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Causes et facteurs déclencheurs lupus.

Comment-on attrape le lupus​ ?

Le lupus est une maladie auto-immune complexe qui affecte environ 43 personnes sur 100 000 habitants à travers le monde. Bien qu’il soit souvent perçu comme une éruption cutanée bénigne ou une infection passagère, le lupus correspond en réalité à un dérèglement du système immunitaire qui s’en prend à ses propres tissus. Quelles sont les causes du lupus et quels facteurs peuvent favoriser son apparition ou aggraver la maladie ?

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Publié le 2 avril 2026, mis à jour le 3 avril 2026, par Mathieu, Diplômé en Biologie et Rédacteur scientifique — 17 min de lecture

L'essentiel à retenir sur les différentes formes de lupus.

  • Le lupus ne s’attrape pas comme une infection. C’est le résultat d’une interaction entre un terrain génétique sensible et des attaques externes, qui conduisent finalement à la rupture de la tolérance immunitaire.

  • La transmission héréditaire directe du lupus est un mythe. On ne passe pas le lupus à sa descendance, c’est plutôt le fruit d’une combinaison génétique complexe, impliquant plus de 100 gènes.

  • Les rayons UV demeurent le facteur principal soupçonné déclencheur du lupus. Cependant, le tabac et l’exposition à la silice agissent en réalité comme des poisons pour le système immunitaire.

  • Les œstrogènes stimulent les cellules de défense, ce qui explique la fréquence plus élevée chez les femmes.

  • Une alimentation déséquilibrée (excès de sel raffiné, carence en vitamine D) est un facteur aggravant de l’inflammation.

  • Certains médicaments peuvent provoquer un lupus, mais une fois la prise de ce dernier stoppée, la tempête immunitaire a généralement tendance à se calmer.

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Lupus : comment apparaît-il ?

Contrairement aux idées reçues, le lupus n’est pas une maladie infectieuse. On ne l’attrape pas par contact, ni par le sang, ni par l’air. En réalité, comprendre son apparition demande de changer de perspective. Le lupus se manifeste lorsque divers facteurs, à la fois internes et externes, convergent. On évoque souvent un processus en deux phases : d’une part, une prédisposition biologique, et d’autre part, un facteur déclencheur. En d’autres termes, le corps a déjà une certaine vulnérabilité et c’est l’environnement qui déclenche la maladie.

Le lupus, une question de prédisposition biologique.

On parle souvent de lupus génétique, ce qui peut être source de confusion. Le lupus n’est pas une maladie héréditaire au sens strict. Il ne s’agit pas d’une transmission automatique de parents à enfants. Néanmoins, un fondement génétique propice est bel et bien présent. On parle alors d’une prédisposition héréditaire au lupus dans ce contexte.

Une étude récente a identifié plus de 180 gènes jouant un rôle dans la régulation du système immunitaire. Ces gènes ont notamment une influence sur la gestion de l’inflammation, l’élimination des cellules mortes et la production d’anticorps. Chez certaines personnes, ce terrain rend le système immunitaire plus réactif, comme s’il était sans cesse en état d’alerte.

Ce n’est pas une certitude que la maladie se manifestera, en revanche, le risque est plus élevé.

Environ 66%

le taux d'héritabilité du lupus.

Le lupus et ses éléments déclencheurs.

Le passage d'un terrain génétique silencieux à une pathologie active repose sur la rencontre déterminante avec des facteurs extérieurs précis. Tels des verrous de sécurité que l'on force, ces éléments environnementaux viennent briser la tolérance immunitaire du corps, libérant une réaction auto-immune jusque-là latente. Qu'il s'agisse de l'agression des rayons UV, d'un choc émotionnel profond ou d'un basculement hormonal, ces déclencheurs constituent le signal biologique qui met le feu aux poudres.

Le stress oxydatif, quand l’environnement sature l’immunité.

Même en présence d’une prédisposition biologique, la maladie ne se manifeste pas sans influence externe. C’est à ce moment que l’environnement intervient en déclenchant un stress oxydatif massif, un assaut moléculaire qui endommage les cellules et force le système immunitaire à réagir de manière anormale.

  • Rayons UV : L'exposition au soleil figure parmi les facteurs déclencheurs principaux. En agissant comme des "ciseaux moléculaires", les UV brisent les liaisons chimiques de l'ADN, forçant les cellules cutanées à s'autodétruire en fragmentant leur propre code génétique. Dans le cas d’une personne prédisposée, ce "nettoyage" cellulaire est défaillant. Les résidus d'ADN s'accumulent et sont alors interprétés par le système immunitaire comme des menaces virales, provoquant une réponse inflammatoire anormale. 

  • Tabac : Le fait de fumer joue un rôle significatif dans l’intensification du lupus. En effet, la fumée du tabac contient plus de 7 000 substances chimiques, dont les métaux lourds et les toxines qui s'attaquent à l'organisme. La nicotine, contenue également dans cette fumée, accélère le cœur et augmente la tension, tandis que le monoxyde de carbone (gaz silencieux) réduit l'oxygène dans le sang, étouffant les organes.

    Ce stress oxydatif conduit à la dégradation de l’ADN, activant par erreur les gènes de l'inflammation, poussant le système immunitaire à s'attaquer à l'organisme. Ce sabotage biologique aggrave non seulement les symptômes, mais neutralise aussi l’efficacité des traitements essentiels. De nombreuses recherches indiquent qu’il peut accroître le risque de développer un lupus et d’en aggraver la progression.

    Une étude réalisée sur 1 398 patients démontre que les fumeurs lupiques présentent une probabilité de réponse thérapeutique deux fois moins élevée que les non-fumeurs. Cette interférence suggère que les composants toxiques de la cigarette perturbent l'action du médicament au niveau cellulaire, rendant la disparition des lésions cutanées beaucoup plus difficile à obtenir pour les patients exposés au tabac.

  • Polluants atmosphériques : Les polluants environnementaux et professionnels constituent un danger invisible. Qu’ils soient inhalés, comme la silice des poussières industrielles et les particules fines des pots d'échappement, ou absorbés par l'organisme comme les métaux lourds (plomb, cadmium), ces agents agissent comme des "irritants" permanents. Une fois dans le sang, ils déclenchent un stress oxydatif massif qui endommage l'ADN des cellules. Pour les personnes prédisposées, cette dégradation cellulaire sature les capacités de nettoyage du corps, forçant le système immunitaire à s'attaquer à ses propres tissus, ce qui favorise le déclenchement ou l'aggravation du lupus.

Le lupus et le rôle des hormones.

Le fait que neuf des patients lupiques sur dix soient des femmes est un point marquant. Cela souligne le rôle central des hormones. Les œstrogènes stimulent fortement le système immunitaire, ce qui peut favoriser des réactions auto-immunes. Ce processus augmente alors l’expression des protéines de survie, telles que la BAFF, favorisant ainsi la persistance inhabituelle des lymphocytes B “rebelles” au lieu de les supprimer. Ils renforcent également la production d’interféron-α, le véritable orchestrateur de l’inflammation lupique. En parallèle, ils réduisent l’action des lymphocytes T-régulateurs. Ceci empêche donc le corps de rétablir naturellement un équilibre face aux réactions immunitaires démesurées, gardant ainsi le système en situation d’alerte constante. Les moments les plus sensibles sont donc ceux marqués par des perturbations hormonales, telles que la puberté ou la grossesse.

80 à 90%

des patients lupiques sont des femmes.

En revanche, la testostérone agit comme un frein immunitaire majeur en inhibant la production de cytokines pro-inflammatoires, telles que l’IL-6 et le TNF-α. Elle limite également la maturation des lymphocytes B, ce qui réduit la production d’auto-anticorps pathologiques, tout en renforçant l’activité des cellules T-régulateurs. Ce rôle de modérateur assure une atmosphère tolérante au sein du corps humain, évitant ainsi au système immunitaire de lancer une offensive massive contre ses propres tissus pour des signaux environnementaux inoffensifs. Des études ont prouvé que certains hommes atteints de lupus présentent parfois un faible taux de testostérone, chutant souvent sous 300 ng/dL, ou un niveau d’œstrogène s’élevant au-dessus de 50 pg/mL, dépassant ainsi la moyenne habituelle. Cela confirme que l’équilibre entre ces deux hormones est le véritable indicateur biologique de cette maladie, bien au-delà du simple genre civil.

Le stress psychologique, un élément déclencheur du lupus.

Le stress peut agir comme un déclencheur du lupus, influençant deux aspects complémentaires : hormonal et cellulaire. Plusieurs études ont mis en évidence l’impact du stress comme facteur déclenchant et aggravant le lupus. Le stress psychologique déclenche la libération de messagers tels que le cortisol, qui viennent abaisser la garde des régulateurs immunitaires. Une étude récente démontre que le stress psychologique et l'anxiété, mesurés par des échelles cliniques comme le GAD-7 (General Anxiety Disorder-7), ne sont pas seulement des conséquences de la maladie, mais des facteurs de vieillissement cellulaire. Un stress élevé est corrélé à un raccourcissement prématuré des télomères, marquant ainsi une détérioration biologique accélérée de l'organisme des patients lupiques.

Le lupus, une cause médicamenteuse.

Il existe un cas spécifique de lupus déclenché par la prise de certains médicaments. Plusieurs études montrent que certains traitements, comme l’isoniazide ou certaines biothérapies, altèrent la structure des protéines ou de l’ADN, qui seront donc identifiés comme étrangers par le système immunitaire. L’hydralazine en est un exemple frappant. Elle pénètre dans les globules blancs où elle bloque la méthylation de l'ADN, activant ainsi par erreur des gènes inflammatoires, tout en déformant les protéines structurales (histones). Ces altérations rendent les composants de la cellule méconnaissables pour le système immunitaire, qui les identifie alors comme étrangers et les attaque. Cette activité déclenchante est généralement réversible. Dans la plupart des cas, l’interruption du traitement suffit à faire disparaître les symptômes et à rétablir l'ordre biologique.

L’alimentation, un facteur inflammatoire potentiel pour le lupus.

De nos jours, l’alimentation n’est plus perçue comme une simple source d’énergie. Des études suggèrent que l’alimentation influence directement le système immunitaire, presque comme un code chimique transmis aux cellules de l’organisme. En ce qui concerne le lupus, bien que l’alimentation ne soit pas un facteur causal direct, elle peut assurément affecter le cours de la maladie, soit en réduisant l’inflammation, soit en l’aggravant.

  • Excès de sel raffiné : Il est connu depuis longtemps que le sel raffiné joue un rôle dans l’hypertension. Cependant, certaines études ont découvert qu’il a également un effet sur le système immunitaire. Une surconsommation (environ 10 à 12 g/jour) active une enzyme appelée SGK1, qui agit comme un interrupteur génétique sur les lymphocytes T. Cette enzyme ordonne à ces cellules de se transformer massivement en lymphocytes Th17 (soldats inflammatoires) au lieu de devenir des cellules régulatrices censées calmer l'immunité. Ces derniers sont reconnus pour leur contribution aux réactions inflammatoires, en agissant grâce à plusieurs cytokines pro-inflammatoires, telles que les interleukines-17, 21, 22 qu’ils sécrètent. Pour une personne prédisposée au lupus, cette surconsommation peut intensifier la réaction immunitaire et contribuer à l’émergence ou l’aggravation des symptômes.

  • Luzerne (alfalfa) : C’est un cas plutôt inhabituel, mais qui pourrait être lié à des symptômes similaires au lupus. Les pousses et les graines de luzerne renferment une substance appelée L-canavanine qui peut s'insérer par erreur dans les protéines corporelles, et modifier leur structure. Ces protéines déformées sont alors ciblées comme des intrus par le système immunitaire, déclenchant ou aggravant les réactions inflammatoires du lupus. Une étude suggère que les personnes atteintes de lupus doivent éviter complètement la consommation de graines et de germes de luzerne (alfalfa), car même de petites quantités peuvent déclencher des poussées de la maladie.

  • Déséquilibre du microbiote intestinal : On parle souvent de l’intestin comme d’un deuxième cerveau, mais c’est aussi un pilier essentiel de notre immunité. Des études montrent qu’une alimentation déséquilibrée, pauvre en fibres et riche en produits ultra-transformés, peut perturber la flore intestinale, soit une diminution de certaines “bonnes” bactéries, en particulier les Faecalibacterium prausnitzii. Cette bactérie est très importante car elle produit des substances anti-inflammatoires et aide à maintenir une barrière intestinale saine. Ce déséquilibre, appelé dysbiose, fragilise la barrière intestinale.

    Dans certains cas, cela permet à certains fragments bactériens de passer dans la circulation sanguine, poussant le système immunitaire à se mettre en état d’alerte constant. Ce phénomène est aujourd’hui étudié comme un facteur pouvant contribuer aux causes du lupus. Une étude met en lumière le rôle central de la dysbiose intestinale. Un déséquilibre de la flore réduit la production de molécules protectrices (SCFAs) et rend l'intestin "perméable". Ce passage de débris bactériens dans le sang provoque une confusion immunitaire par mimétisme moléculaire, où le corps finit par attaquer ses propres tissus en croyant combattre des intrus intestinaux.

  • Carence en vitamine D : La vitamine D n’est pas seulement bénéfique pour les os. Elle est aussi essentielle dans la modulation du système immunitaire en évitant les réactions excessives. Elle favorise les cellules calmantes (lymphocytes T régulateurs) et freine celles qui déclenchent l’inflammation. Les patients lupiques, en particulier, présentent souvent des déficits en vitamine D, généralement définis par des taux sanguins inférieurs à 20 ng/mL, en grande partie à cause d’une exposition limitée au soleil. C’est pourquoi un apport quotidien est souvent recommandé, le plus souvent entre 800 et 2 000 UI selon les besoins individuels. Cependant, certaines études montrent que cette carence pourrait se manifester avant l’apparition de la maladie. En effet, un faible taux de vitamine D dans l’organisme entraîne une réduction de la performance des cellules responsables de la gestion de l’inflammation. Cela laisse davantage de place aux processus liés aux causes du lupus.

Sources

FAQ sur les causes du lupus.

Comment se transmet le lupus ?

Le lupus n’est pas contagieux. On ne peut ni le contracter, ni le transmettre. Seule une prédisposition biologique peut exister.

Les infections peuvent-elles jouer un rôle ?

Il est suspecté que certaines infections virales, telles que celle du virus d’Epstein-Barr, contribuent à l’apparition du lupus en déséquilibrant le système immunitaire.

Existe-t-il des tests génétiques pour la prédisposition au lupus ?

Non, pas en pratique courante. La prédisposition au lupus repose sur plusieurs gènes, ce qui rend les tests actuels peu fiables pour prédire la maladie.

Quels sont les marqueurs sanguins pour détecter un risque de lupus ?

La recherche d’anticorps antinucléaires (AAN) est généralement le premier test effectué. Il sert d’orientation pour le diagnostic, sans toutefois être suffisant en lui-même.

Comment identifier mes déclencheurs personnels de lupus ?

Chaque patient présente des particularités uniques. Tenir un journal pour noter les différents facteurs peut aider à repérer les éléments liés aux poussées.

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