Tout le monde n'est pas égal en ce qui concerne les rougeurs accompagnant la consommation d'alcool. En effet, certaines personnes sont propices à développer un érythème après un verre alors même que d'autres ne rougissent jamais. Une étude récente réalisée avec un large panel de 1475 hommes a montré que seulement 527 d'entre eux, soit 36%, présentaient des rougeurs après une consommation d'alcool. Cette étude a également révélé que l'apparition de rougeurs sur le visage était corrélée à un plus fort risque d'hypertension artérielle. En effet, il semblerait que ce risque augmente après 4 verres d'alcool par semaine pour les personnes sujettes aux rougeurs alors qu'il augmente après 8 verres par semaine pour celles non-concernées par cette problématique.
Important : Même si vous n'êtes pas sujet aux rougeurs après avoir bu de l'alcool, l'OMS recommande de se limiter à deux verres par jour et d'espacer les journées avec alcool. L'hypertension artérielle n'est qu'un risque parmi les autres que présente cette boisson : cirrhose, troubles cognitifs, cancers...
Plusieurs scientifiques ont recherché les raisons permettant d'expliquer pourquoi certaines personnes rougissent et d'autres non après avoir bu de l'alcool. Il a été observé que l'ethnicité jouait un certain rôle dans cette différence, les personnes ayant la peau mate étant souvent moins sujettes aux rougeurs que celles ayant des types dits caucasien ou asiatique. Par ailleurs, il semblerait que la génétique soit impliquée.
En effet, après la transformation de l'éthanol en acétaldéhyde, le métabolisme de l'alcool se poursuit habituellement avec la conversion de l'acétaldéhyde en acide acétique (C2H4O2) sous l'action de l'enzyme acétaldéhyde déshydrogénase (ALDH2). Or, les personnes sujettes aux rougeurs tendent à présenter une mutation au niveau du gène codant pour ALDH2. Plus précisément, il s'agirait d'une substitution de la glutamine par un résidu lysine sur le site actif, ce qui entraîne l'inactivation de l'enzyme ALDH2. Le métabolisme de l'éthanol est alors impacté et une accumulation d'acétaldéhyde dans le corps se produit. Or, comme précisé plus haut, cette molécule est à l'origine des rougeurs. La mutation du gène de l'enzyme ALDH2 est actuellement la piste privilégiée pour expliquer pourquoi certaines personnes rougissent après avoir bu de l'alcool.