Les hormones féminines, en particulier l’œstrogène et la progestérone, jouent un rôle important dans la dilatation veineuse, ce qui rend les femmes plus susceptibles de développer des varices. La progestérone induit une relaxation du muscle lisse de la paroi veineuse, diminuant son tonus et facilitant la dilatation des veines sous l’effet de la pression. L’œstrogène, quant à lui, influence le remodelage du collagène et de l’élastine, pouvant assouplir le tissu conjonctif et affaiblir le soutien structurel des veines. Cette sensibilité hormonale explique que certaines femmes présentent une accentuation des symptômes autour de la menstruation, période durant laquelle les variations hormonales peuvent transitoirement réduire le tonus veineux.
Lors de la grossesse, ces effets sont fortement amplifiés. Il est estimé qu’environ 40% des femmes enceintes développent des varices. Le taux de progestérone augmente alors de cinq à dix fois, entraînant une relaxation veineuse marquée. Parallèlement, le volume sanguin augmente de 40 à 50%, et l’utérus en expansion exerce une pression accrue sur les veines pelviennes et celles des membres inférieurs. L’ensemble de ces modifications crée des conditions favorables à la stase veineuse et à la dysfonction valvulaire, contribuant au développement des varices pendant la grossesse.
4. Le stress mécanique et les facteurs liés au mode de vie.
Les contraintes mécaniques répétées et certaines habitudes quotidiennes peuvent progressivement surcharger le système veineux. Le fait de rester longtemps dans la même position, en particulier debout, exerce une pression continue vers le bas dans les veines des jambes. Cette situation augmente la pression hydrostatique, ralentit le retour veineux et accroît la sollicitation des valvules. À long terme, cette contrainte répétée peut contribuer à leur défaillance et à la dilatation des veines superficielles.
Les professions impliquant une station debout prolongée, comme l’enseignement, les soins infirmiers, la sécurité, le nettoyage ou la vente au détail, sont fortement associées à un risque accru de varices. Les études montrent de manière constante que les personnes exposées à ces contraintes développent plus fréquemment des varices que celles dont l’activité est plus variée. Certaines recherches rapportent des taux atteignant 65% dans ces professions, voire 73% chez les aides-soignants.
Le port de vêtements très serrés et l’inactivité physique peuvent également augmenter la pression veineuse. Les vêtements comprimant la taille, l’aine ou les cuisses peuvent entraver le flux sanguin vers le cœur, favorisant la stase sanguine. De plus, une activité musculaire insuffisante réduit l’efficacité de la pompe musculaire, permettant au sang de stagner dans les membres inférieurs et d’augmenter la pression dans les veines superficielles.
5. Les antécédents de thrombose veineuse profonde.
Un antécédent de thrombose veineuse profonde constitue l’un des prédicteurs les plus importants du développement des varices. Un caillot peut endommager durablement les valvules veineuses, empêchant leur fermeture correcte. Le reflux sanguin qui en résulte entraîne une augmentation chronique de la pression dans les veines superficielles, ce qui étire et affaiblit progressivement leur paroi. La thrombose veineuse profonde induit ainsi des modifications structurelles durables du système veineux, augmentant fortement le risque de varices.
6. Les facteurs diététiques.
Le rôle de l’alimentation dans le développement des varices reste incertain. Certaines hypothèses suggèrent qu’un régime pauvre en fibres pourrait favoriser la constipation chronique, augmentant la pression abdominale et compliquant le retour veineux. De même, un apport excessif en sel peut favoriser la rétention hydrique et le gonflement des jambes, accroissant la pression veineuse. Toutefois, malgré ces mécanismes physiologiques plausibles, les preuves scientifiques identifiant l’alimentation comme un facteur de risque majeur demeurent limitées.
7. La consommation d’alcool et le tabagisme.
La consommation d’alcool peut influencer indirectement la santé veineuse, notamment par ses effets sur l’hydratation et l’inflammation, mais son rôle direct dans le développement des varices semble limité. Le tabagisme, en revanche, est connu pour endommager les cellules endothéliales, augmenter le stress oxydatif et altérer la microcirculation. Ces effets fragilisent la paroi veineuse et favorisent l’inflammation, accélérant le remodelage veineux. Certaines études suggèrent également que le tabac réduit la disponibilité de l’oxyde nitrique, essentiel à la relaxation normale des vaisseaux, ce qui rend les veines moins élastiques et moins adaptables aux variations de volume sanguin. Malgré ces effets délétères, le lien direct entre tabagisme et apparition des varices reste débattu.
8. L'exposition chronique à la chaleur.
Une exposition fréquente à des sources de chaleur intense, telles que les bains chauds ou les saunas, entraîne une dilatation des veines superficielles, liée aux mécanismes de thermorégulation. Lorsque cette vasodilatation est répétée ou prolongée, elle peut exercer un stress mécanique sur la paroi veineuse et les valvules. À terme, cela peut réduire le tonus veineux et favoriser la stase sanguine, aggravant des symptômes tels que lourdeur, gonflement ou varices visibles, en particulier chez les personnes prédisposées.
9. Certains facteurs environnementaux.
Certaines études suggèrent que des facteurs environnementaux, notamment la pollution atmosphérique, pourraient contribuer aux troubles veineux. Les polluants comme les particules fines ou le dioxyde d’azote peuvent induire un stress oxydatif et une inflammation de bas grade, susceptibles d’altérer l’endothélium et de fragiliser la paroi veineuse. Toutefois, les données restent limitées, et la pollution est considérée comme un facteur potentiel plutôt que comme une cause clairement établie.
10. L'obésité.
Un excès de poids augmente la pression exercée sur les veines des membres inférieurs, compliquant le retour sanguin et favorisant la défaillance valvulaire. Cette augmentation de la pression veineuse peut accélérer le reflux et la dilatation des veines. Les études épidémiologiques montrent que les femmes présentant un IMC élevé ont un risque 1,5 à 2 fois plus élevé de développer des varices, tandis que cette association est moins marquée chez les hommes.
11. Le diabète.
Le diabète ne constitue pas une cause directe des varices, mais il peut aggraver une fragilité veineuse préexistante. L’hyperglycémie chronique favorise le stress oxydatif et l’inflammation, endommage l’endothélium et réduit l’élasticité vasculaire. Ces altérations ralentissent la circulation sanguine et favorisent la stase, augmentant progressivement la pression veineuse. Le diabète est également associé à une cicatrisation plus lente et à des complications plus fréquentes de la maladie veineuse chronique.