certaines personnes, une désensibilisation au froid peut être envisagée. Elle consiste en une exposition progressive, contrôlée et localisée au froid, réalisée exclusivement en milieu hospitalier spécialisé. Cette approche nécessite une surveillance médicale étroite.

Sources

FAQ sur l'allergie au froid.

L’allergie au froid est-elle une vraie allergie ?

Non, le terme "allergie au froid" est un abus de langage. Il s’agit d’une urticaire déclenchée par le froid, sans intervention d’un allergène, même si, comme pour les allergies "classiques", la réaction repose sur l’activation des mastocytes et la libération d’histamine.

Peut-on développer une allergie au froid du jour au lendemain ?

Oui, l’urticaire au froid peut apparaître brutalement, sans antécédent particulier. Elle peut survenir chez l’adulte comme chez l’enfant, parfois après une infection ou sans cause identifiable. Dans de nombreux cas, son origine reste idiopathique.

L’urticaire au froid est-elle dangereuse ?

Dans la majorité des cas, l'allergie au froid est bénigne et reste limitée à la peau. Cependant, certaines formes peuvent provoquer des réactions systémiques (malaise, difficultés respiratoires), notamment lors d’une immersion en eau froide. Ces situations nécessitent un suivi médical strict.

L’allergie au froid peut-elle disparaître avec le temps ?

Oui, dans certains cas, l’urticaire au froid disparaît spontanément avec plusieurs années. En revanche, chez d'autres personnes, elle peut persister à vie.

Les aliments froids (glaces, boissons froides) peuvent-ils déclencher des symptômes ?

Oui, l’ingestion d’aliments ou de boissons très froids peut provoquer des symptômes locaux (gonflement des lèvres, de la langue) ou généraux chez certaines personnes. C’est pourquoi ces aliments sont déconseillés aux personnes présentant une allergie au froid.

Peut-on avoir une allergie au froid et de l’eczéma en même temps ?

Oui, les deux peuvent coexister, mais ce sont des pathologies différentes. L’urticaire au froid est une réaction aiguë et immédiate, tandis que l’eczéma est une maladie inflammatoire chronique qui peut être aggravée par le froid. Leur prise en charge repose sur des stratégies distinctes.

Le port de vêtements chauds suffit-il à prévenir les crises ?

Le port de vêtements chauds est une mesure essentielle, mais qui ne suffit pas toujours. Il faut aussi éviter les changements brutaux de température, le contact direct avec des objets froids et l’exposition prolongée au froid.

Les antihistaminiques doivent-ils être pris tous les jours ?

Cela dépend de la fréquence et de la sévérité des symptômes. Chez certaines personnes, une prise quotidienne est nécessaire pour prévenir les réactions. Cette décision doit toujours être prise avec un médecin, qui adaptera la posologie.

Faut-il consulter un médecin même si les symptômes sont légers ?

Oui, une consultation est recommandée, même en cas de symptômes modérés. Elle permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer le risque de réactions sévères et de mettre en place une stratégie de prévention adaptée. À noter que l’autodiagnostic est fortement déconseillé.

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