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Le jeûne : quels sont les bienfaits et les risques sur la peau ?

Le jeûne est plébiscité depuis des années pour ses vertus thérapeutiques et diététiques. Par ailleurs, le jeûne apporte également des bienfaits à la peau, mais pourrait également poser de potentiels problèmes cutanés. Découvrons tout cela dans cet article.

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Publié le 24 mai 2024, par Kahina, Rédactrice Scientifique — 7 min de lecture

Comment définir le jeûne ?

Le jeûne se pratique depuis maintenant près de 2 500 ans. Le dictionnaire de l'Académie française définit le jeûne comme une privation volontaire, imposée ou accidentelle de toute nourriture. À ne pas confondre avec les régimes et les restrictions caloriques, qui impliquent tout de même de s'alimenter, mais plutôt de réduire sa consommation de certains aliments.

Les objectifs peuvent varier : certains peuvent vouloir pratiquer le jeûne dans un but de perte de poids, d'autres pour des raisons religieuses. Néanmoins, de plus en plus de personnes s'intéressent aux effets potentiels du jeûne sur la beauté de la peau.

Quels sont les bienfaits du jeûne sur la peau ?

Le jeûne peut avoir des impacts positifs sur l'état de la peau. En voici quelques-uns.

Jeûner peut améliorer la cicatrisation de la peau.

Une étude menée par Amir AFKHAMI et ses collègues avait pour but d'étudier l'effet d'un jeûne répété à court terme, précisément quatre jours consécutifs toutes les deux semaines, avant la création d'une plaie sur la cicatrisation de la peau chez des souris. L'épithélialisation et la contraction des plaies sont importants pour le processus de cicatrisation. Ainsi, les auteurs ont comparé ces facteurs entre les souris qui jeûnaient et des témoins.

La contraction de la plaie a été améliorée dans le groupe jeûne, allant jusqu'à 90 % par rapport aux témoins (88 %) au jour 14 après création de la plaie. L'épithélialisation a été significativement accélérée dans le groupe jeûne allant jusqu'à 97 %, par rapport aux témoins (88 %) au jour 14. Enfin, des différences dans les pourcentages de cicatrisation au jour 14 entre le groupe jeûne (100 %) et le groupe témoin (98 %) ont été notées. De plus, le taux de collagène a augmenté et les cellules inflammatoires ont diminué chez les jeûneurs. Cela s'expliquerait par une expression accrue de la protéine de liaison 3 (IGFBP-3) du facteur de croissance analogue à l'insuline 1 (IGF-1), qui va stimuler l'augmentation de la synthèse du collagène de type I, ce qui a pour effet d'améliorer la capacité contractile de la plaie.

Jeûner aurait des effets anti-inflammatoires.

Dans une étude menée par Hiroichi TAKEUCHI, les chercheurs ont évalué l'incidence du jeûne de courte durée (24h ou 48h) sur la dermatite de contact. Des souris ont été sensibilisées sur l'abdomen. Le jeûne a supprimé l'augmentation de l'épaisseur de l'oreille chez les souris avec dermatite. De plus, l'infiltration de lymphocytes et l'œdème dans le derme ont été supprimés chez les souris à jeun avec dermatite. En outre, l'œdème dans le derme a été inhibé plus fortement chez les souris qui ont jeûné pendant 48 heures que chez les souris qui ont jeûné pendant 24 heures. Ces résultats indiquent que le jeûne de courte durée induit des changements histopathologiques dans l'état de la dermatite de contact.

Il a été rapporté que les conséquences du jeûne chez les sujets humains sains comprennent une augmentation du cortisol plasmatique et de l'hormone adrénocorticotrope (ACTH). Les corticostéroïdes pénètrent dans les cellules, se lient à leurs récepteurs dans le cytosol et régulent l'expression de nombreux gènes ayant un effet anti-inflammatoire. Ils réduisent la production de médiateurs inflammatoires, comme les cytokines. Ils inhibent également la migration des cellules inflammatoires vers les sites d'inflammation en inhibant l'expression des molécules d'adhésion. En outre, la dermatite de contact est une réponse inflammatoire médiée par les lymphocytes T, et il a également été rapporté que le jeûne affecte les sous-ensembles de lymphocytes T.

D'après ces rapports, on peut supposer que le jeûne de courte durée a probablement un effet suppressif sur les maladies inflammatoires cutanés, en raison des interactions entre les changements hormonaux et immonologiques susmentionnés.

Jeûner renforce l'action des traitements contre les cancers cutanés.

Soraya SMAILI et ses collègues ont voulu vérifier l'effet du cisplatine (CDDP), un agent chimiothérapeutique, en association avec le jeûne dans les lignées cellulaires de mélanome. La privation de nourriture peut améliorer la sensibilité des cellules tumorales à la mort cellulaire induite par le CDDP. Les études mécanistiques ont révélé que la mort cellulaire induite par la thérapie combinée est caractérisée par l'accumulation d'espèces réactives de l'oxygène (EROs) et d'ATF4, un facteur de transcription, ce qui permet une meilleure stimulation de la thérapie.

Les études sur le sujet sont limitées, et des recherches supplémentaires pourront préciser ces résultats.

Jeûner présente-t-il des dangers pour la peau ?

Aucune étude ne démontre un quelconque risque cutané du jeûne. De plus, les études existantes énoncent que le jeûne, pratiqué dans de bonnes conditions, ne pose pas de problème pour la peau.

Il faut toutefois faire attention à réaliser le jeûne correctement pour éviter des problèmes de santé globaux. Demandez l'avis d'un professionnel de santé avant de tenter de jeûner, afin qu'il puisse vous donner des conseils adaptés à votre situation. Sachez qu'un jeûne de plus de 48h doit obligatoirement être encadré par un médecin.

Nous vous conseillons de prendre contact avec un médecin si vous avez des questions ou des doutes.

Sources

  • TAKEUCHI H. & al. Suppressive effects on allergic contact cermatitis by short-term fasting. Toxicologic Pathology (2001).

  • AFKHAMI A. & al. Influence of short-term, repeated fasting on the skin wound healing of female mice. Wounds: a Compendium of Clinical Research and Practice (2011).

  • SMAILI S. & al. Fasting boosts sensitivity of human skin melanoma to cisplatin- induced cell death. Biochemical and Biophysical Research Communications (2016).

  • DAMIANI G. & al. Fasting and its impact on skin anatomy, physiology, and physiopathology: A comprehensive review of the literature. Nutrients (2019).

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