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Dangers varices.

Les varices sont-elles dangereuses ?

Les varices sont souvent perçues comme un simple problème esthétique. Pourtant, les modifications qui s’opèrent à l’intérieur des veines traduisent des mécanismes bien plus complexes. Si de nombreux cas restent bénins, d’autres s’inscrivent dans le cadre d’une maladie veineuse chronique débutante et peuvent évoluer vers des complications potentiellement sérieuses. À quelle fréquence les varices deviennent-elles réellement dangereuses ? Quels sont les signes qui doivent alerter et à quel moment est-il recommandé de consulter un spécialiste ? Découvrez-le ici.

Publié le 23 décembre 2025, mis à jour le 23 janvier 2026, par Faiza, Doctoresse en biologie moléculaire et en pharmacie — 12 min de lecture
Thèmes :

L'essentiel à retenir.

  • La plupart des varices ne sont pas dangereuses, mais elles indiquent un dysfonctionnement veineux sous-jacent.

  • Les varices peuvent évoluer vers des problèmes graves, tels que la thrombose veineuse profonde, la thrombophlébite superficielle, les hémorragies et les ulcères veineux des jambes.

  • Les varices sévères ou chroniques sont associées à une augmentation des risques cardiovasculaires et de mortalité.

  • Les signes d’alerte tels qu'un gonflement soudain, une rougeur, une douleur, un saignement ou une absence de cicatrisation nécessitent une évaluation médicale urgente.

  • Une évaluation précoce et un traitement rapide réduisent considérablement les complications.

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Les varices représentent-elles un risque pour la santé ?

Les varices ne sont pas intrinsèquement dangereuses, mais elles peuvent évoluer et s’accompagner de complications parfois significatives. Les situations suivantes correspondent aux principaux risques identifiés.

1. Thrombose veineuse profonde (TVP) et thromboembolie veineuse (TEV).

La thrombose veineuse profonde (TVP), la thromboembolie veineuse (TEV) et la maladie artérielle périphérique (MAP) sont des pathologies vasculaires graves, susceptibles d’entraîner des complications potentiellement mortelles. La TVP survient lorsqu’un caillot sanguin se forme dans une veine profonde, le plus souvent au niveau des jambes. Les varices peuvent favoriser la survenue d’une TVP, car l’affaiblissement des valvules veineuses entraîne une stase veineuse, ralentissant la circulation sanguine. Cette stagnation rend le sang plus propice à la coagulation. Par ailleurs, la maladie veineuse chronique s’accompagne d’une inflammation de bas grade de la paroi veineuse, qui favorise également la formation de caillots. L’association d’un flux sanguin perturbé et d’un état inflammatoire contribue ainsi au développement de la TVP. Si une partie du caillot se détache, elle peut migrer dans la circulation et atteindre les poumons, provoquant une embolie pulmonaire.

Une vaste étude de cohorte incluant 212 984 patients atteints de varices, comparés à un groupe témoin apparié de taille équivalente, a mis en évidence une association claire entre les varices et la survenue d’événements vasculaires graves. Sur une durée médiane de suivi de 7 à 8 ans, les personnes présentant des varices avaient un risque multiplié par cinq de thrombose veineuse profonde (incidence de 6,55 contre 1,23 pour 1 000 personnes-années). Les risques d’embolie pulmonaire (0,48 vs 0,28 pour 1 000 personnes-années) et de maladie artérielle périphérique (10,73 vs 6,22 pour 1 000 personnes-années) étaient également plus élevés, bien que ces associations puissent être partiellement influencées par des comorbidités communes. Si cette étude n’établit pas de lien de causalité direct, elle montre que les adultes atteints de varices présentent une charge significativement plus importante d’événements thrombotiques et vasculaires.

Sur le plan clinique, l’apparition ou l’aggravation rapide d’un gonflement de la jambe, associée à une rougeur, une chaleur localisée ou à la présence d’un cordon ferme et sensible chez un patient porteur de varices, doit conduire à une évaluation urgente par échographie Doppler veineuse. Cet examen permet d’exclure une thrombose veineuse profonde et d’orienter rapidement la prise en charge.

2. Ulcères veineux des membres inférieurs et lésions cutanées chroniques.

Les ulcères veineux de la jambe représentent la complication la plus avancée et la plus sévère de la maladie veineuse chronique. Ils se développent lorsque l’hypertension veineuse prolongée entraîne des lésions progressives de la peau et de la microcirculation. Avant l’apparition d’un ulcère, les patients présentent généralement une succession de modifications cutanées, telles qu’une hyperpigmentation, une peau sèche, prurigineuse et inflammatoire, similaire à de l'eczéma. Avec le temps, les tissus sous-cutanés se durcissent et se rétractent (lipodermatosclérose), et de petites zones blanchâtres évoquant des cicatrices peuvent apparaître (atrophie blanche).

Ces altérations résultent d’une diminution de l’apport en oxygène liée à la pression veineuse élevée et à une circulation inefficace, associée à une inflammation persistante. La peau, en particulier autour de la cheville interne, devient alors plus fine et fragile. Elle peut finir par se fissurer et évoluer vers une plaie douloureuse à cicatrisation lente : l’ulcère veineux de jambe. Ces lésions sont souvent récidivantes, altèrent fortement la mobilité et la qualité de vie, et comportent un risque notable d’infection secondaire.

Les données issues de revues récentes identifient les ulcères veineux des membres inférieurs comme la conséquence la plus lourde de la maladie veineuse chronique, en raison de leurs taux élevés de récidive et de leur impact important sur les soins de santé à long terme.

3. Thrombophlébite superficielle et inflammation.

La thrombophlébite superficielle est une complication inflammatoire fréquente des varices. Elle survient lorsque le ralentissement et la turbulence du flux sanguin dans une veine superficielle dilatée favorisent la formation d’un caillot. Les varices associées à un reflux veineux ancien créent un environnement de stase et d’irritation endothéliale, rendant le réseau veineux superficiel particulièrement vulnérable. Lorsqu’un caillot se forme, le segment concerné devient douloureux, chaud, rouge et ferme à la palpation. Bien que cette atteinte paraisse souvent localisée, le processus biologique sous-jacent reflète une activation inflammatoire et procoagulante plus globale. Cela se traduit par une élévation de biomarqueurs tels que le D-dimère, les complexes thrombine–antithrombine et la protéine C-réactive. Le D-dimère est un fragment issu de la dégradation des caillots, les complexes thrombine–antithrombine témoignent d’une coagulation active, et l’élévation de la protéine C-réactive indique un état inflammatoire sous-jacent.

Les données cliniques montrent que la thrombophlébite superficielle ne doit pas être considérée comme une affection bénigne. Dans une large cohorte de patients atteints de varices, environ 7,2% ont développé une thrombophlébite superficielle. Le risque d’extension est particulièrement élevé lorsque la thrombose touche les troncs principaux de la grande ou de la petite veine saphène, en raison de leur communication avec le système veineux profond. Bien que plus rare, l’embolie pulmonaire a également été décrite dans ce contexte. Ces données soulignent que la thrombophlébite superficielle constitue à la fois une complication de la maladie veineuse et un signal d’alerte potentiel d’une atteinte thrombotique plus profonde, justifiant une évaluation rapide et la réalisation d’une échographie Doppler.

Ces données soulignent que la thrombophlébite superficielle constitue à la fois une complication de la maladie veineuse et un signal d’alerte potentiel d’une atteinte thrombotique plus profonde, justifiant une évaluation rapide et la réalisation d’une échographie Doppler.

4. Saignement des varices.

Le saignement des varices survient lorsque l’augmentation de la pression veineuse, associée à l’amincissement de la peau sus-jacente, entraîne la rupture spontanée — ou après un traumatisme minime — d’une veine superficielle dilatée. Bien que relativement rare, cette complication est bien documentée. Initialement, le saignement peut sembler modéré, mais la pression élevée dans ces veines peut conduire à une hémorragie importante. Une perte sanguine significative peut provoquer des étourdissements, des syncopes, voire un choc hémorragique dans les cas les plus sévères. En l’absence de prise en charge de la veine sous-jacente, des récidives sont possibles, et la fragilisation progressive de la peau environnante augmente le risque d’épisodes ultérieurs.

3% à 9,1%

Incidence globale estimée du saignement des varices.

La littérature indique par ailleurs que les hémorragies fatales liées à la rupture de varices sont extrêmement rares, avec une incidence inférieure à 1 pour 1 000 autopsies.

5. Associations cardiovasculaires et pronostic à long terme.

Bien que les varices soient souvent considérées comme une affection locale et bénigne, plusieurs études populationnelles suggèrent qu’elles peuvent être associées à un risque cardiovasculaire systémique accru. La défaillance valvulaire et le ralentissement du flux sanguin favorisent une inflammation chronique et une surcharge du système vasculaire. À long terme, ces altérations peuvent refléter une susceptibilité accrue aux troubles de la coagulation et à d’autres événements cardiovasculaires.

Une étude de cohorte nationale menée à Taïwan auprès de 4 644 patients nouvellement diagnostiqués avec des varices a montré que ces patients présentaient un risque de mortalité globale multiplié par 1,37 par rapport aux témoins sains.

Le risque était encore plus élevé chez les patients âgés de 65 ans ou plus (risque multiplié par 1,38) et chez les hommes (risque multiplié par 1,41). Au-delà de la mortalité globale, les patients atteints de varices présentaient également un risque 2,05 fois plus élevé d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs (MACE). La sévérité de la maladie veineuse jouait un rôle déterminant : les varices de grade 3 / C3 selon la classification CEAP étaient associées à une augmentation de 1,83 fois de la mortalité, ainsi qu’à des risques multipliés de 2,04 à 38,42 pour certaines complications cardiovasculaires spécifiques, notamment l’insuffisance cardiaque, le syndrome coronarien aigu, l’accident vasculaire cérébral ischémique et la thromboembolie veineuse.

Risque de complications graves : à quelle fréquence les varices deviennent-elles dangereuses ?

La majorité des varices simples n’évoluent pas vers des complications mettant en jeu le pronostic vital.

Les données issues de la recherche indiquent que seuls 1 à 4% des individus présentant des varices progressent vers les stades avancés de la classification CEAP (C5–C6), caractérisés par des lésions cutanées chroniques et des ulcères veineux. Certaines populations présentent toutefois un risque accru de complications. Les personnes atteintes de diabète sont particulièrement concernées, car cette pathologie altère la circulation sanguine, la fonction nerveuse et les mécanismes de cicatrisation. Dans ce contexte, toute lésion cutanée, tout ulcère ou tout épisode hémorragique associé aux varices peut évoluer de manière plus sévère, cicatriser difficilement ou se compliquer d’une infection.

Les taux exacts de complications graves restent difficiles à établir, en raison de l’hétérogénéité des études disponibles. Néanmoins, les données convergent pour montrer que le risque augmente significativement chez les personnes âgées, les patients présentant une inflammation veineuse ou une thrombophlébite, ceux ayant des antécédents de thrombose veineuse profonde, les individus classés dans les stades CEAP avancés (C4–C6), ainsi que chez les personnes obèses, diabétiques ou à mobilité réduite. Une élévation temporaire du risque est également observée chez les femmes enceintes.

Quels sont les signes avant-coureurs ?

Un gonflement soudain de la jambe, associé à une rougeur ou à une douleur, peut évoquer une thrombose veineuse profonde, tandis que la présence de veines douloureuses, chaudes et durcies à la palpation peut correspondre à une thrombophlébite superficielle. Une consultation médicale rapide est indispensable lorsque ces symptômes apparaissent ou s’aggravent rapidement, car ils peuvent traduire le passage d’une affection veineuse initialement bénigne à un événement vasculaire potentiellement grave.

Par ailleurs, des plaies qui ne cicatrisent pas, un épaississement ou un assombrissement progressif de la peau au niveau de la cheville, ainsi que tout saignement qui ne se contrôle pas par une pression directe, doivent être pris en charge en urgence. Ces signes sont évocateurs d’une maladie veineuse chronique avancée ou d’une rupture de varice. La présence d’une fièvre associée à une rougeur étendue peut également suggérer une infection, en particulier dans un contexte d’inflammation veineuse chronique.

Dans l’ensemble de ces situations, la réalisation d’une échographie Doppler duplex est essentielle afin de distinguer les manifestations habituelles des varices de complications thrombiques ou inflammatoires aiguës nécessitant une intervention médicale rapide.

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