En revanche, la testostérone agit comme un frein immunitaire majeur en inhibant la production de cytokines pro-inflammatoires, telles que l’IL-6 et le TNF-α. Elle limite également la maturation des lymphocytes B, ce qui réduit la production d’auto-anticorps pathologiques, tout en renforçant l’activité des cellules T-régulateurs. Ce rôle de modérateur assure une atmosphère tolérante au sein du corps humain, évitant ainsi au système immunitaire de lancer une offensive massive contre ses propres tissus pour des signaux environnementaux inoffensifs. Des études ont prouvé que certains hommes atteints de lupus présentent parfois un faible taux de testostérone, chutant souvent sous 300 ng/dL, ou un niveau d’œstrogène s’élevant au-dessus de 50 pg/mL, dépassant ainsi la moyenne habituelle. Cela confirme que l’équilibre entre ces deux hormones est le véritable indicateur biologique de cette maladie, bien au-delà du simple genre civil.
Le stress psychologique, un élément déclencheur du lupus.
Le stress peut agir comme un déclencheur du lupus, influençant deux aspects complémentaires : hormonal et cellulaire. Plusieurs études ont mis en évidence l’impact du stress comme facteur déclenchant et aggravant le lupus. Le stress psychologique déclenche la libération de messagers tels que le cortisol, qui viennent abaisser la garde des régulateurs immunitaires. Une étude récente démontre que le stress psychologique et l'anxiété, mesurés par des échelles cliniques comme le GAD-7 (General Anxiety Disorder-7), ne sont pas seulement des conséquences de la maladie, mais des facteurs de vieillissement cellulaire. Un stress élevé est corrélé à un raccourcissement prématuré des télomères, marquant ainsi une détérioration biologique accélérée de l'organisme des patients lupiques.
Le lupus, une cause médicamenteuse.
Il existe un cas spécifique de lupus déclenché par la prise de certains médicaments. Plusieurs études montrent que certains traitements, comme l’isoniazide ou certaines biothérapies, altèrent la structure des protéines ou de l’ADN, qui seront donc identifiés comme étrangers par le système immunitaire. L’hydralazine en est un exemple frappant. Elle pénètre dans les globules blancs où elle bloque la méthylation de l'ADN, activant ainsi par erreur des gènes inflammatoires, tout en déformant les protéines structurales (histones). Ces altérations rendent les composants de la cellule méconnaissables pour le système immunitaire, qui les identifie alors comme étrangers et les attaque. Cette activité déclenchante est généralement réversible. Dans la plupart des cas, l’interruption du traitement suffit à faire disparaître les symptômes et à rétablir l'ordre biologique.
L’alimentation, un facteur inflammatoire potentiel pour le lupus.
De nos jours, l’alimentation n’est plus perçue comme une simple source d’énergie. Des études suggèrent que l’alimentation influence directement le système immunitaire, presque comme un code chimique transmis aux cellules de l’organisme. En ce qui concerne le lupus, bien que l’alimentation ne soit pas un facteur causal direct, elle peut assurément affecter le cours de la maladie, soit en réduisant l’inflammation, soit en l’aggravant.
Excès de sel raffiné : Il est connu depuis longtemps que le sel raffiné joue un rôle dans l’hypertension. Cependant, certaines études ont découvert qu’il a également un effet sur le système immunitaire. Une surconsommation (environ 10 à 12 g/jour) active une enzyme appelée SGK1, qui agit comme un interrupteur génétique sur les lymphocytes T. Cette enzyme ordonne à ces cellules de se transformer massivement en lymphocytes Th17 (soldats inflammatoires) au lieu de devenir des cellules régulatrices censées calmer l'immunité. Ces derniers sont reconnus pour leur contribution aux réactions inflammatoires, en agissant grâce à plusieurs cytokines pro-inflammatoires, telles que les interleukines-17, 21, 22 qu’ils sécrètent. Pour une personne prédisposée au lupus, cette surconsommation peut intensifier la réaction immunitaire et contribuer à l’émergence ou l’aggravation des symptômes.
Luzerne (alfalfa) : C’est un cas plutôt inhabituel, mais qui pourrait être lié à des symptômes similaires au lupus. Les pousses et les graines de luzerne renferment une substance appelée L-canavanine qui peut s'insérer par erreur dans les protéines corporelles, et modifier leur structure. Ces protéines déformées sont alors ciblées comme des intrus par le système immunitaire, déclenchant ou aggravant les réactions inflammatoires du lupus. Une étude suggère que les personnes atteintes de lupus doivent éviter complètement la consommation de graines et de germes de luzerne (alfalfa), car même de petites quantités peuvent déclencher des poussées de la maladie.
Déséquilibre du microbiote intestinal : On parle souvent de l’intestin comme d’un deuxième cerveau, mais c’est aussi un pilier essentiel de notre immunité. Des études montrent qu’une alimentation déséquilibrée, pauvre en fibres et riche en produits ultra-transformés, peut perturber la flore intestinale, soit une diminution de certaines “bonnes” bactéries, en particulier les Faecalibacterium prausnitzii. Cette bactérie est très importante car elle produit des substances anti-inflammatoires et aide à maintenir une barrière intestinale saine. Ce déséquilibre, appelé dysbiose, fragilise la barrière intestinale.
Dans certains cas, cela permet à certains fragments bactériens de passer dans la circulation sanguine, poussant le système immunitaire à se mettre en état d’alerte constant. Ce phénomène est aujourd’hui étudié comme un facteur pouvant contribuer aux causes du lupus. Une étude met en lumière le rôle central de la dysbiose intestinale. Un déséquilibre de la flore réduit la production de molécules protectrices (SCFAs) et rend l'intestin "perméable". Ce passage de débris bactériens dans le sang provoque une confusion immunitaire par mimétisme moléculaire, où le corps finit par attaquer ses propres tissus en croyant combattre des intrus intestinaux.
Carence en vitamine D : La vitamine D n’est pas seulement bénéfique pour les os. Elle est aussi essentielle dans la modulation du système immunitaire en évitant les réactions excessives. Elle favorise les cellules calmantes (lymphocytes T régulateurs) et freine celles qui déclenchent l’inflammation. Les patients lupiques, en particulier, présentent souvent des déficits en vitamine D, généralement définis par des taux sanguins inférieurs à 20 ng/mL, en grande partie à cause d’une exposition limitée au soleil. C’est pourquoi un apport quotidien est souvent recommandé, le plus souvent entre 800 et 2 000 UI selon les besoins individuels. Cependant, certaines études montrent que cette carence pourrait se manifester avant l’apparition de la maladie. En effet, un faible taux de vitamine D dans l’organisme entraîne une réduction de la performance des cellules responsables de la gestion de l’inflammation. Cela laisse davantage de place aux processus liés aux causes du lupus.